Voyage en Iran du 4 au 12 avril 2001

Voyage en Iran du 4 au 12 avril 2001

Robert THIRION

 

Quelle joie d’apercevoir dans la nuit sombre, les lumières de Téhéran et la tour Azadi….

C’est notre deuxième voyage en Iran et ce n’est peut-être  pas le dernier…

L’an dernier en introduction, nous avons effectué le circuit classique. D’abord la capitale et les musées ; puis Persépolis à partir de Shiraz  ( la ville de Darius Ι  est connue de tous les élèves des collèges français) et en fin Ispahan : la ville qui en a fait rêver plus d’un !

Bien entendu , entre tous cela d’autres découvertes : kerman , Bam et Yazd….

 

En 2001, nous avons préféré des lieux moins prestigieux mais qui nous ont permis d’apprendre   mieux le pays et ses habitants. Nous avons choisi  des lieux moins touristiques, moins spectaculaires .Nous y avons apprécié les monuments et la gentillesse et la hospitalité de la population.

Notre fil conducteur fut l’Iran des Mongoles et des Ilkhanides qui avaient pris le relais des Seldjoukides au nord du pays : un monde de construction de briques emmaillées ou non,  concernant en gros le 13 ème et le 14 ème  siècles .

Première escale : Téhéran. Nous y arrivons le jour de l’Ashurâ ; impossible de retourner dans les musées ; ils sont fermés ; mais il y eût des compensations ; les processions des flagellants dans les rues de la ville, illustrations profondes  du shi’isme , puis la mosquée de vendredi de Varamine et la tour de Ala-od-Din qui sont de superbes édifices de briques.

 

La première partie de notre périple nous a entraîné de Téhéran à Tabriz. Il eût mieux fallu commencer par l’est, mais les impératifs sont ce qu’ils sont !

Tabriz fut une capitale à l’époque des successeurs de Hulagu ;C’est un pays montagneux que nous découvrons petit à petit ; Là, point de sites antiques ni d’art Safavide, du moins à l’échelle d’une ville. L’essentiel des monuments est Seldjoukides ou Ilkhanides avec quelques modifications postérieures.  Partout règnent  des briques, faïences, stucs et décors peints d’une grande finesse.

Le premier arrêt sur notre route fut Qazvin ou nous avons vu un cortège relatant le Martyre de Karbala, avec tous les personnages du drame.

La ville possède plusieurs monuments d’époques différentes, mais celui auquel nous avons été le plus sensible, est la mosquée du Vendredi : très simple et très belle….

Plus à l’ouest Soltanieh,  énorme,  masse de briques surmonté d’un dôme coloré,  fut aussi un des points forts du circuit.

Ce mausolée reste d’un rêve de ville impériale qui  domine la campagne environnante. La décoration de la coupole en briques émaillées est impressionnante.

La mosquée bleue de Tabriz (Timuride) est émouvante ( du moins ce qui en subsiste). Elle devait être magnifique – à en juger-   par les travaux de restauration que l’on y a entrepris…

Très progressivement cet itinéraire nous a amené de Téhéran au pied du montagne Alborz ,  au cœur d’une région montagneuse : des sommets de plus en plus élevés au fur et au mesure que l’on va vers l’ouest, des vallées encaissées et de la neige non seulement sur les sommets comme le mont Ararat mais aussi parfois près de la route. Le climat est dur, les cultures et les arbres des vallées ont fait placé aux pâturages et aux moutons.

Les Kurdes amènent une note  vestimentaire nouvelle..

L’habitat et les bourgs  ont une teinte montagnarde. C’est dans ce décore austère que se trouve l’église ST.Thaddée dont la partie la plus ancienne remonte au 11 siècle. Elle n’est d’ailleurs pas le seul monument chrétien arménien de la zone, puisque  c’est dans cette région que Shah Abbas  vint puiser au 17 siècle les ancêtres des arméniens d’Ispahan..

L’Azarbaidjan iranien représente une zone montagneuse originale, un peu  rustaud dans l’image   que nous nous faisions du pays ;cela n’avait d’ailleurs pas échappé à la mission diplomatique française de 1840 à la quelle avait été associé le peintre Flandin qui en a rapporté de nombreuses esquisses pittoresques dont une s’intitule  » Makiou « , ville frontière de l’Arménie sous la neige du mois de janvier..

Les azéris montrent toujours une grande gentillesse et nous devons tout spécialement remercier de leur hospitalité la  famille de REZA, notre guide à  Makou où nous avons été accueillis chaleureusement.

Après les montagnes, le désert. Ce fut la deuxième  partie du périple. Après la fraîcheur, la chaleur…c’est au sud de la chaîne  montagneuse et en bordure du désert que sont passés les Mongoles de Gengis Khan et à partir de là, que son petit fils Hulagu entreprit sa conquête de la Perse. C’eût du  être  la première partie du périple ! Tant pis !

En suivant au sud la chaîne de montagnes, notre première étape fut Semnan ; nous en garderons l’image d’un minaret Seldjoukide fort ouvrage ! Celui de la mosquée de Vendredi construit après et que nous ne pûmes visiter… les pishtag décorés de faïence et le mihrab de la mosquée Qadjar méritent aussi la visite ;

 

Damghân , nous a beaucoup séduits ; A coté d’un site préhistorique, la mosquée Tarik Khâneh représente une véritable merveille de simplicité et de grandeur.

 Les décorations de son minaret du 11 siècle sont fort belles de même que la tour Pir-e Alamdar qui met en symbiose : briques ,stucs et calligraphies ;l’ensemble est un chef d’œuvre et on aimerait le revoir…

Bastam , non loin de là, possède un complexe religieux ancien restauré sous les ilkhanides ;c’est un ensemble de briques et de faïences bleues ; non loin se dressent une autre tour funéraire et une mosquée faite à partir de même matériaux   ; les entrelacs des décorations sont particulièrement réussis dans ces lieux…

Cette partie de notre itinéraire est celle des caravansérails qui jalonnaient la route de la soie. Bien entendu,  ils se renouvelaient  et qui, à cause de l’insécurité qui régnait aux 18 et 19 siècle, se ressemblaient à des forteresses.

L’aménagement intérieur est surprenant et reflète  un grand confort pour l’époque.

Mais sur ce trajet, ce que nous avons le plus apprécié, ce sont les rapports du peuple iranien avec des poètes ; c’est là un trait originale. Certes à, Tabriz notre guide  REZA a  montré  un mausolée levés à la gloire  des poètes azéris. L’an passé nous avions visité les mausolées de Hafez et de Saadi ; là, encore sur la route de Mashad nous en avons retrouvé  à Nishabûr, celui d’Omar Kayyam grand mathématicien  et astronome mais aussi poète et puis  celui de  Farid od-Din Attar et puis à Mashad celui de Ferdoussi ; des monuments de ce type élevés à la gloire des poètes sont peu nombreux dans le monde et amenaient à réfléchir sur la tradition culturelle des peuples. En occident , on honore un poète ou un écrivain en donnant son nom à une rue ou à une place avec un buste ou une statue ; ce n’est pas un ensemble comme ces mausolées au milieu des jardins persans .

Mashad fut le terminus de notre voyage ; la ville est impressionnante avec son enceinte sacrée ; comme dans toute ville sainte il y règne une sainte  atmosphère mais en tant que non musulman nous ne pouvons que partiellement l’appréhender ;

 Ce deuxième voyage en Iran nous a apporté plus que nous n’osions en espérer ; Loin des circuits classique, nous avons pu goûter mieux le peuple ; nous avons fait beaucoup de voyage ; il y a  des pays que l’on ne voit qu’une fois ; d’autre où on revient volontiers et c’est le cas ici ;

 Merci  encore à tous ceux qui nous ont fait apprécier  la richesse iranienne.

 

Pomme d'acacia |
Suivi du Guigui en Roumanie |
Camino del Norte |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | STANDARD CAR
| classe scientifique à Piria...
| Asie du sud by Greg