Hafiz

refus pour devenir le parrain d’une fille adorable !), mais je n’ai eu de réponse satisfaisante qu’en comprenant la différence entre la morale et l’éthique (grace à deleuze et Spinoza). Et voici que je trouve qu’en Occident, il a fallu attendre le 19ème siècle pour qu’un autre artiste , en occurence Flaubert, dise la même chose : « Les honneurs déshonorent. » (cité dans « Les règles de l’art », Bourdieu, p. 45). Mais cette fois-ci la réussite était au bout !

Autrement dit, quelques 500 années avant Flaubert, Hafez était plus explicite, puisqu’il disait : « Les honneurs me déshonorent. Et les déshoneurs m’honornet »!

En suivant l’idée maîtresse de Bourdieu, processus de l’autonomisation du champ artistique/intellectuel, on est en droit de se poser la question de l’existence, au moins les prémisses ou les premierès pousses, de ce processus en Orient. Pourquoi ces efforts n’ont pas abouti ? Vaste sujet, ô combien prenant et surtout important, des recherches5.

Il faut ajouter que l’origine de cette idée chez Hafiz remonte (au moins) à grand Khayyam, qui, déjà au 11ème siècle, disait ceci :

Voici l’aube, dégustons un instant de ce vin, plein de rougeur.
Faisons voler en éclats ce verre de l’honneur-déshonneur.
Laissons tomber nos longues ambitions.
Effleurons la harpe et la longue toison.

Ceci est une traduction personnelle dans le souci de restituer le plus fidèlement possible les concepts exprimés par Khayyam, en jetant un coup d’oeil sur la version originale6, vous verrez que Hafiz utilise les même termes pour « honneur/renommée » (nâm) et « déshonneur/honte » (nang) que Khayyam. Notez aussi que Khayyam considère tellement ces deux notions inséparable (nâm-o-nang) qu’il les regroupe dans le même objet , utilisant le singulier (ce verre), comme les deux faces d’une médaille. Mais une médaille bien fragile (quoi de mieux que « le verre », connu déjà en Orient, pour donner une image de sa fragilité ?).  Peut-être que Khayyam se trouvait à l’apogée de ce processus (puisque dans ses écrits il se plaint  de la dépendance grandissante des scientifiques vis-à-vis du pouvoir). Dans ce cas, Hafiz peut être considéré comme la dernière lueur avant l’extinction de la flamme.

Ceci  est d’autant plus remarquable que ce  champ indépendant (du pouvoir) des écrivains/artistes est tout juse à ses balbutiements.  C’est dans les années 90 (1994-5 ?) que 134 écrivains ont signé en bas d’une déclaration  avec un titre évocateur « Nous sommes des écrivains ». Ceci leur a causé des pires ennuis avec le régime, notamment parce qu’ils avaient osé déclarer « Notre travail collectif est pour sauvegarder notre indépendance individuel. » (tiré de l’entretien avec Sepanlou, Yâs e Now, 25/9/03)

 

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