LES SASSANIDES

SECOND EMPIRE DES PERSES

(230 ans après Jésus-Christ.)

Deux cent trente ans après Jésus-Christ -les Perses reprirent leur indépendance, et formèrent un nouveau royaume. Ils vivaient depuis cinq cents ans sous la domination des Parthes qui avaient enlevé la Médie, la Bactriane et la Perse aux Séleucides. Mais les Romains ayant remporté une grande victoire sur Artabane, ce roi périt, son armée se dispersa, et les Parthes s’incorporèrent aux Perses qui jusque là leur avaient été assujettis.

Un cordonnier, nommé Babec, Cadusien, qui s’occupait d’astrologie, reçut chez lui un officier persan, nommé Passan ou Passan. Son art, dit-on, lui fit connaître que le fils qui naîtrait de cet étranger deviendrait l’un des hommes les plus riches et les plus puissants de l’Asie. Comme il n’avait point de filles à lui donner en mariage, il lui céda sa femme. Elle devint enceinte, et accoucha d’un fils, nommé Artaxare, qui prit le parti des armes, et s’acquit une grande renommée par ses exploits. Après la mort d’Ariabane les Parthes et les Perses réunis l’élurent pour chef. Il prit le titre de roi des Perses.

ARTAXARE

An de grâce 230.

Aataxare, à peiné établi sur le trône, envoya des ambassadeurs à l’empereur Sévère pour lui déclarer que le grand roi ordonnait aux Romains d’évacuer la Syrie, l’Asie-Mineure, et de rendre aux Perses toutes les provinces qui avaient fait partie de l’empire d’Alexandre. Sévère, irrité de cette audace, condamna les ambassadeurs à l’esclavage, et leur fit labourer ses domaines en Phrygie. Il marcha ensuite avec une armée contre le roi de Perse, le battit, et dans son triomphe à Rome prit le surnom de Parthique et de Persique. Sa victoire cependant n’était pas complète : Artaxare vaincu n’était pas subjugué ; fuyant à la manière des Parthes, on le vit revenir avec rapidité reprendre toutes les provinces conquises par Sévère. Il mourut après un règne de douze ans, universellement respecté, regretté, et laissa le trône à son fils.

SAPOR

Sapor fut continuellement en guerre contre les Romains. Gordien lui enleva une partie de ses états : il s’y rétablit sous le règne de l’empereur Philippe. L’empereur Valérien l’attaqua de nouveau : le roi de Perse lui livra une grande bataille, le vainquit et le fit prisonnier. Sans respect pour la dignité impériale, il le faisait marcher à pied à la tête de son armée ; il lui posait le pied sur le cou pour monter à cheval. Ce roi barbare mit le comble à son inhumanité en le faisant écorcher vif. Il était si cruel qu’il couchait et entassait ses prisonniers dans les creux des chemins pour égaliser le terrain et pour faciliter le passage de ses chariots.

Aurélien, successeur de Valérien, combattit Sapor, et on doit croire qu’il remporta sur lui quelques avantages, puisqu’il parut à Rome, dans son triomphe, monté sur le char de Sapor.

Cependant cette guerre se termina par un traité de paix et d’alliance, et Sapor épousa la fille d’Aurélien. Ce fut sous son règne que vécut Manès, fondateur de la fameuse secte des Manichéens.

HORMISDAS

Le fils de Sapor n’hérita ni de sa vaillance ni de ses vices. Roi faible, il acheta la paix par des sacrifices, et n’osa pas soutenir contre les Romains son alliée, la malheureuse et célèbre Zénobie, reine de Palmyre.

VARRANE Ier

Ce prince, pacifique comme son prédécesseur ne régna qu’un an.

VARRANE II

L’empereur Probus recommença la guerre, et prétendit recouvrer tout l’empire des Séleucides ; mais, après avoir fait quelques conquêtes, il se retira et les abandonna.

VARRANE III

Aucun événement marquant ne signala son règne.

NARSÈS

LE roi défit l’empereur Galère qui le  défit à son tour ; mais ces différents combats n’eurent aucun résultat important.

HORMISDAS II

Hormisdas ne se signala par aucun exploit. Il mourut en laissant sa femme enceinte d’un fils qui porta le nom de Sapor.

SAPOR II

Ce prince, élevé dans la religion chrétienne, l’abjura, et soutint contre l’empereur Julien, apostat comme lui, cette guerre fameuse qui accéléra la décadence de l’empire romain, et accrut la puissance de celui des Perses. Julien avait été vainqueur dans les premiers combats ; mais, trompé par des conseils perfides, il s’avança, comme Antoine, sains précautions : au lieu de se faire suivre sur le Tigre par sa flotte qui était chargée de vivres, il la brûla témérairement et continua sa marche. Bientôt il se trouva, comme Crassus dans des plaines brûlantes sans subsistance et entouré d’ennemis.

Les Perses battirent facilement une armée exténuée par la disette et par la fatigue. Julien périt dans le combat. Jovien, son successeur, se vit obligé de signer une paix honteuse, et de payer un tribut pour obtenir la liberté de se retirer.

Le règne de Sapor fut glorieux et paisible ; cependant il ne jouit pas dans sa famille du repos qu’il donnait à ses sujets : son fils aîné le mécontentait par ses vices ; le second l’abandonna pour se retirer chez les Romains : Il avait donné au troisième une tente de peaux de chameau, brodée en or ; et lui ayant demandé comment il la trouvait, le prince lui répondit. Fort belle ; mais quand je serai roi je veux en avoir une de peaux d’homme. Sapor, effrayé de l’atrocité de ce caractère, laissa le trône à son quatrième fils.

SAPOR III

Ce prince remplit les vœux de son père, maintint la paix, et rendit son peuple heureux.

VARRANE IV

Ce règne fut aussi pacifique que le précédent.

ISDIGERTES

Ce roi était si intimement lié avec l’empereur Arcadius qui admirait également son habileté et ses vertus, qu’il le nomma en mourant tuteur de son fils Théodose II, et protecteur de l’empire.

VARRANE V

Le fils d’Isdigertes se brouilla avec les Romains, et pour les combattre s’allia aux Sarrasins, dont le nom se fit connaître pour la première fois à cette époque.

PÉROSE

Le roi Pérose, attaqué par les Huns qui habitaient au nord de la Perse, se laissa envelopper par eux, et fut obligé de capituler. On avait exigé qu’il se prosternât devant le roi des Huns : les mages lui conseillèrent d’exécuter cet ordre au lever du soleil, pour qu’il parût faire un acte de religion et non de bassesse : Pérose, irrité de ces humiliations, prit de nouveau les armes : il espérait surprendre les barbares ; mais ils le battirent et le tuèrent.

VALEUS

Le fils de Pérose fit de vains efforts pour venger son père, et, ne pouvant affranchir son pays du tribut imposé par les Huns, il mourut de chagrin.

CAVADE

LA fortune se montra d’abord plus favorable à ce monarque, qu’à ses prédécesseurs ; mais l’orgueil que lui inspirèrent ses victoires, et sa passion désordonnée pour les voluptés le perdirent. Il publia un édit insensé, qui, violant les- lois de la justice et de la pudeur, soumettait à ses caprices toutes les femmes de ses sujets. Les grands, indignés, se révoltèrent, l’enfermèrent dans une prison, et donnèrent, le diadème à un de ses parents, nommé Zambade. Ils s’assemblèrent ensuite pour délibérer sur le sort de leur captif : les avis étaient partagés ; les uns demandaient la mort du roi ; les autres voulaient le sauver. L’un des plus emportés, montrant un canif, dit que, si ce petit instrument servait à frapper le tyran, il serait plus utile à la Perse que les cimeterres de vingt mille soldats. Malgré cette violente sortie l’avis le plus humain l’emporta dans le conseil ; on décida que le roi serait enfermé, pour sa vie dans une prison.

La reine, restée libre, portait souvent des provisions à son époux ; mais il lui était défendu de le voir. L’officier chargé de sa garde s’enflamma pour la reine, lui permit d’écrire à son mari et lui fit même la promesse de la laisser entrer dans la prison si elle voulait céder à son amour. Le roi, informé de cette proposition criminelle, ordonna à sa femme de consentir à tout. La reine obtint l’entrevue qu’elle désirait et en profita promptement pour revêtir le roi de ses habits.

Sous ce déguisement Cavade s’échappa de sa prison et se réfugia chez le roi des Huns qui lui fit épouser sa fille et lui donna une armée. Avec son ces troupes il rentra en Perse et promit des gouvernements à tous ceux qui embrasseraient les premiers sa cause : ces charges étaient héréditaires ; l’espoir de les obtenir ramena au roi presque tous les grands. Sa marche fut rapide ; il défit les rebelles, rentra dans sa capitale, fit crever les yeux à Zambade, envoya au supplice le conseiller qui avait opiné si hautement pour sa mort, et prit pour premier ministre Sésore, compagnon de sa fuite.

Cavade profita des leçons du malheur : maître du pouvoir, il n’en abusa pas, dompta ses passions, gouverna avec sagesse, et rendit à la Perse son ancien éclat.

Il pria l’empereur Anastase de lui prêter l’argent nécessaire pour payer les secours qu’il avait reçus du roi des Huns.

Le refus de l’empereur aigrit le roi ; la guerre se ralluma. Cavade s’empara d’Amide et conquit plusieurs provinces. Après ces victoires, il voulait que l’empereur d’Orient adoptât un de ses fils pour le placer sur le trône de Constantinople. L’effroi qu’inspiraient les armes du roi de Perse avait décidé la cour impériale à consentir à cette proposition : on était près de conclure le traité ; mais la signature en fut retardée par des difficultés de forme. Les circonstances changèrent, et Cavade, modérant ses prétentions, accorda la paix à l’empereur qu’il contraignit seulement à lui payer un tribut.

Le roi de Perse, sentant sa fin s’approcher, désigna pour son successeur Cosroès qui n’était pas l’aîné de ses fils. La confiance que lui inspiraient les talents et les grandes qualités de ce jeune prince, décidèrent son choix. La nation assemblée le confirma.

COSROÈS

L’ambition active de Cosroès fut longtemps avantageuse à la Perse, et désastreuse pour les Romains. Lorsqu’il les voyait attaqués par leurs voisins, il les menaçait et leur faisait acheter sa neutralité. Dès qu’il les voyait sans ennemis, il se tenait sur la défensive, et encourageait, par ses conseils et ses promesses, les Huns, les Goths et les Sarrasins à renouveler leurs irruptions dans l’empire.

Par cette politique astucieuse, il trouva le moyen de remplir en peu de temps ses trésors. Lorsque Justinien eut conquis l’Afrique, il exigea de ce prince un tribut, prétendant qu’on lui devait une part des fruits de cette conquête, qu’on n’aurait jamais pu faire, malgré le génie de Bélisaire, si la Perse n’était point restée neutre. Il fatigua, durant un long règne, ses ennemis par les querelles qu’il leur suscitait, et ses sujets par des levées d’hommes et des marches continuelles.

A la fin de sa vie, la fortune l’abandonna. Il sa défaite perdit une bataille contre les Romains, ne dut son salut qu’à la fuite, et vit ses ennemis s’établir en quartier d’hiver dans ses états : l’habitude des succès ne l’ayant point préparé aux revers, il ne pût supporter sa défaite, et mourut de chagrin, après avoir recommandé à son fils de ne jamais exposer sa personne dans une action contre les Romains.

HORMISDAS III

Le fils de Cosroès, faible, superstitieux et livré à tous les vices, croyait qu’il pouvait sans danger suivre le torrent de ses passions, parce que les mages l’avaient assuré qu’il réussirait dans toutes ses entreprises, et que ses projets, quels qu’ils fussent, seraient constamment protégés par le ciel. Ses débauches et ses caprices excitaient un mécontentement universel. Varran, un de ses plus braves généraux, reçut, en combattant contre les Romains, un léger échec. Le roi lui écrivit une lettre insultante et lui envoya des habits de femme. On pardonne les rigueurs et non les affronts : le général se révolta et fit partager son ressentiment à l’armée qui se souleva. On pilla les palais et les domaines du monarque ; on ouvrit les prisons. Un prince du sang, nommé Bindoés, que le roi avait chargé de fers, brisa ses chaînes, se mit à la tête des rebelles, força les portes de Ctésiphon, capitale du royaume, et pénétra dans le palais. Le roi était sur son trône ; à la vue des révoltés, il donna ordre d’arrêter le prince rebelle ; mais la garde immobile n’obéit point à ce commandement.

Bindoès arracha lui-même la tiare du roi et le fit jeter en prison. L’infortuné monarque réclama un jugement de la nation, et plaida sa cause, devant une assemblée générale, avec une chaleur qui commençait à émouvoir en sa faveur les esprits ; mais Bindoès, après avoir retracé le tableau des injustices, des débauches, des excès et des exécutions arbitraires qui excitaient l’indignation du peuple contre Hormisdas, fit sentir avec force aux grands combien il serait imprudent à eux de rétablir sur le trône un monarque injurié, qui aurait tant de motifs de vengeance contre ses sujets. Cette crainte entraîna les opinions ; le roi fut condamné à une prison perpétuelle, et on lui passa un fer rouge devant les yeux, pour le mettre hors d’état de régner.

Hormisdas demanda pour dernière grâce à l’assemblée de ne point donner le trône à son fils Cosroès qui devait, selon lui, faire le malheur de son peuple. Il pria les grands de mettre à sa place un autre de ses enfants, qu’on appelait Hormisdas, dont le caractère était doux et humain. Loin d’écouter les vœux du roi captif, les grands couronnèrent Cosroès, et firent mourir le jeune Hormisdas et sa mère. Le vieux roi, désespéré, ne pouvait contenir ses murmures et sa douleur ; le barbare Cosroès le fit assassiner.

COSROÈS II

Le général Varran, au lieu de se soumettre au roi, persista dans sa rébellion, et jura de punir un prince parricide, que ses crimes rendaient indigne de régner sur les Perses. Cosroès le combattit, fut vaincu et obligé de se réfugier chez l’empereur d’Orient. Varran victorieux s’empara de Ctésiphon ; mais lorsqu’il se vit maître de la capitale, Varran, se dépouillant de tout masque de vertu et de modération, il fit mettre en prison le prince Bindoès, se revêtit des ornements royaux, et voulut se placer sur le trône. Les grands, irrités de cette audace, formèrent une conjuration contre lui, délivrèrent Bindoès, et attaquèrent l’usurpateur dans son palais. Mais il repoussa vaillamment leurs efforts, les dispersa et en fit périr une partie par les armes, et l’autre par les supplices. Bindoès évita la mort, et se sauva en Médie, où il leva des troupes. Cosroès vint le joindre à la tête d’une armée que l’empereur Maurice lui avait donnée. Après cette jonction, le roi livra une bataille à Varran, le battit et remonta sur le trône. Varran obligé de fuir, termina sa vie chez les Huns qui l’assassinèrent.

Jusqu’à ce moment, voulant se concilier l’amitié de l’empereur d’Orient, Cosroès s’habillait à la romaine, et montrait de la tolérance et même de la bienveillance pour les chrétiens ; mais il changea de conduite dès qu’il se vit maître de l’empire.

Narsès, général de l’empereur Maurice, avait puissamment contribué à son rétablissement. En se séparant de lui, il crut pouvoir lui recommander, d’un ton qui rappelait l’antique fierté romaine, de prouver toute sa vie la reconnaissance qu’il devait aux Romains, maîtres du monde. Le roi de Perse, pour rabattre son orgueil, lui traça le tableau réel de la situation de cet empire, miné par la corruption, déchiré par des discordes intestines, et de tous côtés envahi par des barbares. Il mesura les progrès de cette décadence, et prédit avec tant de justesse l’époque précise de sa chute, qu’il passa par la suite aux yeux des Grecs pour un grand astrologue.

La paix dura quelque temps entre les deux royaumes ; mais dès que Cosroès apprit l’assassinat et la mort de l’empereur Maurice, il déclara la guerre aux Romains. Cette fameuse guerre commença la seizième année de son règne.

La fortune favorisa constamment ses armes : ses victoires furent nombreuses et rapides. En neuf ans il conquit la Mésopotamie, la Syrie, la Palestine, la Cappadoce, l’Arménie et la Paphlagonie. Après avoir pris Antioche, il s’empara de Jérusalem, envoya le patriarche en Perse, profana le Saint Sépulcre, emporta la vraie croix, et vendit quatre-vingt-dix mille chrétiens aux Juifs de ses états, qui les égorgèrent tous. Il soumit ensuite l’Égypte, et revint en Perse pour combattre l’empereur d’Orient, Héraclius. Ce prince aussi sage que vaillant, proposa d’abord la paix au roi de Perse. Mais Cosroès répondit insolemment qu’il ne ferait aucun traité tant que l’empereur et ses sujets n’auraient pas abjuré le culte du dieu crucifié, et embrassé la religion des mages.

Héraclius punit cette brutale arrogance par une victoire, et proposa de nouveau la paix. Cosroès, enivré de sa fortune passée, et ne pouvant croire qu’elle l’eût abandonné sans retour, rompit toute négociation, et livra une seconde bataille, dans laquelle il fut défait ; et, perdit cinquante mille hommes. Après ce revers, comme il soupçonnait un de ses généraux, nommé Sarbate, de l’avoir trahi, il écrivit à un autre chef de l’arrêter et de le faire mourir. Les Romains, ayant intercepté la lettre, la donnèrent à Sarbate qui joignit à son nom, dans l’ordre du roi, les noms de 400 officiers de marque. Il communiqua ensuite cette pièce à l’armée. Tous les officiers désignés se crurent proscrits, se révoltèrent et entraînèrent dans leur rébellion une grande partie des troupes.

Dans ce même temps Cosroès avait voulu désigner pour son successeur le plus jeune de ses fils nommé Merdazas. Siroès, l’aîné de ses enfants, irrité de cette préférence, se joignit aux révoltés, et l’empereur Héraclius donna promptement la plus grande force à leur parti, en, rendant la liberté aux Perses prisonniers, à condition qu’ils se joindraient aux rebelles.

L’insurrection devint générale. Cosroès, affaibli par l’âge, se laissa prendre et fut déposé. Siroès, digne d’un tel père, le fit enchaîner dans un cachot, où il était exposé aux regards du public. On l’y garda cinq jours, ne le nourrissant que de pain et d’eau. On tua ensuite devant lui son fils Merdazas. Enfin Siroès donna l’ordre de le faire mourir à coups de flèche.

Telle fut la fin de Cosroès : parricide, il périt par un parricide ; son règne qui avait duré trente ans, offre aux hommes la preuve que les grands crimes, malgré l’éclat dont peut les couvrir quelque temps la fortune, attirent toujours la vengeance du ciel, qui, pour être tardive, n’en est que plus terrible.

SIROÈS

CE monstre, objet du mépris et de la haine de ses sujets, ne survécut pas un an à son père. Avdézer son fils voulait lui succéder ; mais Sébarazas, général de l’armée, se révolta contre lui, le tua et s’empara du sceptre. Les grands, qui n’avaient pas consenti à son élévation, l’assassinèrent dans son palais, et proclamèrent roi Isdigertes, fils d’un frère de Siroès.

ISDIGERTES II

Lorsque ce prince monta sur le trône, l’armée, démoralisée par les conquêtes de Cosroès et, par ses défaites, avait perdu sa force et sa discipline. Les généraux étaient divisés, les grands corrompus, les mages avilis. On ne respectait, plus ni la religion ni l’autorité royale ; et il ne pouvait exister aucun amour de la patrie chez un peuple si opprimé, et dans une cour qui venait d’être le théâtre de tant de crimes.

Ce fut à cette époque que les Sarrasins envahirent la Perse. Isdigertes se défendit avec courage ; mais il périt dans une bataille, et son armée se dispersa.

Les barbares, après avoir ravagé la Perse, s’y établirent en maîtres. Elle devint le centre de leur empire, et la religion de Mahomet y remplaça celle des mages.

Cette grande révolution arriva l’an 640 de notre ère, et fit asseoir les successeurs de Mahomet sur les ruines du trône de Cyrus.

 

FIN DE L’HISTOIRE DES PERSES

 

 

 

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