Période islamique , Conquête islamique

 

Après avoir défait l’armée byzantine à Damas en 635, Abû Bakr commence la conquête de l’Iran. En 637, les forces arabes occupent la capitale sassanide de Ctésiphon (qu’ils renomment Madain) et en 641-642, l’armée sassanide est vaincue à la bataille de Nahavand, laissant la voie libre à la conquête de tout l’Iran. La conquête par les forces de l’Islam fut rendue plus facile par la banqueroute matérielle et sociale des Sassanides ; les populations locales n’avaient que peu à perdre en coopérant avec la puissance conquérante. De plus, les musulmans offraient alors une tolérance religieuse relative et un traitement équitable aux populations qui acceptaient le règne des partisans de l’islam sans résistance. Cependant, ce n’est pas avant 650 que la résistance s’arrêta en Iran. La conversion à l’islam, qui offrait certains avantages, fut assez rapide parmi les populations urbaines, mais plus lente parmi la paysannerie et les dikhans (propriétaires terriens). La majorité des Iraniens ne devint musulmane qu’au IXe siècle.

Bien que les conquérants, particulièrement les Omeyyades (la dynastie qui succéda à Mahomet et aux quatre premiers califes entre 661 et 750), avaient tendance à accorder la primauté aux Arabes parmi les musulmans, les Iraniens s’intégrèrent progressivement à la nouvelle communauté. Les conquérants musulmans ont adopté un système d’échanges basé sur les pièces sassanides ainsi que de nombreuses pratiques administratives sassanides, dont la fonction de vizir (l’équivalent d’un ministre) et le divan, un bureau d’enregistrement servant à contrôler les revenus et dépenses de l’État qui sont devenus une caractéristiques des terres musulmanes. Plus tard, les califes adoptèrent certaines des pratiques cérémoniales de la monarchie sassanide. Les hommes d’origine iranienne servent comme administrateurs après la conquête, et les Iraniens ont significativement contribué à toutes les branches de l’éducation islamique, comme la philosophie, la littérature, l’histoire, la géographie, la jurisprudence, la médecine et les sciences.

Au VIIIe siècle, le Khorassan, l’une des grandes provinces perses au nord-ouest du pays (qui comportait à l’époque le Tadjikistan, l’Afghanistan et le Turkménistan actuels) sous domination de l’Empire des Omeyyades, se rallie à la doctrine dissidente du chiisme pour s’émanciper de la domination arabe. Il devient ainsi un foyer d’opposition au pouvoir, et déclenche avec l’Irak en 748, une révolte qui renverse la dynastie omeyyade.

Les Abbassides, qui ont renversé les Omeyyades en 750, se sont en effet révoltés au nom des descendants de l’oncle de Mahomet, Al-Abbâs et des Hachémites, famille dont faisait partie Mahomet, acquérant un soutien à la fois des chiites et des sunnites. L’armée abbasside était à cette époque composée majoritairement de Khorasaniens ainsi que d’éléments arabes et était menée par un général iranien, Abû Muslim21. Les Abbassides disposaient d’un soutien à la fois iranien et arabe.

Les Abbassides établirent par la suite leur capitale à Bagdad. Al-Mamun, qui détrôna son frère Amin et se proclama calife en 813, avait une mère iranienne et possédait donc un soutien important au Khorassan. Les Abbassides continuèrent les politiques centralisatrices de leurs prédécesseurs. Sous leur règne, le monde islamique connaît une effervescence culturelle et l’expansion du commerce et de la prospérité qui ont été partagées par l’Iran.

 

Les dynasties persanes musulmanes

Les dynasties régnantes suivant les Abbassides descendent de tribus guerrières nomades turcophones qui se sont déplacées depuis l’Asie centrale vers la Transoxiane depuis plus d’un millénaire. Les califes abbassides avaient commencé à intégrer ces populations dans leurs armées depuis le IXe siècle. Peu après, le pouvoir des califes abbassides diminua, pour ne devenir que religieux alors que le vrai pouvoir tombait aux mains des guerriers. Au fur et à mesure que l’influence des califes diminuait, toute une série de dynasties indépendantes et locales ont fait leur apparition dans diverses parties de l’Iran, dont certaines avaient une influence et un pouvoir considérable. On peut citer parmi celles-ci les Tahirides du Khorasan (820 – 872), les Saffarides au Sistan (867 – 903) et les Samanides (875 – 1005), originaires de Boukhara. Les Samanides commencèrent à reconquérir l’est de l’Iran (Khorasan, Afghanistan, jusqu’en Inde) et ont fait de Samarcande, de Boukhara et de Harat leur capitales. L’indépendance du pouvoir arabe entraîne un renouveau de la langue persanne parmi les élites : l’Iran devient ainsi une des rares régions islamisées à conserver sa langue. Les émirs samanides mirent à profit leur force économique et militaire pour faire de leur cour de Boukhara et de leurs capitales régionales (Samarkand, Balkh, Merv, Nichapour) des foyers de vie intellectuelle, rivaux de Bagdad. Outre la culture arabe classique, ils favorisent l’éclosion de la littérature en persan moderne (par opposition au vieux-persan des Achéménides et au moyen-persan des Sassanides et, bien que sunnites, accordent leur protection à des penseurs dont les idées ne relevaient pas toujours de l’orthodoxie. Parmi les plus grands lettrés protégés par les Samanides on trouve les poètes Roudaki et Daghighi, l’historien Bal’ami, les docteurs philosophes Razi (Rhazès) et Ebn-é Sina (Avicenne). En se posant comme une nation avec sa propre langue, et surtout en installant leur capitale à Shiraz, les peuples iraniens marquent très vite leur différence à l’égard des autres nations soumises à la domination arabe. Domination qui se trouve remise en question quand la dynastie chiite iranienne des Bouyides (ou Buwayhides) s’empare de Bagdad en 945.

 

La période seldjoukide et mongole

En 962, un gouverneur samanide d’origine turque, Alptegîn, conquiert Ghazna (actuellement en Afghanistan) et établit une dynastie, les Ghaznévides qui régnèrent sur le Khorasan, Ghazna et le Panjâb. C’est sous le patronage de Mahmûd de Ghaznî, troisième roi ghaznévide, que Ferdowsi transcrivit par écrit et en persan les histoires orales de la mythologie perse (Shâh Nâmâ, signifiant « Le livre des Rois »)22. Grâce à cette résistance culturelle à l’est de la Perse, dès 913, l’Iran devint la nation qui brisa l’unité du monde musulman, la seule parmi les nations musulmanes à se détacher de la domination arabe dans tous les domaines.

Plusieurs villes samanides sont perdues au profit d’un nouveau groupe turc arrivant dans la région, les Seldjoukides, qui sont un clan d’Oghouzes vivant auparavant au nord de l’Oxus (l’actuel Amou Darya). Leur chef, Toghrul-Beg a d’abord dirigé ses guerriers contre les Ghaznévides du Khorasan. Il s’est déplacé vers le sud puis vers l’ouest, conquérant, mais ne détruisant pas les villes sur son passage. En 1055, le calife de Bagdad donne à Toghrul-Beg des robes, des cadeaux et le titre de Roi de l’Orient. Sous le règne d’un des successeurs de Toghrul-Beg, Malik Shah (1072 – 1092), l’Iran connaît une renaissance culturelle et scientifique, largement attribuée à son brillant vizir iranien, Nizam al-Mulk23. C’est à cette époque qu’est créé l’observatoire d’Ispahan où Omar Khayyam a fait la plupart de ses expériences pour créer un nouveau calendrier, introduisant une année bissextile et mesurant la longueur de l’année comme étant de 365,24219858156 jours. Des écoles religieuses sont ouvertes dans toutes les plus grandes villes. Les dirigeants seljoukides ont aussi fait venir Al-Ghazali, un des plus grands théologiens de l’Islam, et d’autres intellectuels dans leur capitale Bagdad, et ont encouragé et soutenu leur travail. L’art des Seljoukides d’Iran est une production artistique très riche à cette époque.

 

Une des menaces internes les plus sérieuses aux Seldjoukides fut celle posée par une secte secrète Ismaélienne ayant son siège à Alamut, entre Rasht et Téhéran. Ils ont contrôlé la région voisine pendant plus de 150 ans et envoyaient périodiquement des sectateurs renforcer leur puissance en perpétrant des assassinats politiques ; le vizir Nizam al-Malk fut une de leurs premières victimes. On les a appelés les Hashishiyya (qui s’est transformé en « Hashâchines » en Europe).

 

Après la mort de Malik Shah en 1092, l’Iran est encore dirigé par des petites dynasties locales. Pendant ce temps, Gengis Khan rassemble des tribus mongoles et les amène à travers des raids dévastateurs à travers la Chine. Puis, en 1219, il tourne ses forces de 700 000 hommes vers l’ouest et dévaste rapidement Boukhara, Samarcande, Balkh, Merv et Nichapur. Avant sa mort en 1227, il a atteint l’Azerbaïdjan occidental, pillant et brûlant les villes sur sa route.

 

L’invasion mongole de l’Iran est désatreuse pour les populations. La destruction de nombreux qanats (un système d’irrigation traditionnel) détruit un réseau d’habitat relativement continu, créant de nombreuses villes-oasis isolées sur une terre où elles étaient peu nombreuses auparavant. De nombreux habitants, en particulier les hommes, sont tués, en 1220 et 1258 ; la population de l’Iran diminue de manière brutale.

 

Les souverains mongols ayant suivi Gengis Khan ont fait peu pour améliorer la situation de l’Iran. Le petit fils de Gengis, Houlagou Khan, s’est tourné vers la conquête étrangère, prenant Bagdad en 1258 et tuant le dernier calife abbasside. Il est arrêté par les forces des Mamelouks d’Égypte à Ain Jalut en Palestine. Il revient ensuite s’installer en Iran, où il fonde la dynastie des Ilkhanides (sa capitale est dans l’Azerbaïdjan iranien) pour y finir sa vie.

 

Un « répit » relatif est apporté à l’Iran avec un autre souverain mongol, Ghazan Khan (1295 – 1304) et son célèbre vizir iranien, Rashid al-Din, qui amène une renaissance économique brève et partielle. Les Mongols baissent les taxes pour les artisans, encouragent l’agriculture, reconstruisent les routes et les réseaux d’irrigation, et améliorent la sécurité des routes commerciales, ce qui entraîne une augmentation conséquente du commerce et des échanges26. Des objets d’Inde, de Chine et d’Iran passent facilement à travers les steppes asiatiques et ces contacts enrichissent fortement la culture de l’Iran. C’est à ce moment que l’Iran développe un nouveau style de peinture possédant à la fois des caractéristiques de la peinture mésopotamienne sans perspective mais aussi des caractéristiques inspirées de la peinture chinoise : la miniature persane. Après la mort du neveu de Ghazan, Abu Saïd en 1335, l’Iran tombe encore sous le pouvoir de plusieurs petites dynasties locales et indépendantes, dont les Muzaffarides et les Jalayirides.

 

Les Timourides et les Safavides

Le conquérant suivant à prendre le titre d’empereur fut Tamerlan, d’origine turque ou mongole selon les sources. Il conquiert d’abord la Transoxiane, fait de Samarcande sa capitale en 1369 et devient finalement empereur de tout l’Iran en 1381. Ses conquêtes ont été moins rapides que ses prédecesseurs mongols, mais tout aussi sauvages : Shiraz et Ispahan furent quasiment rasées à son passage. Le régne de Tamerlan puis de sa dynastie des Timurides se caractérise par l’incorporation d’Iraniens à des postes administratifs et par le mécénat de ces souverains dans l’architecture et les arts ; la période est si riche du point de vue culturel qu’on l’appelle la renaissance timouride. Les Timourides, minés pas des luttes intérieures, voient leur empire se désintégrer en 1507, quand les Ouzbeks de la dynastie Chaybanides prennent Samarcande. Au même moment, les Safavides, originaires d’Ardabil, (dans l’Azerbaïdjan iranien) prennent le pouvoir dans l’ouest de l’Iran et reconquièrent une bonne partie du territoire iranien tel qu’il était au temps des Safavides.

Les Safavides sont la première dynastie indépendante iranienne (d’origine turkmène toutefois) à régner sur l’Iran depuis près de 1000 ans. Les Safavides sont membres d’un ordre religieux soufi militant, les Qizilbash. Ils prennent Tabriz en 1501 et en font leur capitale.

 

C’est sous l’impulsion d’Ismail Ier, premier souverain safavide, qu’est décidée la conversion de l’Iran au chiisme. Cette conversion résulte d’une volonté de s’affirmer face à la domination des Ottomans sunnites et de créer une identité iranienne spécifique.

Le problème majeur des Safavides a été de créer un État unifié, une tâche qui était difficile compte tenu de la diversité ethnique du pays. En effet, ils ont dû faire cohabiter leurs partisans turcophones avec les Iraniens, leurs traditions de combat avec la bureaucratie iranienne et leur idéologie messianique avec les exigences administratives d’un État territorial.

Les Safavides ont aussi dû faire face à des menaces extérieures, notamment celles des Ouzbeks, qui les attaquaient sur la frontière nord-est et faisaient des raids sur le Khorasan ; et des Ottomans, avec qui ils se battaient dans le Caucase et en Anatolie.

La défaite des Iraniens contre les Ottomans à Chaldoran en 1524 puis l’occupation de la capitale Safavide, Tabriz, marque un tournant dans l’histoire de la dynastie : le Shah ne peut plus être considéré comme une figure semi-divine, et son influence décroît sur un certain nombre des chefs Qizilbash. Les batailles continuent dans le Caucase et en Irak jusqu’en 1639, année durant laquelle fut signé le traité de Qasr-e Shirin, qui établissait des frontières entre les deux puissances qui sont restées quasiment inchangées jusqu’au début du XXe siècle.

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L’apogée des Safavides est atteinte sous Shah Abbas Ier le Grand (1587-1629) : il réussit à se défaire des menaces extérieures en signant des traités, équilibre le pouvoir des troupes armées qizilbash en créant un corps d’Arméniens et de Géorgiens qui lui sont loyaux, étend le territoire administré par son État et centralise encore plus l’administration. Il a aussi soutenu les institutions religieuses en construisant des mosquées et des madresehs (écoles religieuses) ; cependant, on constate sous son règne une séparation graduelle des institutions religieuses et de l’État, dans un mouvement vers une hiérarchie religieuse indépendante.

Son règne est aussi un âge d’or pour le commerce et les arts. Il accueille les commerçants étrangers (britanniques, hollandais, français et autres) après avoir chassé les Portugais qui occupaient le détroit d’Ormuz.

Le niveau des arts patronnés par le Shah est visible à Ispahan, sa nouvelle capitale, où il construit des palais et mosquées de toute beauté : Place Naghsh-e Jahan, et Ali Qapu, mosquée du Shah, mosquée du Sheikh Lutfallah, Palais de Chehel Sotoun, etc., et donne une grande importance aux miniatures et aux beaux-arts. Ce mécénat donne naissance à une période artistique appelée art safavide.

Le déclin des Safavides commence véritablement après la mort de Shah Abbas. Ce déclin résulte de plusieurs facteurs : souverains faibles, interférence de la politique du harem avec la politique d’État, mauvaise administration des terres de l’État et taxes excessives ainsi que faiblesse croissante des armées (à la fois l’armée Qizilbash et l’armée du Shah). C’est ce déclin qui permet à des tribus afghanes de gagner une série de victoires sur la frontière occidentale en 1722, les menant rapidement jusqu’à la capitale et mettant un terme à la dynastie des Safavides.

 

La fin de la période médiévale et le début de l’ère moderne en Iran

De Nâdir Shâh à Karim Khan Zand

La suprématie afghane fut assez brève. Tahmasp Quli, un chef de tribu Afshar, se met à la tête d’une armée au nom des descendants des Safavides, chasse les Afghans du territoire iranien, puis en 1736 prend le pouvoir sous le nom de Nâdir Shâh. Il reconquiert tout le territoire iranien depuis la Géorgie et l’Arménie jusqu’à l’Afghanistan et organise des campagnes militaires qui le mènent jusqu’à Delhi en 1739, qu’il met à sac et dont il ramène des trésors fabuleux, tel le trône du Paon27. Même s’il réussit à réunifier politiquement l’Iran, ses campagnes militaires incessantes et les taxes importantes qu’elles nécessitent le rendent fortement impopulaire. Il est assassiné en 1747 par des chefs de sa propre tribu Afshar, qui donne son nom à la dynastie des Afsharides qui lui succéde.

Une période d’anarchie suit la mort de Nadîr Shâh et le pays est la proie de luttes entre tribus qui cherchent à prendre le pouvoir : les Afshar, les Afghans, les Qajars et les Zands. C’est finalement Karim Khan Zand qui prend le pouvoir en 1750 ; il réussit à réunifier presque tout le pays, sauf le Khorasan, qui reste plus indépendant du pouvoir central. Karim Khan Zand refuse de prendre le titre de Shah et préfère se nommer Vakil ar-Ra’aayaa, « Régent des paysans ». Il est resté connu en Iran pour un règne modéré et bénéfique pour le pays.

À sa mort en 1779, une autre lutte pour le pouvoir a lieu entre les Zands, les Qajars et d’autres groupes tribaux qui plonge encore le pays dans l’anarchie. C’est finalement Mohammad Shah Qajar qui prend le pouvoir en battant le dernier Shah de la dynastie Zand, Lotf Ali Khan à Kerman en 1794 et se rend ainsi maître du pays, établissant la dynastie des Qajars en 1795 qui dure jusqu’en 1925.

 

Les Qajars

Sous les règnes de Fath Ali Shah (1797 – 1834), Mohammad Shah (1835 – 1848) et Nasseredin Shah (1848 – 1896), le pays retrouve l’ordre, la stabilité et l’unité. Les Qajars ont alors fait revivre le concept du Shah en tant qu’ombre de Dieu sur la terre et ont exercé un pouvoir absolu sur le pays. Ils ont nommé des princes de sang aux postes de gouverneur provinciaux, et ont augmenté leur pouvoir par rapport à celui des chefs tribaux, qui fournissaient leurs troupes à l’armée nationale, tout au long du XIXe siècle ; cependant, malgré leurs efforts, ils ne réussirent pas à transformer cette armée basée sur des troupes d’origine tribale en armée organisée et entrainée de style européen. Sous les Qajars, les marchands (bazaris) et les Oulémas (chefs religieux) sont restés des membres importants de la communauté.

À partir du début du XIXe siècle, les Qajars et l’Iran tout entier ont commencé à subir des pressions de la part de deux grandes puissances mondiales : la Russie et la Grande Bretagne. L’intérêt des britanniques pour l’Iran était dû à une nécessité de protéger les routes commerciales vers l’Inde alors que l’intérêt des Russes était l’expansion à partir du nord du territoire iranien. Après les guerres russo-iraniennes (1804-1813) et deux traités (Golestan (1812) et Turkmanchai (1828)) très défavorables pour les Perses, l’Iran perd tous ses territoires du Caucase au nord de l’Araks ; puis lors de la seconde moitié du XIXe siècle, l’Iran est obligé d’abandonner ses territoires en Asie centrale. Pendant ce temps, la Grande Bretagne a envoyé des troupes en Iran pour les empêcher de récupérer Herat et les autres territoires d’Afghanistan qui avaient été perdus depuis les Safavides ; la perte d’Herat est entérinée par le Traité de Paris en 1857.

Les deux grandes puissances ont par la suite dominé le commerce de l’Iran et interféré dans les affaires internes du pays. En effet, l’autorité centrale était plutôt faible, la classe dirigeante relativement corrompue, le peuple exploité par ses dirigeants et les puissances coloniales ont pu tirer parti de cette situation grâce à leur supériorité militaire et technologique.

 

Les premières tentatives iraniennes de modernisation du pays ont commencé sous le règne de Nasseredin Shah, grâce à son premier ministre Amir Kabir, qui a réformé le système fiscal, renforcé le contrôle central sur l’administration, encouragé le commerce et l’industrie et réduit l’influence du clergé chiite et des puissances étrangères. C’est lui qui fonde Dar-ol Fonoun, premier établissement d’enseignement supérieur en Iran. Il fut assassiné sur ordre de certains membres de la cour qui craignaient pour leurs privilèges. En 1871, sous l’influence de Mirza Hosein Khan Moshir od-Dowleh, nouveau premier ministre du Shah, se met en place un gouvernement de style européen, marquant ainsi le début du mouvement de réforme en Iran.

 

Les souverains qajars suivants vont encore plus faire augmenter la colère populaire et la demande de réformes. Ils sont des souverains plutôt faibles, enclins à écouter les demandes des puissances étrangères (attribution de concessions et monopoles), et extravagants, vidant les caisses de l’État qui sont alors remplies par ces mêmes puissances étrangères et ne payant que la cour et les officiels. La situation se détériore et le peuple demande à disposer d’une assemblée. En janvier 1906, 10 000 personnes se réfugient à l’ambassade britannique et le Shah est forcé de signer en août un décret promettant l’établissement d’une constitution. En octobre 1906 est fondée la Majles, « Parlement ». D’après l’universitaire Ann K. S. Lambton, la révolution constitutionnelle marque la fin de la période médiévale en Iran.

 

La révolution constitutionnelle a des difficultés à atteindre ses buts à cause de la convention anglo-russe de 1907 qui partage le pays en deux sphères d’influence, le nord aux Russes et le sud aux Britanniques.

La monarchie constitutionnelle reste encore fragile : Mohammad Ali Shah fait bombarder la Majles en juin 1908 par la brigade des cosaques persans dirigée par des officiers russes, puis fait fermer l’assemblée. Cela ravive la résistance au Shah dans des villes comme Tabriz, Rasht, Ispahan et ailleurs. Les forces constitutionnelles marchent depuis Rasht et Ispahan sur Téhéran, déposent le Shah, exilé en Russie, et remettent en place la constitution. Cette victoire des forces constitutionnelles est de courte durée puisque le Shah reprend son trône en 1910 grâce au soutien russe.

 

La Première Guerre mondiale est une période voyant grandir l’influence des Britanniques qui sont de plus en plus intéressés par le pays après la découverte de pétrole dans le Khuzestan en 1908. Ils essaient d’imposer l’accord anglo-persan en 1919, qui est refusé par le parlement. Peu de temps après, l’officier de la brigade des cosaques Reza Khan prend le pouvoir à Téhéran et devient quatre ans plus tard Reza Shah Pahlavi, faisant entrer l’Iran dans une nouvelle phase de son histoire.

 

 

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