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Saisir la personnalité de l’Iran…


Rémy Boucharlat

L’Iran, cœur de l’islam chiite, est aussi la terre des Perses, des Parthes et des Sassanides qui, tout en s’opposant aux Grecs puis aux Romains, firent jaillir de brillantes civilisations, comme en témoigne leur génie artistique et architectural. Pour évoquer cette histoire plusieurs fois millénaire de l’Iran préislamique, nous avons fait appel à Rémy Boucharlat qui a dirigé l’Institut français de recherche en Iran et a collaboré aux Dossiers d’Archéologie numéros 227 (« Iran. La Perse, de Cyrus à Alexandre » – octobre 1997) et 243 (« Les Empires perses d’Alexandre aux Sassanides » – mai 1999).

Sur une carte, l’Iran apparaît comme une vaste cuvette désertique dont le centre est occupé par des lacs salés. À l’ouest et au sud, le Zagros, large massif montagneux, le coupe de la Mésopotamie et du golfe Persique ; au nord, une haute barrière culminant à 5 810 mètres l’isole de la mer Caspienne et des steppes d’Asie centrale. À l’est enfin, le plateau iranien, semé de petites chaînes de montagnes, se prolonge vers l’Afghanistan et le Pakistan. Vus d’avion pourtant, et surtout lorsqu’on parcourt les routes, les paysages iraniens du plateau se montrent parsemés d’étendues vertes, et les vallées de montagnes, étroites ou vastes, sont peuplées et largement cultivées.

Très différents les uns des autres, les paysages de hautes montagnes et ceux du plateau sont complémentaires. À l’échelle de chaque province également, les hautes terres, glaciales en hiver, se couvrent de pâturages au printemps, au moment où les troupeaux doivent quitter les plaines où la végétation ne survivra pas jusqu’à l’été. Nomadisme et transhumance, cultures de printemps et d’été complètent aujourd’hui encore l’économie des villes et villages.

Une eau abondante qui se mérite

Sait-on que la nature en a donné beaucoup à l’Iran ? Mais les hommes ont dû la maîtriser. Il y a trois mille ans ou plus, ils ont capté des eaux des rivières, mais aussi les eaux souterraines, pour les conduire sur des kilomètres, jusqu’au bas des piémonts et au-delà, jusqu’aux oasis, tel Isfahan, qui s’avancent vers le désert. L’eau captée, visible ou cachée, indique où se trouvent les villes et villages d’hier et d’aujourd’hui. Le système le plus étonnant est celui du qanat, galerie drainante souterraine, captant l’eau d’une nappe aquifère et la transportant sur des kilomètres ; on devine son tracé au sol par la série de cônes correspondant aux puits de creusement. On comptait entre vingt et quarante mille qanat jusqu’au XXe siècle ; beaucoup sont encore en usage. L’eau est disponible même l’été, et son parcours souterrain jusqu’aux cultures évite l’évaporation. Dès l’époque perse, l’Iran diffusera cette ingénieuse technique aux pays qui ne le connaissaient pas.

L’eau apprivoisée est magnifiée par les jardins comme ceux, immenses, d’Isfahan au XVIIe siècle ou, plus tard, ceux en terrasses de Mahan, près de Kerman, et beaucoup plus tôt ceux des rois achéménides. Le jardin de Cyrus a été retrouvé par les archéologues à Pasargades, sa capitale ; ceux de Persépolis restent à découvrir. Les fraîches oasis verdoyantes contrastant avec l’environnement aride sont très prisées des Iraniens qui aiment encore à y pique-niquer à l’ombre, près des bassins et canaux sur lesquels sont aménagées de petites cascades pour le plaisir de l’œil et de l’oreille.

De grandes routes caravanières à travers des paysages variés

Dès l’Antiquité, les agglomérations doivent aussi leur fortune à leur position sur les routes des caravanes : entre la Mésopotamie et le plateau, la grande route à travers le Zagros, de Kermanshah à Hamadan, est plurimillénaire. Sur le plateau, au nord, de Téhéran à Meshed et l’Asie centrale – la future « route de la soie » – et au sud, de la plaine de Suse vers Shiraz, Kerman et au-delà, les sites archéologiques remontent souvent au Ve millénaire. Nous connaissons les produits transportés sur ces routes : la Mésopotamie, dépourvue de matières premières, métaux et pierres, avait besoin des ressources des contrées situées parfois à des milliers de kilomètres, Iran, Afghanistan et Asie centrale.

Le plateau iranien n’est donc pas isolé de ses voisins, et le développement des plus anciennes civilisations doit beaucoup à cette position de zone de passage, où les hommes avaient rendu la vie possible. À partir du Ier millénaire avant notre ère, les grands empires iraniens, achéménide, parthe et sassanide s’étendront largement à leur périphérie, pour compléter leurs ressources. Alors riche, le pays sera convoité par d’autres sous forme de migrations ou invasions successives, depuis les Arabes au VIIe siècle jusqu’aux Afghans du XVIIIe, en passant par les peuples turcs à partir du Xe siècle, les Mongols de Gengis Khan au XIIIe siècle, les armées de Tamerlan cent cinquante ans plus tard. Ces terres, que les Iraniens occupaient déjà depuis la fin du IIe millénaire, dominant les autochtones, puis se mélangeant à ceux-ci, subiront et assimileront les nouvelles populations. Celles-ci, et systématiquement leurs élites, deviendront iraniennes ; d’autres groupes, au contraire, se concentreront dans certaines régions, Kurdes à l’ouest et Turcs Azeris au nord-ouest, tribus nomades arabes et grandes ethnies turcophones du Fars, Turkmènes au nord-est, Balouches au sud-est. Ils constituent la mosaïque culturelle et linguistique du vieux pays iranien. Dans chaque région, une partie de la population des villes et des villages porte les signes de cette diversité dans son physique et dans son vêtement, que le tchador noir des femmes ne cache pas complètement.

La terre, matériau de tous les usages

La diversité des paysages impose des matériaux différents, la pierre et le bois dans les régions montagneuses et surtout le pisé et la brique, crue ou cuite, sur le plateau bien sûr mais aussi dans les vallées. Toutes les qualités de la terre sont mises en œuvre pour construire et décorer, aussi bien de modestes monuments utilitaires, glacières et citernes semi-souterraines, tours à vent et pigeonniers, que d’imposants bâtiments de prestige ; des palais à toutes les époques, peu de lieux de culte avant l’islam. L’œil, même peu averti, distinguera très vite le style de chaque époque.

Peu de vestiges préachéménides méritent le détour du voyageur. Dans les villes et villages protohistoriques retrouvés par les archéologues, les murs sont rarement conservés sur plus d’un mètre de hauteur. Après leur mise au jour, ils résistent mal aux intempéries sans une restauration permanente. La ziggourat de Tchoga Zanbil, près de Suse, est une remarquable exception. Édifiée au XIVe siècle avant notre ère, cette gigantesque tour de quelque cent mètres de côté s’élevait à plus de quarante mètres de haut en quatre terrasses de plus en plus petites. Cette ziggourat, la mieux conservée de tout le Proche-Orient, construite en briques crues, est parementée de briques cuites dont beaucoup portent des inscriptions cunéiformes en langue élamite.

L’art éclectique des Achéménides, un instrument de propagande

Au VIe siècle avant notre ère apparaissent, subitement semble-t-il, les grandioses réalisations des rois achéménides qui, de Cyrus jusqu’à Darius III – vaincu par Alexandre en 331 – aménagent leurs palais dans plusieurs capitales. Cyrus, issu d’un clan noble des Perses, une tribu iranienne qui s’est lentement mélangée aux autochtones élamites du Fars, devient en 539 maître de l’Orient, des rives occidentales de l’Asie Mineure, en passant par le royaume lydien de Crésus, celui des Mèdes dans le Zagros, et la Mésopotamie babylonienne. À Pasargades,  sa capitale située au nord de Persépolis dans une plaine à 1 900 mètres d’altitude, il construit une terrasse en beaux blocs de pierres parfaitement appareillés, deux petits palais à colonnes bordés de grands portiques ouvrant sur le jardin. Sa tombe, sorte de maison érigée sur six degrés successifs, est une merveille de proportions.

Pour ces réalisations, Cyrus reprend les solutions architecturales inventées par les populations du Zagros, mais il fait également appel à des artisans d’Asie Mineure, qui introduisent style et techniques que connaissaient ces régions hellénisées ou au contact de l’hellénisme. Quant à l’apport de la Mésopotamie et de l’Égypte, cette dernière conquise par son fils Cambyses, il sera sensible à partir de Darius, le bâtisseur de Persépolis et de Suse.

Dans ces deux capitales, dont nous ne connaissons pas la ville elle-même, Darius veut manifester la puissance royale, la richesse et la diversité de son empire. Pour cela, il crée une architecture grandiose sur une gigantesque terrasse de pierre de douze hectares, haute de quatorze mètres à Persépolis et dix-huit à Suse, portant des bâtiments tout en hauteur ; l’Apadana, la salle d’audience, atteint vingt et un mètres. L’élévation des colonnes et des encadrements de portes et fenêtres en pierre emprunte et assimile des éléments phéniciens, mésopotamiens, égyptiens et ioniens. Cet éclectisme, si méprisé par les premiers archéologues tout pénétrés de culture grecque, est intentionnel. Et comme si l’architecture ne suffisait pas à montrer cette diversité, celle-ci est donnée à voir en images sur les longues frises des bas-reliefs en pierre de Persépolis, illustrant symboliquement la procession des représentants des « pays » constitutifs de l’empire. Chacune des vingt-huit ou trente délégations est identifiable par le vêtement de ses hommes et par les présents qu’ils apportent au roi, animaux – chevaux, moutons, dromadaires et chameaux, girafes même –, vases, tissus, outres… Ces mêmes délégations supportent le trône royal sur les bas-reliefs des tombes royales rupestres de Persépolis et surtout de la nécropole proche de Naqsh-e Roustam.

La puissance royale se manifeste encore par d’autres bas-reliefs montrant le roi vainqueur d’un animal, le plus souvent un lion dressé, ou encore par de longs défilés de soldats, la lance tenue droite. On retrouve ces gardes à Suse sur de grands panneaux de briques émaillées, dont les détails sont rendus par des couleurs vives, bleu, rouge, jaune, noir, blanc. Ces panneaux, aujourd’hui au Louvre, permettent d’imaginer l’aspect des monuments de pierre, dont les colonnes et les bas-reliefs étaient peints, tandis que les murs étaient décorés de tapisseries et les sols couverts de tapis.

Le mobilier de ces somptueux palais a presque entièrement disparu. Nous pouvons nous en faire une idée par des objets précieux retrouvés dans des tombes des steppes autour de la mer Noire et en Asie centrale. D’autres régions de l’empire nous font connaître les objets plus modestes, monnaies, invention alors récente, et sceaux, marques administratives et commerciales. Les archives sont rares, et la mise au jour à Persépolis de milliers de tablettes d’argile inscrites en cunéiforme élamite n’en est que plus remarquable. Elles témoignent d’une administration minutieuse, chargée de la distribution de rations aux équipes d’ouvriers ou bien à des voyageurs circulant sur ordre du roi.

Alexandre, l’hellénisme et le retour à l’iranisme

L’organisation politique de l’Empire perse est reprise par Alexandre, mais ne pourra pas être maintenue par ses successeurs. Au Proche-Orient, ceux-ci s’intéressent surtout à la Mésopotamie ; leurs réalisations en Iran sont peu connues. De cités hellénisées comme Suse, il reste peu de traces, des figurines, quelques sculptures et des inscriptions grecques. Ailleurs, de rares sculptures, dont un bas-relief près de Bisutun, marquent l’influence hellénique. Les fouilles en cours de Hamadan, l’ancienne Ecbatane, montrent un urbanisme impressionnant de régularité ; elles livreront peut-être un jour des témoins de cette période.

Au IIe siècle avant notre ère, la dynastie des Parthes, dont le berceau se situe à l’est de la mer Caspienne, étend sa domination sur l’Iran et la Mésopotamie, où elle s’installe. L’Iran ne recevra pas de constructions royales, mais des résidences de princes locaux, récemment découvertes dans l’ouest, qui, par l’architecture et le décor de stuc, montrent le substrat hellénisé, local ou à nouveau importé de Mésopotamie.

Ce sont avant tout les bas-reliefs, quelques-uns royaux près de Bisutun, beaucoup d’autres commandés par les princes du petit royaume d’Elymaïde à l’est de Suse, qui montrent l’art parthe jusqu’au début du IIIe siècle de notre ère. D’exécution médiocre, les thèmes locaux sont traités dans un style qui rappelle celui de la sculpture et la peinture des villes de l’ouest, Hatra, Doura-Europos ou Palmyre.

La renaissance iranienne

Pendant toute son histoire, la dynastie des Sassanides (224-652), originaire de la région de Persépolis, se veut l’instrument de la renaissance iranienne. Remontant à l’époque parthe, elle se manifeste dans la politique expansionniste des souverains en Mésopotamie, où ils se heurteront aux Romains puis aux Byzantins, et vers l’Afghanistan et l’Asie centrale. La religion mazdéenne ou zoroastrienne, codifiée, bientôt mise par écrit, est imposée aux populations ; le christianisme et le bouddhisme sont tolérés, du moins à certaines périodes.

L’idéologie royale, les conquêtes, la diffusion de la religion mais aussi les réformes administratives, qui permettent aux Grands de gérer de vastes domaines, donnent lieu à de magnifiques réalisations. Dans la tradition des bas-reliefs rupestres, les souverains sassanides feront exécuter plus de trente panneaux de grande qualité, la plupart au IIIe siècle dans le Fars, quelques autres plus tard à l’ouest près de Kermanshah. Exaltation de la puissance royale et parfois scènes plus intimes de famille, ces œuvres sont une marque pour l’éternité plutôt qu’une propagande ; plusieurs, en effet, sont peu visibles ou éloignées des routes.

Dans le Fars encore, plusieurs palais sont édifiés au IIIe siècle, en moellons recouverts d’un enduit de plâtre, dans lequel sont sculptés des décors « à l’achéménide ». Mais le temps des colonnes-supports de la couverture est terminé ; c’est le règne de la voûte en berceau et de la coupole sur trompes. Ardéchir, le fondateur de la dynastie, érige un château au-dessus de la gorge qui mène à Firuzabad, sa capitale. Dans la plaine, il construit un palais dont les salles d’apparat sont couvertes par des coupoles de quatorze mètres de diamètre, les plus vastes construites jusque-là. À quelque cent kilomètres à l’ouest, son fils Châpour Ier, triple vainqueur des Romains au milieu du IIIe siècle, édifie une nouvelle capitale à Bichâpour. Il abandonne le plan parfaitement circulaire des villes de son père, pour adopter le plan orthogonal qu’il a connu à l’ouest. Pour certaines constructions en pierres appareillées, un palais et un énigmatique temple semi-souterrain, comme pour la décoration des sols, il emploie des artisans romains capturés en Syrie – l’empereur Valérien y aurait été son prisonnier de marque – les scènes de la cour sassanide, danse et musique, sont exécutées selon la technique de la mosaïque romaine. Parallèlement sont réintroduits les protomés de taureaux des palais achéménides et le décor à l’égyptienne des linteaux de portes de Persépolis.

Des résidences plus modestes, luxueusement décorées, sont connues dans le Fars, mais également au nord-est, près de la frontière du Turkménistan, à Dargaz. Bas-reliefs ou bustes en stuc et peintures murales reprennent les thèmes de cour et ceux des bas-reliefs rupestres – chasses, combats, investiture royale ou scènes religieuses – et constituent un précieux répertoire de l’idéologie royale, de la vie de cour et de la religion sassanides.

Dans ces palais, le mobilier n’a pas été retrouvé. Les trouvailles fortuites dans des tombes hors d’Iran et, bien souvent hélas, apparues sur le marché des antiquités, font état d’aiguières et de coupes en argent, décorées les premières de danseuses et de scènes de cour, les secondes de scènes de chasse royale ou du roi en majesté ; de somptueux tissus brodés, dont certains ont ensuite servi à envelopper les reliques de saints médiévaux d’Occident, destinés à la clientèle aristocratique.

Ce mobilier luxueux sera connu dans l’Occident chrétien qui empruntera également certaines solutions architecturales sassanides, à travers l’art byzantin. Mais les premiers héritiers, parfaitement conscients, de cet art comme de l’organisation politique et économique de l’empire, sont les conquérants musulmans. Pendant des siècles, les califes règnent à Bagdad avec, pour conseillers politiques et artistes préférés, nombre d’héritiers de la culture sassanide.

Cuisine iranienne


La cuisine d’Iran est diverse, chaque province ayant ses propres plats aussi bien que ses styles et traditions culinaires, distinctes selon leurs régions.

Cela inclut une grande variété de plats comme par exemple chelow kabab (barg, koobideh, joojeh, shishleek, soltani, chenjeh), khoresht (un ragout servi avec du riz blanc Basmati ou Persan: ghormeh sabzi, gheimeh, et autres), aash (une soupe épaisse), kookoo (une sorte de tarte-omelette à base de légumes et/ou de viande), polow (du riz cuit avec de la viande et/ou de légumes et des herbes, dont le loobia polow, albaloo polow et autres) et une grande diversité de salades, de patisseries et de boissons spécifiques aux différentes régions d’Iran. La liste des recettes perses, des entrées et des desserts est extensive.

La nourriture iranienne n’est pas épicée. Les herbes sont beaucoup utilisées, de même que les fruits tels que prunes, grenades, raisins, coings ou autres. La plupart des plats perses sont une combinaison de riz avec de la viande, poulet, agneau ou poisson et beaucoup d’ail, d’oignon, de légumes, de noix et de fines herbes. Pour atteindre un gout délicieux, des épices Persanes telles que le safran, les limes séchés, la cannelle et le persil sont délicatement mélangées et utilisées dans des plats spéciaux.

Table traditionnelle iranienne

La configuration de table traditionnelle iranienne implique premièrement la nappe, appelée sofreh, qui est traditionnellement brodée de prières traditionnelles ou de poésie, et qui est étendue sur un Tapis persan ou une table. Les plats principaux sont concentrés au centre, entourés de plats plus petits contenant les entrées, les condiments, les accompagnements ainsi que le pain, qui sont tous rapprochés des convives. Ces derniers plats sont appelés mokhalafat (accompagnements). Quand la nourriture a été amenée, on invite tous les convives assis autour du sofreh à se servir.

Accompagnements essentiels

Certains accompagnements (mokhalafat) sont essentiels pour chaque iranien au déjeuner (nahar) et au dîner shahm) quelle que soit la région. Ceux-ci incluent, avant tout, un plat de fines herbes fraîches, appelé sabzi (basilic, coriandre, estragon, persil…), différents pains plats appelé nan ou noon (sangak, lavash, barbari), du fromage (appelé panir similaire à la feta), des concombres, oignons et tomates épluchés et tranchés, du yaourt et du jus de citron. Les conserves au vinaigre perses ( khiyarshur pour les cornichons, torshi pour d’autres mélanges) sont aussi considérés comme essentiels dans la plupart des régions. Le torshi est une spécialité de légumes frais coupés en fins morceaux, assaisonnés et conservés dans du vinaigre.

Le thé (chai) est servi au petit déjeuner et immédiatement avant et après chaque repas au déjeuner et au diner mais aussi tout le long de la journée. Les méthodes traditionnelles de préparation et de dégustation du thé diffèrent selon les régions et les gens.

Variétés de riz

On pense que le riz (berenj en persan) a été amené en Iran depuis l’Asie du Sud-Est ou depuis le sous-continent indien en des temps reculés. Les variétés de riz en Iran incluent le champa, le rasmi, l’anbarbu, le mowlai, le sadri, le khanjari, le shekari, le doodi, et d’autres encore. Le riz Basmati venant d’Inde est très similaire aux variétés perses et est facilement trouvé en Iran. Traditionnellement, le riz était l’accompagnement dominant dans le nord de l’Iran, alors que le pain était majoritaire dans le reste du pays.

Méthodes de cuisson du riz en Iran

Il y a quatre méthodes principales pour cuire du riz en Iran :

               Chelow : riz préparé en le lavant puis en le faisant bouillir, puis égoutté afin que le riz finisse de cuire à la vapeur. Cette méthode donne un riz exceptionnellement aéré dans lequel les grains son séparés et ne collent pas. Cette méthode permet aussi d’obtenir une couche de riz croustillant au fond du plat de cuisson appelé tah-digh (littéralement « fond du pot ») qui est populaire parmi les enfants iraniens. Cette cuisson du riz est la plus raffinée et difficile, car elle demande un temps de cuisson spécifique.

               Polow : riz préparé de la même manière que le chelow, mais après l’égouttage du riz, d’autres ingrédients sont ajoutés à celui-ci et ensuite cuits ensemble à la vapeur.

               Kateh : le riz est cuit jusqu’à ce que toute l’eau soit absorbée. C’est aussi le plat traditionnel du Gilan (décrit en détail plus bas). Les grains sont plus collés mais restent légers, grâce à la finesse du riz utilisé.

               Damy : cuit pratiquement de la même façon que le kateh, sauf que la chaleur est réduite juste avant l’ébullition et un torchon est placé entre le couvercle et le plat de cuisson pour éviter que la vapeur ne s’échappe.

Variétés de pain

Il y a quatre sortes principales de pain non-levé iranien :

               Nan-e barbari : épais et de forme ovale.

               Nan-e lavash : fin, croustillant et rond ou ovale, c’est aussi la plus vieille forme de pain connue au Moyen-Orient et en Asie centrale.

               Nan-e sangak : pain de forme ovale cuit sur la pierre. (« Sang » voulant dire pierre en Persan)

               Nan-e taftoon : fin, souple et rond.

Les autres sortes de pain incluent:

               Nan-e shirmal : fait exactement comme le barbari, sauf que du lait est utilisé à la place de l’eau, qu’un peu de sucre est ajouté et qui est mangé au petit déjeuner ou avec du thé.

               Nan-e gisu : un pain arménien doux, aussi consommé le matin ou avec du thé au cours de la journée.

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Cuisines régionales

Gilan

Le Kateh est le plat traditionnel du Gilan, et est un simple riz iranien cuit avec de l’eau, du beurre et du sel jusqu’à ce que l’eau soit complètement absorbée. Cette méthode donne un riz sous forme de bloc et qui est le style dominant de préparation de riz dans la région de la caspienne. Au Gilan et au Mazandaran, le kateh est aussi mangé au petit déjeuner, soit avec du lait et de la confiture, soit froid avec du fromage iranien (panir) et de l’ail. Le kateh n’est pas fréquemment servi dans d’autres parties d’Iran, mais est couremment servi comme remède pour ceux qui sont ont attrapé froid ou qui souffrent de la grippe, mais aussi pour ceux qui souffrent d’ulcères.

La variété de riz originaire du Gilan, où elle a été cultivée depuis le IVe siècle av. J.-C., est considérée comme la meilleure en Iran.

Azerbaïdjan iranien

Le Tahchin est une façon particulière de préparer le riz, à l’origine chez les azéris. Dans ce cas, le plat est préparé au four avec un mélange de yaourt et d’épices. Ce plat a été repris par tous les iraniens. Le Koufteh Tabrizi est un plat traditionnel azéri. Il se présente sous forme d’une grosse sphère de viande hachée remplie d’épices et d’herbes fines ; elle comporte un oeuf dur en son milieu et d’autres éléments ajoutés, comme des prunes par exemple.

Plats raffinés

Ces plats sont des plats de fête qui ne sont pas consommés par toutes les couches de la population, ni pour toutes les occasions :

               Le Tahchin est un plat azéri composé de poulet et d’épices, dont la consitance est rendue unique par un rajout de yaourt et de minuscules baies rouge sang appelées zereshk (rarement vues en occident). Le plat est cuit au four et donne une impression de grand cake doré.

               L’Albalou Polow est un plat composé de riz, de poulet et de griottes mélangés. Ce sont ces dernières qui donnent une couleur rose pâle au riz et un goût sucré car leur jus est très coloré.

               Le Phessen Joun est un ragout de volaille, de noix et de jus de grenade.

               Le Chirine Polo est un plat à base de riz (voir Polow plus haut), dont le goût est sucré. Le riz est agrémenté de carottes, zestes d’oranges, raisins secs, amandes et d’épices.

Fast food, nourriture importée et adaptée

Les plats populaires pour se nourrir rapidement en Iran sont le chelow kabab (littéralement « riz et kabab »), le joojeh kabab (le même même avec du poulet grillé), nan-e kabab (littéralement « pain et kabab »), les sandwiches au kabab et quelques autres plats dérivés de plats cuits lentement. Une préférence croissante née parmi la jeune génération pour la cuisine de style américain a conduit à l’établissement de nombreux restaurants de pizza, steak, hamburger et poulet frit, mais la nourriture occidentale est parfois servie avec des accompagnements comme ceux décrits plus haut, et est souvent préparée différemment (la différence est plus notable pour la pizza). Les cuisines chinoises et japonaises sont également devenues populaires ces dernières années, principalement à Téhéran. Des restaurants indiens, italiens et méditerranéens peuvent aussi être rencontrés.

Petit déjeuner (sobhaneh)

Le petit déjeuner basique traditionnel iranien consiste en une variété de pains plats (noon-e sangak, lavash et autres), du beurre, du fromage (panir), parfois agrémenté de crème épaisse sarshir souvent légèrement sucrée) et de plusieurs confitures de fruits. Cependant d’autres petits déjeuner traditionnels populaires (qui demandent bien plus de préparation) incluent le haleem (un plat à base blé avec des petits morceaux de mouton), asheh mohshalah (une soupe épaisse), du kaleh pacheh (une soupe de tête et de pieds de mouton) ou encore d’autres plats. Ces derniers petits déjeuners sont des spécialités régionales, et beaucoup de villes en Iran possèdent leur propre version de ces plats. Le asheh mohshalah et le haleem sont préparé la nuit précédente pour être servi le matin suivant, et le haleem est habituellement servi seulement à certaines périodes de l’année (les restaurants dont c’est la spécialité ne sont ouverts qu’à ces périodes), sauf dans le sud de l’Iran, où le haleem est toujours présent. Le Kaleh pacheh est servi de 3 heures du matin jusqu’à peu après le lever du soleil, et les resturants dont c’est la spécialité (ne servant que ce plat) ne sont ouverts qu’à ces heures là.

Déjeuner et dîner (nahar va shâm)

La cuisine traditionnelle persane est faite par étapes et nécessite des heures de préparation et d’attention. Le résultat est un mélange équilibré de fines herbes, de viande, de légumes, de produits laitiers et de grains. Les accompagnements dans la cuisine iranienne qui sont traditionnellement mangé à chaque repas incluent le riz, plusieurs fines herbes (menthe, basilic, ciboulette, persil), panir (fromage de type feta à base de lait de brebis ou de vache), plusieurs sortes de pains plats et de la viande (souvent bœuf, agneau, mouton ou encore poisson). Un ragoût et du riz sont de loin le plat le plus populaire, et la constitution de ce plat varie selon la région. Le thé (chai est la boisson de choix pour quasiment toute occasion, et est habituellement servi avec des fruits, des patisseries ou des bonbons.

On peut trouver du thé en préparation à n’importe quel moment de la journée dans toutes les maison iraniennes. Le Doogh, une boisson à base de yaourt est aussi très populaire. Une des plus vieilles recettes uniques au monde est le khoresht-e-fesenjan, un ragoût de viande dans une riche sauce à base de noix et de grenade donnant une couleur brune particulière, le plus souvent servi avec du riz blanc.

Cuisine persane en Occident

Une des raisons pour laquelle la cuisine iranienne n’est pas très connue en Occident est qu’est souvent confondue avec la cuisine du Moyen-Orient, un terme beaucoup plus large et général, et cette confusion est perpétuée par les restaurants et les marchés procurant de l’authentique cuisine iranienne qui se présentent ainsi. De nombreux restaurants et épiceries iraniennes sont étiquetés moyen-orientaux, internationaux ou méditerranéens afin d’augmenter leur clientèle européenne. En réalité, la cuisine iranienne est une des plus riches et des plus vieilles cuisines du monde, et diffère grandement de ce qu’on peut trouver dans tout le Moyen-Orient. Bien que peu reconnue, la cuisine iranienne gagne en popularité dans les grandes villes multi-culturelles, telles Los Angeles ou Londres qui ont une forte population iranienne.

Boissons et desserts

La boisson traditionnelle pour accompagner les plats iraniens est appelée doogh. Cependant de nombreuses marques de Soda locales comme Zam Zam Cola ou son concurrent Parsi Cola sont largement consommés lors des repas. Coca-Cola et Pepsi Cola ont tous deux des usines possédant une licence de production et d’embouteillage à Mashhad, leurs produits n’étant surprenament pas sujets aux sanctions américaines contre l’Iran.

Les autres boissons d’intérêt sont plusieurs sortes de Sharbat et khak shir. Pour le dessert, il y a une grande variété de choix, de la glace persane au faludeh.

Boissons alcoolisées

Bien que strictement interdites après la Révolution iranienne de 1979, les boissons alcoolisées sont facilement disponibles en Iran. La boisson la plus commune est appelée aragh-e sagi, qui est produit à la maison, la meilleure sorte étant disponible dans la province de Qazvin. La vodka est le deuxième alcool le plus disponible, dont la presque totalité est importée de Russie. Quelques variétés domestiques de vodka existent, mais sont difficiles à trouver. La bière est la troisième boisson la plus courante, dont la quasi totalité est importée d’Europe du Nord via la Turquie. Comme pour la vodka, la bière locale existe mais n’est pas facile à trouver. D’autres alcools importés, comme le whisky, le gin et des vodkas d’excellente qualité de Pologne peuvent être trouvées dans quelques grandes villes, mais à un coût bien plus élevé (bien plus élevé que selon les standards occidentaux) et en tant que tels sont considérés comme des objets de luxe.

Le vin a été un élément majeur de la culture iranienne depuis l’Antiquité, et cette tradition a perduré malgré les restictions gouvernementales actuelles. Les plus grandes régions productrices de vin en Iran sont Qazvin, Orumiyeh, Shiraz et dans une moindre mesure, la Province d’Esfahan. Le vin rouge est la variété la plus courante et la plus populaire, le vin blanc étant aussi dominant au nord. Les producteurs de vin sont souvent, mais pas tout le temps de culture arménienne ou zoroastrienne, puisque les minorités non-musulmanes sont autorisées à produire du vin (et d’autres boissons alcoolisées) pour leur propre usage. Bien qu’il soit illégal pour eux de vendre du vin à d’autres Iraniens (et aux visiteurs étrangers), la règle n’est généralement pas suivie et on peut trouver du vin partout où il est produit et distribué dans le pays. Les producteurs de vins arméniens de Orumiyeh et d’Esfahan sont particulièrement connus pour leurs vins rouges pétillants et doux.

Végétarisme en Iran

Le concept de végétarisme n’est pas commun en Iran, bien que de nombreux plats végétariens existent et qu’un intérêt croissant existe sur ce sujet depuis les années 1960, particulièrement parmi les jeunes. Les plats végétariens les plus populaires sont :

               Kashk-e baademjan

               Kookoo-e baademjan

               Kookoo-e gol-e kalam

               Kookoo-e sabzi qui accompagne habituellement Sabzi-polo ba Mahi

               Mirza ghasemi

               Naaz khatoon

               Nargesi esfenaaj

               Borani esfenaaj

La musique persane 2


Ce qui de nos jours, est appelé communément musique traditionnelle persane, semble être un pâle reflet d’un héritage trois fois millénaire.

L’histoire place le début de cette tradition autour du VI ème  siècle avant J.-C. sous la dynastie des Achéménides .Les bas reliefs de Persépolis décrivent des cours impériaux plongé dans des ambiances musicales.

Dès cette époque, la musique était intimement liée aux rituels religieux des Zoroastriens. Il perdure de nos jours, d’ancestraux fragments de chants de cette époque.

Avec l’avènement de l’Islam au VII ème siècle après J.-C., l’interdiction des arts, touchant la musique, la peinture
et le zoroastrisme, a radicalement modifié l’évolution de la musique.
Dès cette période la tradition musicale véhiculait dans des milieux d’initiés et se transmettait de génération en génération.

Au cours de ces sombres années, débute alors un processus de perte du répertoire original, et parallèlement une évolution en fonction de l’apport de la culture islamique.
Il convient de noter ici, l’influence non négligeable de la culture persane dans l’art islamique. De même, il est intéressant de remarquer que le système musical arabo-turc empreinte les même expressions que le système persan. Il s’agit dans la majeur parti des cas, d’anciennes expressions utilisées dans les cours royales d’avant l’Islam.

Le XX ème siècle voit l’Iran se lancer dans une course effrénée dans la modernité, sous le règne de Pahlavi (le Shah). Cela accentuera d’avantage l’acculturation musicale.

La révolution islamique de 1979, en interdisant toute source occidentale, a contribué malgré elle à un nouvel
essor de la musique traditionnelle. Il est en effet très intéressant de remarquer à quel point, la génération actuelle
se passionne pour cette musique ancestrale.

La musique dans le société iranienne

Jusqu’au début du XXème siècle, il existait deux sortes de musicien traditionnels : les amateurs et les musiciens de carrière. Ces derniers, peu nombreux, étaient essentiellement attachés au service d’un prince ou d’un roi et vivaient dans le milieu fermé de la Cour. Ils jouaient pour leurs mécènes et pour les gens de qualité qui avaient accès à la Cour; évidemment ils jouent aussi entre eux, mais ils n’avaient pas le droit de se produire ailleurs sans la permission de leurs mécènes. Les auditeurs aussi bien que leurs élèves étaient donc essentiellement des gens de la haute société ; le milieu était fermé et les mécènes parfois très exigeants comme en témoigne l’anecdote de Darvish Khân qui fut condamné à avoir les mains coupées pour avoir joué dans un réunion privée sans l’autorisation de son mécène. Il ne dut son salut qu’en se réfugiant à l’ambassade d’Angleterre. En dehors de ces cercles, il existait des musiciens plus ou moins amateurs, notamment en province, qui étaient des artistes accomplis, mais qui ne recherchaient pas la renommée et les honneurs dont les musiciens de cour étaient comblés. Il ne faut pas sous-estimer le niveau de certains de ces obscurs « amateurs ».
On peut dire que le musique iranienne se trouve à l’heure actuelle répartie en divers milieux:
- les amateurs, élèves ou autodidactes d’au niveau moyen. Parmi eux, se trouvent des connaisseurs de musique traditionnelle ou des amateurs de musique classique et de motrebi, appréciant occasionnellement la musique ancienne.
-les amateurs, ne vivant pas de leur art, ou seulement à titre accessoire, Ce sont surtout d’excellents musiciens traditionnels, élèves d’anciens maîtres renoms.
-Les professionnels ne vivent que de leur musique, ou jouent en public, tout en exerçant d’autres activité. Ils sont moins formés à la tradition, mais plus ou moins détachés de celle-ci, soit autodidactes, sans formation traditionnelle.

Presque tous les musiciens savants vivent à téhéran. En province, les musiciens de folklore remplacent les motrebs, et la musique savant dépendante des cours royales ne s’est jamais vraiment répandu.

Les conditions et circonstances dans lesquelles on entend la musique en Iran sont: radio, télévision, disques et cassettes, concerts, et réunions privées. Depuis la création de la radio, la musique iranienne tient une place prépondérante dans les programmes.

Au cours de certaines soirées mondaines, il est bon ton de faire venir un orchestre de motrebs, mais il est rare que des musiciens savants acceptent d’y jouer, même à titre amical. Les meilleures conditions restent les réunions entre musiciens et amis mélomanes. Certains riches amateurs, s’entourent d’artistes de renom, et leur foyer est alors un centre de réunion. Il font donc plus ou moins figure de mécènes.

La musique iranienne s’intègre à un très haut niveau culturel où l’art est, depuis longtemps, cultivé comme une fin en soi et coupée de la plupart de ses fonctions symboliques. C’est du moins ce qui apparaît à première vue: aucune circonstance particulière ne détermine la pratique musical. Les majles se tiennent le matin, le soir, l’après-midi, la nuit ou à une heure tardive de la nuit, et ne dépendent que du bon vouloir de musiciens.

 

Musique, mythes et mystique

Jusqu’aux temps modernes, la musique s’insérait dans un vaste système de représentations symboliques. Pour les gnostiques musulmans, la musique reflète l’ordre de l’Univers et est un moyen d’élévation spirituelle. De nombreux témoignages ou citations de poètes, de savants, ou de mystiques pourraient ici illustrer ce point de vue.
Toute les traditions orientales partagent ces vues. Il faut néanmoins rappeler certains points tels que la correspondance des  avec les quatre éléments ou les quatre humeurs (terre, air, eau, feu ou froid, sec, humide, chaud). Aux
modes correspondent les constellations, les planètes et les signes du zodiaque, et puisque l’homme est un microcosme, les parties de son corps sont sensibles à tel ou tel mode. Ils s’adaptent également au calendrier, aux saisons, aux jours de la semaine, aux heures du jour, suivent la caractérologie, la morphologie, et correspondent même aux grands prophètes de la Bible.

On dit que la musique traditionnelle donne longue vie, et un maître a pu constater et vérifier que dans les coins de son jardin où il avait l’habitude de jouer, la végétation devenait luxuriante. Ces exemples font sourire les sceptiques, mais des expériences réalisées en laboratoire ont mis en évidence la baisse de tension et la diminution de consommation d’oxygène chez les sujets en état de méditation. Les soufis pratiquant la musique traditionnelle, insistent sur ce point: c’est la façon de jouer qui compte, et non la mélodie que l’on joue; par contre, lorsqu’il s’agit de la musique sacrée, la forme se montre beaucoup plus déterminante.

Le caractère mystique de la musique iranienne est indéniable; le chant est au service da la poésie mystique et tous les soufis en approuvent la pratique comme un moyen d’élévation..
Les Persans considèrent comme mystiques la sonorité et la jeu de certains instruments, notamment le
setâr au timbre très fin, et le ney qui est lui-même une voix.. Le târ est plus extérieur, mais réputé plus parfait, plus complet, et le santur qui livre toutes les notes du mode par phénomène de résonance harmonique, peut provoquer une ivresse sensorielle.

l’enseignement de la musique traditionnelle

Les écoles

Autrefois les élèves se retrouvaient à des cours donnés par des musiciens de bonne renommée, et par une fréquentation assidue apprenaient non seulement le répertoire, mais s’imprégnait de l’esprit et du style de leur maître. Au début du siècle, ces classes étaient nombreuses à Téhéran, et en plus des bases traditionnelles, on pouvait y acquérir les éléments de solfège et de musique européenne auprès de certains artistes. Lorsque le conservatoire ouvrit ses portes en 1928, bien que nettement marqué par les méthodes occidentales, il devint un centre important pour l’étude de la tradition musicale. En 1971 fut créé le centre de préservation et de propagation de la musique traditionnelle iranienne, dépendant de la télévision nationale. Les meilleures maîtres y enseignèrent aux meilleurs élèves, lesquels firent connaître et apprécier la tradition authentique à un public enthousiaste. Après la révolution le statut du centre fut modifié, et ces activités se bornent désormais à un enseignement destiné aux amateurs, à la conservation d’archives et la lutherie. Dans certaines villes de province également, la télévision créée à de petites écoles de musique destinée aux enfants et l’on trouve des classes privées d’un niveau correct. Malgré tout, en dehors de Téhéran, d’Esfahân et à la rigueur de Tabriz, il n’est pas possible d’acquérir une formation sérieuse en musique savante.

L’enseignement

Autrefois, quand un individu voulait apprendre la musique, il était déjà plus ou moins imprégné de mélodies traditionnelles populaires ou savantes. Au contact de ces musique, il avait déjà développé un certain sens  rythmiques, et s’était  familiarisé avec les intervalles. S’il vivait dans un milieu de musiciens, il se mettait tout naturellement à jouer d’un instrument ou à chanter des chansons ou des airs. Le cas où un élève totalement ignorant se mettait à la musique sous la direction d’un professeur devait être très rare; par contre, celui qui voulait apprendre avaient déjà des notions musicales, même s’il n’avait fait que reproduire maladroitement quelques  mélodie à la mode sur un instrument. La musique iranienne est avant tout une pratique dont l’apprentissage ne nécessite presque aucune théorie. Dès ses premières leçons, l’élève apprenait un morceau.

De nos jours encore, cette approche est très courante. Dès le début, l’élève  apprend des airs, imite les mouvements de son professeur, pose ses doigts comme il le fait et essaie d’imiter sa tenue de plectre. Les airs sont d’abord très simples et destiné à former l’oreille.

Si les principes de l’enseignement non pas beaucoup changé, c’est pour la simple raison que le radif ne peut se transmettre que par voie directe. Il est presque impossible de déchiffrer correctement des partitions si l’on n’a pas une longue expérience. Le seul recours reste donc l’apprentissage auprès d’un maître.

Les instruments et leurs techniques

SANTOUR: il semble que l’origine du saint tour remonte au babyloniens et aux Assiriens. Il s’agit d’une sitar trapèze vital ou 72 cordes métalliques sont tendus sur deux rangées de neuf petits chevalets. l’étendue normale et de trois octaves. L’instrumentaliste  frappe les cordes avec des fines baguettes de noyer dont une extrémité est découpée de manière à permettre la préhension par les trois premiers doigts de chaque main, et l’autre extrémité, qui frappe les cordes, est légèrement relevée.

pour écouter un extrait musical de santour
(exige Realplayer)

TAR: le tar fut l’instrument préféré la plupart des grands maîtres de la musique savante iranienne, donc toute une floraison s’est pas nui particulièrement en dix-neuvième siècle mais tard n’en demeure pas moins très en faveur de nos jours.
On ignore à quelle époque exacte remonte son origine. Les spécialistes le situent cependant autour du XVIIIe siècle. Le tar appartient à la famille des luttes.sa caisse de résonance à double renflement est en voie de mûrier et la forme sa table évoque de coeurs réunis par les pointes.on joue avec un plectre fait généralement d’une lamelles de l’aiton serties dans une boulettes de cire.l’étendue et d’environ deux octaves et demie.
la très fine membrane qui recouvre la table cf. instruments une chaude couleur sonore qui se marie particulièrement bien avec le zarb.

SETAR: le setar dérive de l’une des plus anciennes familles de lutte(tanbour), dont on trouve des ancêtres dans l’Iran trait islamique. En le joue en passant les cordes avec l’angle de l’index droit, effleurant dans le même mouvement les cordes à vide pour obtenir un effet de pédales.par sa sonorité confidentielle et raffiné, il est l’instrument préféré des lettrés.

pour écouter un extrait musical de setar


(exige Realplayer)

GUEICHAK:sorte de vielle à archer, dans le corps de formes complexes et sculptée dans un bois, sa table d’harmonie est constituée d’une membrane. Cet instrument pourrait être un des ancêtres du violon continental. Il est surtout joué dans le est de l’Iran.

NEY: les miniatures persanes le représentent sous sa forme actuelle autour du XIIIe siècle.Mowlana Rumi le célébra dans son fameux Masnavi.
Le ney est l’instrument préféré des mystiques. Il a une sonorité très envoûtante.l’étendue de instruments est, selon le musicien, de deux octaves et demie

ZARB: tambour-calice à la caisse en bois creusé dans la masse et à unique peau, jouer avec les deux mains suivant une technique digitale extrêmement élaborée, est devenu familier aux musiciens et mélomane européen. Cet instrument est considéré par les spécialistes comme une des plus complexe percussion orientale, au même titre que la tabla indien.

Les modes et les rythmes

Les modes

Le système modal persan est composé de 12 modes différents. Ces modes appartiennes eux même à un ensemble plus large appelé Dastgah.

Dastgahe SHOUR, est le système le plus utilisé dans la musique persane. Il répertorie toutes les musiques folkloriques iraniennes. Par sa structure équilibrée, c’est le mode le plus apprécié des iraniens. Il compte 5 formes différentes qui ont chacune leur propre spécificité: Abou-ata, Dashti, Korede Bayate, Bayate Tork et Afshari
L’échelle d’intervalle de ce système est la suivante :

( 3/4 ; 3/4 ; 1 ; 1 ; 1/2 ; 1 ; 1 )

Dastgahe Mahour, est un système très ancien, connu des Zoroastriens, et qui semble être à l’origine du mode majeur occidental. Il se caractérise par sa légèreté. De ce point de vue, Mahour est le mode de la joie .Ses intervalles sont :

( 1 ; 1 ; 1/2 ; 1 ; 1 ; 1 ; 1/2 )

Ce Dastgahe n’a pas de modulations secondaires.

Dastgahe Homayoun, est par excellence le mode de la méditation. Il combine spiritualité et nostalgie:

( 3/4 ; 5/4 ; 1/2 ; 1 ; 1/2 ; 1 ; 1 )

Sa seule modulation est esfahan qui s’apparente à un mode mineur où la sixte est diminuée d’ 1/4 de ton.

Dastgahe SEGAH, est un mode apprécié dans l’ouest de l’Iran; il fait aussi partie de la musique d’Azerbijan (Turquie occidentale). Il a comme spécificité de posséder trois quarts de ton:

( 3/4 ; 1 ; 3/4 ; 1 ; 3/4 ; 1 ; 3/4 )

Gousheye mochalef, est une modulation où il y a polarisation sur la sixte.

Dastgahe TCHARGAH: il s’agit du Dastgahe le plus stéréotypé en occident. Il a un sonorité typiquement « orientale ». Selon les spécialiste le Tchargah est un des modes les plus anciens du système persan:

( 3/4 ; 5/4 ; 1/2 ; 1 ; 3/4 ; 5/4 ; 1/2 )

Dastgahe NAVA est le mode de l’enchantement. Il s’apparente à Shour, mais se différencie par la présence d’une quarte qui lui confère une étrange dimension.

( 1 ; 1/2 ; 1 ; 1 ; 3/4 ; 3/4 ; 1 )

Dastgahe RASTPANJGAH, est le Dastgahe le plus complet de tous car il permet à l’interprète de jouer tous les autres modes à l’exception de Tchargah. Sa structure ressemble à un mode majeur dont la sensible serait abaissée d’un quart de ton:

( 1 ; 1 ; 1/2 ; 1 ; 1 ; 1/2 ; 1 )

Les rythmes

Le système rythmique persan n’est pas aussi complexe que le système indien par exemple. Sa complexité réside dans sa vitesse d’exécution. De manière générale, la majeur partie des pièces empruntent des rythmes de 2/4, 3/4 et 4/4.

Les musiques folkloriques ont une préférence pour un rythme composé de 6/8. Les Tcharmezrab, pièces rapides, sont exécutées dans des rythmes de 4/16 ou de 6/16.

Il existe toutefois un système de rythmes échappant à une analyse mathématique. Il s’agit des phrasés du chant persan. Étant donné la complexité du système, nous ne jugeons pas utile de le développer ici.

Chants et musiques du Kurdistan


La musique kurde est à l’exacte frontière du monde persan, turc & arabe. Fruit d’exil et de rencontres, Azadî (la liberté), par son alchimie intérieure, propose une interprétation créative du répertoire kurde et porte haut cette culture mésopotamienne. Puisant à la source du métissage, la formation porte en elle la force d’une mémoire rude et la rage d’un présent qui chemine à travers les obstacles d’une identité longtemps contestée…

La musique traditionnelle du Kurdistan pourrait se définir comme la somme du fond mésopotamien et des multiples influences qui l’ont patiemment modelée. Le maqam des Arabes et des Turcs, les dastgah persans y ont naturellement oeuvré, l’ont enrichie, dans une démarche, d’ailleurs, d’échange réciproque. Sur le plan des échelles musicales, du rythme, peu de choses distinguent la musique kurde d’Iran, de la musique iranienne, par exemple. Les répertoires turcs et kurdes ont adapté aux mélodies de l’un les textes de l’autre et inversement.

Pourtant, la musique kurde résonne avec une énergie bien particulière. Une force, une rage, souvent un désespoir poignant l’imprègnent. Les chants de village, à l’image des danses, piétinent sauvagement un sol qui est au centre même de l’âme kurde. Dans les dengbej, les chants de barde, le chanteur atteint des sommets d’expression par une utilisation de la voix proche de la saeta andalouse, par un engagement total dans un acte musical et civique.

Formation composée de quatre musiciens, Azadî perpétue cette tradition musicale kurde.

Yüksel et Erdal Akyüz sont originaires de Karayazi, au nord du Kurdistan. Ils ont appris la musique d’abord dans le cercle familial, leur père et leur mère étant d’excellents chanteurs de dengbej ; ensuite  au sein de leur communauté. La musique faisant intégralement partie de la vie quotidienne, ils ont absorbés rapidement un répertoire important de chants d’amour, de travail, d’exil,  de révolte. Yüksel, l’aîné, donne à sa voix des accents de rage. Dans les dengbej, révolte et nostalgie rivalisent d’énergie et d’intériorité. Excellent joueur de saz, il colore le chant par son jeu mélodique et rythmique.

Erdal, son jeune frère, intègre à son expression  vocale une ornementation et un vibrato d’ une grande subtilité. Cette  complémentarité leur permet de créer un véritable kaléidoscope de la musique mésopotamienne.


Titulaire d’un prix de piano et de musique de chambre,
Judith Lorach possède une solide formation en musique classique occidentale. Elle étudie depuis plusieurs années le chant et l’alto arabo-andalou sous la direction de Rachid Guerbas à Bourges, et se produit avec l’ ensemble Albaycin. Initiée au répertoire kurde par Yüksel Akyüz, elle accorde un soin particulier au choix du répertoire, ainsi qu’à l’exactitude de l’intonation et de la prononciation. Elle fait preuve d’une authenticité remarquable dans l’interprétation de la musique kurde.

 

Après des études de piano au conservatoire de Genève, Pierre Blanchut se passionne pour la percussion persane, dont il commence l’apprentissage avec Dariush Zarbafian, qu’il a ensuite accompagné dans de nombreux concerts. Il a régulièrement joué aux cotés de musiciens iraniens comme Farshad Soltani et Mahmoud Rahnavard et a bénéficié en Iran, des précieux conseils de maîtres tels Bahman Rajabi et Korush Bozorgpur. Fondateur avec Luis Barban de l’ensemble Esfahan, il décline son goût pour les musiques extra-européennes dans de multiples rencontres avec la musique indienne, il s’est produit aux côtés de Shankar Gosh, de Debashish Brahamachuria . Par sa connaissance des répertoires voisins de la musique kurde, il trouve une place toute naturelle au sein du groupe Azadî.

Est-il si étonnant qu’une musique portée à ce point au métissage intéresse des musiciens occidentaux ?

Judith Lorach et Pierre Blanchut, portant un véritable intérêt à cette musique, se sont patiemment fondus dans son répertoire, y apportant leur goût pour l’arrangement et l’instrumentation, leur sens des nuances, leur passion.  Ce métissage respecte l’esprit de la musique kurde et en atteste la vigueur…

Cuisine iranienne


La cuisine d’Iran est diverse, chaque province ayant ses propres plats aussi bien que ses styles et traditions culinaires, distinctes selon leurs régions.

Cela inclut une grande variété de plats comme par exemple le chelow kabab (barg, koobideh, joojeh, shishleek, soltani, chenjeh), khoresht (un ragout servi avec du riz blanc Basmati ou Persan: ghormeh sabzi, gheimeh, et autres), aash (une soupe épaisse), kookoo (une sorte de tarte-omelette à base de légumes et/ou de viande), polow (du riz cuit avec de la viande et/ou de légumes et des herbes, dont le loobia polow, albaloo polow et autres) et une grande diversité de salades, de patisseries et de boissons spécifiques aux différentes régions d’Iran. La liste des recettes perses, des entrées et des desserts est extensive.

La nourriture iranienne n’est pas épicée. Les herbes sont beaucoup utilisées, de même que les fruits tels que prunes, grenades, raisins, coings ou autres. La plupart des plats perses sont une combinaison de riz avec de la viande, poulet, agneau ou poisson et beaucoup d’ail, d’oignon, de légumes, de noix et de fines herbes. Pour atteindre un gout délicieux, des épices Persanes telles que le safran, les limes séchés, la cannelle et le persil sont délicatement mélangées et utilisées dans des plats spéciaux.

Table traditionnelle iranienne

La configuration de table traditionnelle iranienne implique premièrement la nappe, appelée sofreh, qui est traditionnellement brodée de prières traditionnelles ou de poésie, et qui est étendue sur un Tapis persan ou une table. Les plats principaux sont concentrés au centre, entourés de plats plus petits contenant les entrées, les condiments, les accompagnements ainsi que le pain, qui sont tous rapprochés des convives. Ces derniers plats sont appelés mokhalafat (accompagnements). Quand la nourriture a été amenée, on invite tous les convives assis autour du sofreh à se servir.

Accompagnements essentiels

Certains accompagnements (mokhalafat) sont essentiels pour chaque iranien au déjeuner (nahar) et au dîner shahm) quelle que soit la région. Ceux-ci incluent, avant tout, un plat de fines herbes fraîches, appelé sabzi (basilic, coriandre, estragon, persil…), différents pains plats appelé nan ou noon (sangak, lavash, barbari), du fromage (appelé panir similaire à la feta), des concombres, oignons et tomates épluchés et tranchés, du yaourt et du jus de citron. Les conserves au vinaigre perses ( khiyarshur pour les cornichons, torshi pour d’autres mélanges) sont aussi considérés comme essentiels dans la plupart des régions. Le torshi est une spécialité de légumes frais coupés en fins morceaux, assaisonnés et conservés dans du vinaigre.

Le thé (chai) est servi au petit déjeuner et immédiatement avant et après chaque repas au déjeuner et au diner mais aussi tout le long de la journée. Les méthodes traditionnelles de préparation et de dégustation du thé diffèrent selon les régions et les gens.

Variétés de riz

On pense que le riz (berenj en persan) a été amené en Iran depuis l’Asie du Sud-Est ou depuis le sous-continent indien en des temps reculés. Les variétés de riz en Iran incluent le champa, le rasmi, l’anbarbu, le mowlai, le sadri, le khanjari, le shekari, le doodi, et d’autres encore. Le riz Basmati venant d’Inde est très similaire aux variétés perses et est facilement trouvé en Iran. Traditionnellement, le riz était l’accompagnement dominant dans le nord de l’Iran, alors que le pain était majoritaire dans le reste du pays.

Méthodes de cuisson du riz en Iran

Il y a quatre méthodes principales pour cuire du riz en Iran :

  • Chelow : riz préparé en le lavant puis en le faisant bouillir, puis égoutté afin que le riz finisse de cuire à la vapeur. Cette méthode donne un riz exceptionnellement aéré dans lequel les grains son séparés et ne collent pas. Cette méthode permet aussi d’obtenir une couche de riz croustillant au fond du plat de cuisson appelé tah-digh (littéralement « fond du pot ») qui est populaire parmi les enfants iraniens. Cette cuisson du riz est la plus raffinée et difficile, car elle demande un temps de cuisson spécifique.
  • Polow : riz préparé de la même manière que le chelow, mais après l’égouttage du riz, d’autres ingrédients sont ajoutés à celui-ci et ensuite cuits ensemble à la vapeur.
  • Kateh : le riz est cuit jusqu’à ce que toute l’eau soit absorbée. C’est aussi le plat traditionnel du Gilan (décrit en détail plus bas). Les grains sont plus collés mais restent légers, grâce à la finesse du riz utilisé.
  • Damy : cuit pratiquement de la même façon que le kateh, sauf que la chaleur est réduite juste avant l’ébullition et un torchon est placé entre le couvercle et le plat de cuisson pour éviter que la vapeur ne s’échappe.

Variétés de pain

Il y a quatre sortes principales de pain non-levé iranien :

  • Nan-e barbari : épais et de forme ovale.
  • Nan-e lavash : fin, croustillant et rond ou ovale, c’est aussi la plus vieille forme de pain connue au Moyen-Orient et en Asie centrale.
  • Nan-e sangak : pain de forme ovale cuit sur la pierre. (« Sang » voulant dire pierre en Persan)
  • Nan-e taftoon : fin, souple et rond.

Les autres sortes de pain incluent:

  • Nan-e shirmal : fait exactement comme le barbari, sauf que du lait est utilisé à la place de l’eau, qu’un peu de sucre est ajouté et qui est mangé au petit déjeuner ou avec du thé.
  • Nan-e gisu : un pain arménien doux, aussi consommé le matin ou avec du thé au cours de la journée.

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Cuisines régionales

Gilan

Voir aussi Gilan: population et culture

Le Kateh est le plat traditionnel du Gilan, et est un simple riz iranien cuit avec de l’eau, du beurre et du sel jusqu’à ce que l’eau soit complètement absorbée. Cette méthode donne un riz sous forme de bloc et qui est le style dominant de préparation de riz dans la région de la caspienne. Au Gilan et au Mazandaran, le kateh est aussi mangé au petit déjeuner, soit avec du lait et de la confiture, soit froid avec du fromage iranien (panir) et de l’ail. Le kateh n’est pas fréquemment servi dans d’autres parties d’Iran, mais est couremment servi comme remède pour ceux qui sont ont attrapé froid ou qui souffrent de la grippe, mais aussi pour ceux qui souffrent d’ulcères.

La variété de riz originaire du Gilan, où elle a été cultivée depuis le IVe siècle av. J.-C., est considérée comme la meilleure en Iran.

Azerbaïdjan iranien

Le Tahchin est une façon particulière de préparer le riz, à l’origine chez les azéris. Dans ce cas, le plat est préparé au four avec un mélange de yaourt et d’épices. Ce plat a été repris par tous les iraniens. Le Koufteh Tabrizi est un plat traditionnel azéri. Il se présente sous forme d’une grosse sphère de viande hachée remplie d’épices et d’herbes fines ; elle comporte un oeuf dur en son milieu et d’autres éléments ajoutés, comme des prunes par exemple.

Plats raffinés

Ces plats sont des plats de fête qui ne sont pas consommés par toutes les couches de la population, ni pour toutes les occasions :

  • Le Tahchin est un plat azéri composé de poulet et d’épices, dont la consitance est rendue unique par un rajout de yaourt et de minuscules baies rouge sang appelées zereshk (rarement vues en occident). Le plat est cuit au four et donne une impression de grand cake doré.
  • L’Albalou Polow est un plat composé de riz, de poulet et de griottes mélangés. Ce sont ces dernières qui donnent une couleur rose pâle au riz et un goût sucré car leur jus est très coloré.
  • Le Phessen Joun est un ragout de volaille, de noix et de jus de grenade.
  • Le Chirine Polo est un plat à base de riz (voir Polow plus haut), dont le goût est sucré. Le riz est agrémenté de carottes, zestes d’oranges, raisins secs, amandes et d’épices.

Fast food, nourriture importée et adaptée

Les plats populaires pour se nourrir rapidement en Iran sont le chelow kabab (littéralement « riz et kabab »), le joojeh kabab (le même même avec du poulet grillé), nan-e kabab (littéralement « pain et kabab »), les sandwiches au kabab et quelques autres plats dérivés de plats cuits lentement. Une préférence croissante née parmi la jeune génération pour la cuisine de style américain a conduit à l’établissement de nombreux restaurants de pizza, steak, hamburger et poulet frit, mais la nourriture occidentale est parfois servie avec des accompagnements comme ceux décrits plus haut, et est souvent préparée différemment (la différence est plus notable pour la pizza). Les cuisines chinoises et japonaises sont également devenues populaires ces dernières années, principalement à Téhéran. Des restaurants indiens, italiens et méditerranéens peuvent aussi être rencontrés.

Petit déjeuner (sobhaneh)

Le petit déjeuner basique traditionnel iranien consiste en une variété de pains plats (noon-e sangak, lavash et autres), du beurre, du fromage (panir), parfois agrémenté de crème épaisse sarshir souvent légèrement sucrée) et de plusieurs confitures de fruits. Cependant d’autres petits déjeuner traditionnels populaires (qui demandent bien plus de préparation) incluent le haleem (un plat à base blé avec des petits morceaux de mouton), asheh mohshalah (une soupe épaisse), du kaleh pacheh (une soupe de tête et de pieds de mouton) ou encore d’autres plats. Ces derniers petits déjeuners sont des spécialités régionales, et beaucoup de villes en Iran possèdent leur propre version de ces plats. Le asheh mohshalah et le haleem sont préparé la nuit précédente pour être servi le matin suivant, et le haleem est habituellement servi seulement à certaines périodes de l’année (les restaurants dont c’est la spécialité ne sont ouverts qu’à ces périodes), sauf dans le sud de l’Iran, où le haleem est toujours présent. Le Kaleh pacheh est servi de 3 heures du matin jusqu’à peu après le lever du soleil, et les resturants dont c’est la spécialité (ne servant que ce plat) ne sont ouverts qu’à ces heures là.

Déjeuner et dîner (nahar va shâm)

La cuisine traditionnelle persane est faite par étapes et nécessite des heures de préparation et d’attention. Le résultat est un mélange équilibré de fines herbes, de viande, de légumes, de produits laitiers et de grains. Les accompagnements dans la cuisine iranienne qui sont traditionnellement mangé à chaque repas incluent le riz, plusieurs fines herbes (menthe, basilic, ciboulette, persil), panir (fromage de type feta à base de lait de brebis ou de vache), plusieurs sortes de pains plats et de la viande (souvent bœuf, agneau, mouton ou encore poisson). Un ragoût et du riz sont de loin le plat le plus populaire, et la constitution de ce plat varie selon la région. Le thé (chai est la boisson de choix pour quasiment toute occasion, et est habituellement servi avec des fruits, des patisseries ou des bonbons.

On peut trouver du thé en préparation à n’importe quel moment de la journée dans toutes les maison iraniennes. Le Doogh, une boisson à base de yaourt est aussi très populaire. Une des plus vieilles recettes uniques au monde est le khoresht-e-fesenjan, un ragoût de viande dans une riche sauce à base de noix et de grenade donnant une couleur brune particulière, le plus souvent servi avec du riz blanc.

Cuisine persane en Occident

Une des raisons pour laquelle la cuisine iranienne n’est pas très connue en Occident est qu’est souvent confondue avec la cuisine du Moyen-Orient, un terme beaucoup plus large et général, et cette confusion est perpétuée par les restaurants et les marchés procurant de l’authentique cuisine iranienne qui se présentent ainsi. De nombreux restaurants et épiceries iraniennes sont étiquetés moyen-orientaux, internationaux ou méditerranéens afin d’augmenter leur clientèle européenne. En réalité, la cuisine iranienne est une des plus riches et des plus vieilles cuisines du monde, et diffère grandement de ce qu’on peut trouver dans tout le Moyen-Orient. Bien que peu reconnue, la cuisine iranienne gagne en popularité dans les grandes villes multi-culturelles, telles Los Angeles ou Londres qui ont une forte population iranienne.

Boissons et desserts

La boisson traditionnelle pour accompagner les plats iraniens est appelée doogh. Cependant de nombreuses marques de Soda locales comme Zam Zam Cola ou son concurrent Parsi Cola sont largement consommés lors des repas. Coca-Cola et Pepsi Cola ont tous deux des usines possédant une licence de production et d’embouteillage à Mashhad, leurs produits n’étant surprenament pas sujets aux sanctions américaines contre l’Iran.

Les autres boissons d’intérêt sont plusieurs sortes de Sharbat et khak shir. Pour le dessert, il y a une grande variété de choix, de la glace persane au faludeh.

Boissons alcoolisées

Bien que strictement interdites après la Révolution iranienne de 1979, les boissons alcoolisées sont facilement disponibles en Iran. La boisson la plus commune est appelée aragh-e sagi, qui est produit à la maison, la meilleure sorte étant disponible dans la province de Qazvin. La vodka est le deuxième alcool le plus disponible, dont la presque totalité est importée de Russie. Quelques variétés domestiques de vodka existent, mais sont difficiles à trouver. La bière est la troisième boisson la plus courante, dont la quasi totalité est importée d’Europe du Nord via la Turquie. Comme pour la vodka, la bière locale existe mais n’est pas facile à trouver. D’autres alcools importés, comme le whisky, le gin et des vodkas d’excellente qualité de Pologne peuvent être trouvées dans quelques grandes villes, mais à un coût bien plus élevé (bien plus élevé que selon les standards occidentaux) et en tant que tels sont considérés comme des objets de luxe.

Le vin a été un élément majeur de la culture iranienne depuis l’Antiquité, et cette tradition a perduré malgré les restictions gouvernementales actuelles. Les plus grandes régions productrices de vin en Iran sont Qazvin, Orumiyeh, Shiraz et dans une moindre mesure, la Province d’Esfahan. Le vin rouge est la variété la plus courante et la plus populaire, le vin blanc étant aussi dominant au nord. Les producteurs de vin sont souvent, mais pas tout le temps de culture arménienne ou zoroastrienne, puisque les minorités non-musulmanes sont autorisées à produire du vin (et d’autres boissons alcoolisées) pour leur propre usage. Bien qu’il soit illégal pour eux de vendre du vin à d’autres Iraniens (et aux visiteurs étrangers), la règle n’est généralement pas suivie et on peut trouver du vin partout où il est produit et distribué dans le pays. Les producteurs de vins arméniens de Orumiyeh et d’Esfahan sont particulièrement connus pour leurs vins rouges pétillants et doux.

Végétarisme en Iran

Le concept de végétarisme n’est pas commun en Iran, bien que de nombreux plats végétariens existent et qu’un intérêt croissant existe sur ce sujet depuis les années 1960, particulièrement parmi les jeunes. Les plats végétariens les plus populaires sont :

  • Kashk-e baademjan
  • Kookoo-e baademjan
  • Kookoo-e gol-e kalam
  • Kookoo-e sabzi qui accompagne habituellement Sabzi-polo ba Mahi
  • Mirza ghasemi
  • Naaz khatoon
  • Nargesi esfenaaj
  • Borani esfenaaj

 

Résumé de l’histoire de la musique en Iran :

Avant de faire une étude sur l’histoire de la musique en Iran, il faut faire attention sur quelques points :

D’abord nous devons reconnaître que l’Iran antique avait un territoire grand et vaste qui contenait à peu près 30 pays d’aujourd’hui et donc il contenait des populations, des religions et des cultures diverses. Ainsi, dans cette étude nous n’avons pas affaire à une culture homogène ; toutes ces populations, en vivant côte à côte, ont pu atteindre le progrès et ont pu se mettre dans la voie du développement et donc chaque population peut compter ses réussites sur son propre compte aussi.

Après la conquête des arabes en Iran et quand les iraniens sont devenus musulmans, les arabes ont été vaincus sous les influences de la culture iranienne car eux-mêmes n’avaient pas une culture riche et donc ils ont accepté facilement la culture iranienne et pour développer cette culture iranienne, ils ont essayé de créer une riche culture Islamique dont son origine était la même culture antique iranienne.

Dans les premiers siècles de la création de la culture Islamique, c’est à dire jusqu’à l’époque du gouvernement des Abbassi, il éxistait une culture unique dans tout le territoire Islamique mais après le temps où les différents pays sont devenus dépendants, ils ont ajouté leur propre culture régionale à la culture originale ; c’est pour cela qu’il y des points communs dans la culture et l’art entre les pays musulmans. Mais la plupart des orientalistes, dans l’étude de l’histoire et de la culture d’Orient, par erreur, croient que ces points communs viennent de la culture arabe.

 

Nous pouvons diviser l’histoire de la musique en Iran en deux grandes parties essentielles :

a)l’époque avant l’Islam

b)l’époque après l’Islam

Dans l’étude sur l’époque avant l’Islam, nos documents valables se réduisent à des gravures, des sculptures et des dessins sur les plats et les assiettes qui commencent 1500 ans avant J.C.

Sur les sculptures trouvés dans les fouilles à  » Shoush  » en Iran antique, on a remarqué un instrument de musique qui ressemble à tambour d’aujourd’hui et qui est une présentation d’un instrument mélodique de cette époque. Dans les sculptures à  » Taghe Bostan « , on a remarqué un groupe de musiciens qui jouent de la harpe et de la flûte.

Nous n’avons pas d’autres informations sur le modèle de la musique et ces informations aussi se réduisent aux livres historiques et aux poésies antiques.

Mais dans l’époque après la conquête des arabes en Iran et jusqu’à la fin du premier siècle du gouvernement Islamique, toutes les musiques étaient interdites (dans les années 11 à 41 de l’hégire lunaire) avec le gouvernement des Bani Ommayeh, la musique devint peu à peu libre et jusqu’à l’époque des gouverneurs Abbassi, la musique théorique et nationale de l’Iran Islamique arriva à son sommet. A cette époque, les savants comme Farabi, Ave Sina, Khadjeh Nassireddine Toussi, Ebne Zeileh, Safieddine Armavi, Abdol Ghader Maraghi, … ont fait des recherches et ils ont écrit des études et ils ont donné des thèses théoriques et pratiques sur la musique.

Avec l’apparition du Chiisme en Iran et avec le gouvernement des rois Safavis, la musique en Iran changea de caractères et elle se sépara de la musique de l’époque Islamique et le caractère iranien de la musique augmenta jusqu’à l’époque des Ghadjarieh.

Un autre système qui apparut et se compléta à l’époque Safavi s’appelait  » Dastgah  » (instrument). Les musiciens doués ont professé oralement à leurs élèves des instruments de musique comme  » Tar « ,  » Setar « ,  » Kamantcheh « ,  » Ney « ,  » Santour  » et à cette même époque, les notes musicales sont parvenues en Iran et l’institution orale de la musique iranienne chez les professeurs iraniens se modifia en notes écrites qui s’appela  » Radif « .

 

La musique persane


 

Ce qui de nos jours, est appelé communément musique traditionnelle persane, semble être un pâle reflet d’un héritage trois fois millénaire.

L’histoire place le début de cette tradition autour du VIème siècle avant J.-C. sous la dynastie des Achéménides.Les bas reliefs de Persepolis décrivent des cours impériaux plongé dans des ambiances musicales.

Dès cette époque, la musique était intimement liée aux rituels religieux des Zoroastriens. Il perdure de nos jours, d’ancestraux fragments de chants de cette époque.

Avec l’avènement de l’Islam au VIIème siècle après J.-C., l’interdiction des arts, touchant la musique, la peinture
et le zoroastrisme, a radicalement modifié l’évolution de la musique.
Dès cette période la tradition musicale véhiculait dans des milieux d’initiés et se transmettait de génération en génération.

Au cours de ces sombres années, débute alors un processus de perte du répertoire original, et parallèlement une évolution en fonction de l’apport de la culture islamique.
Il convient de noter ici, l’influence non négligeable de la culture persannedans l’art islamique. De même, il est intéressant de remarquer que le système musical arabo-turc empreinte les même expressions que le système persan. Il s’agit dans la majeur parti des cas, d’anciennes expressions utilisées dans les cours royales d’avant l’Islam.

Le XXème siècle voit l’Iran se lancer dans une course effrénée dans la modernité, sous le règne de Pahlavi (le Shah). Cela accentuera d’avantage l’acculturation musicale.

La révolution islamique de 1979, en interdisant toute source occidentale, a contribué malgré elle à un nouvel
essor de la musique traditionnelle. Il est en effet très intéressant de remarquer à quel point, la génération actuelle
se passionne pour cette musique ancestrale.

Nowrouz

Le printemps est là ! Vive le Printemps !

« Nowrouzetan Pirouz »

(Que votre Nowrouz soit glorieux)

 

 

Nouvel An persan, jour de l’équinoxe du printemps, symbole universel de renaissance

Nowrouz est généralement considéré comme le jour de l’an iranien. Le 21 mars, jour du printemps, ‘Nowrouz’ mot persan (signifiant « nouveau jour ») prend l’allure de la principale fête civile de l’année en Iran. Mais la célébration du renouveau de la nature dépasse ses frontières. Du Kurdistan (‘Newroz’) à l’Afghanistan (‘Naurouz’), en passant par l’Ouzbékistan et le Tadjikistan, mais aussi pour les parsis ou zoroastriens de l’Inde, sans oublier la communauté iranienne en exil (partout en Europe et en Californie), cette célébration donne lieu chaque année au printemps, à des fêtes en Asie Centrale, dans les plus anciennes traditions religieuses et populaires.

Le 21 mars est considéré comme le premier jour de l’année selon le calendrier solaire hérité du zoroastrisme, une religion qui vénérait les éléments naturels et qui prêchait la bonne parole, la bonne pensée et la bonne action.

C’est pour célébrer le fait que la Gloire divine ait donné le trône au Roi des rois qu’a été instituée la fête de Now Rouz, le « Nouveau Jour », c’est-à-dire le premier jour du Nouvel an, qui commence avec l’arrivée du princtemps. Persépolis avait d’ailleurs été crée à cet effet par Darius, pour fêter Now Rouz. Ce jour-là, le monde se rassemblait autour du trône du roi, lui rendait hommage et faisait la fête avec du vin, musique et danse.

Aujourd’hui en Iran, les festivités durent treize jours en l’honneur du début de la saison de la croissance. L’avènement de ce « nouveau jour » ou du « jour du renouveau » est l’occasion d’importantes festivités très ritualisées en Iran. Le feu, élément très important des différents « temps » de Nowrouz, rappelle la dimension zoroastrienne de la célébration. :

·         la fête de Chahar-Shanbeh Souri (la fête du mercredi), qui marque la fin de l’hiver, a lieu le dernier mercredi qui précède le Now Rouz. Ce jour-là, les gens ramassent des rameaux secs, des broussailles du désert ou du petit bois, en font sept fagots, les entassent dans la cour ou dans la rue et les enflamment au coucher du soleil. Ils sautent alors par-dessus le feu.

·         Une autre pratique courante à cette occasion et pendant les fêtes de Now Rouz consiste à brûler des semences de riz (esfand) ou de l’encens (oindor) contre le mauvais œil et les mauvais esprits.

·         Dès le mardi qui précède le 21 mars, commencent les réjouissances par la fête des enfants. Des aliments, des plantes comme les sept végétaux dont le nom commence par un « S » (en persan), apportent leurs valeurs symboliques et participent aux cérémonies du changement d’année. L’œuf, symbole de la fertilité, est omniprésent, plus ou moins richement décoré. Le Coran a pu prendre place dans ces rituels après avoir été, parfois, le symbole de l’ennemi : des versets sont lus tant en public qu’en privé mais cohabitant très étroitement avec l’œuvre de Hafez, le poète iranien par excellence, dont les textes sont exaltés en ces temps de Nowrouz. Habits neufs, billets de banque neufs, la nouvelle année commence avec Nowrouz !

La fête s’étale sur treize jours, pendant lesquels chacun rend visite aux parents, en commençant par les plus âgés de la famille. Surtout, chacun communie le plus possible avec la nature renaissante. Cela se traduit, le treizième jour de l’année, par des pique-niques gigantesques, à la campagne, sinon dans les parcs publics. Car il faut absolument pour Nowrouz sortir des maisons – que l’on a nettoyées de fond en comble et repeintes – pour secouer dehors les miasmes de l’hiver et surtout chasser les mauvais esprits. Un défoulement total allié à une communion cosmique avec la nature dont on attend qu’elle préserve du mal et chasse le malheur. En somme, le réveil de la vie…

Principes et pratique du droit iranien


Structure d’encadrement

Le Clovis de l’Iran est Cyrus le Grand (v. 600 av. JC-529 av. JC), fondateur de l’Empire perse et l’unificateur de l’Iran, il y a plus de 2500 ans (v. 550 av. JC). La volonté de Cyrus fut de fonder un empire cohérent que seuls la diplomatie, la tolérance en matière religieuse et politique, l’intégration des particularismes des peuples de son empire et un esprit magnanime permettaient de constituer (la Charte des libertés de Cyrus rédigée au moment de sa conquête de Babylone en 539 avant J.C. est connue comme l’un des documents nécessaires à l’étude d’une évolution des droits de l’homme). Platon dans son dialogue des Lois ou encore Xénophon, le décrivent comme un « roi juste » dont le règne aurait été synonyme de paix, de prospérité et de tolérance dans un monde en proie aux tumultes.

Depuis ce temps, l’Iran (la Perse, jusqu’en 1935) a été gouvernée par une série de dynasties mèdes, perses, parthes, heleniques, arabes, etc. Malgré des invasions successives, le pays a su garder ses traditions millénaires. D’abord zoroastrien (mazdéisme), le pays n’adoptera le Chiisme, branche de l’Islam, comme religion officielle que sous la dynastie des Safavites (1501-1722 après JC). L’influence des puissances européennes (Russe et Anglaise) sur le pays est allée croissant, notamment sous la dynastie des Qajars (1795-1925). [Dates clés de l’Iran]

La première constitution iranienne date de 1906, instaurant un régime de monarchie constitutionnelle. Une série de législations a par la suite été instaurée sur le modèle des droits occidentaux (notamment les codes Napoléoniens), en droit civil, droit pénal, droit commercial et droit de la famille. La modernisation du droit iranien date de la période de Reza Shah et de Mohamad Reza Shah entre 1925 et 1978. La loi sur la protection de la famille de 1967 modifiée en 1975, par exemple judiciarise le divorce et soumet la polygamie à autorisation judiciaire et à des cas limités.

La révolution islamique de 1979 met fin à la dynastie Pahlavi et à la forme monarchique du pouvoir. Elle instaure pour la première fois dans l’histoire du pays, une République islamique en suspendant l’application des lois non conformes aux principes religieux. La nouvelle Constitution de 1979, modifiée en 1989, soumet dans son article 4, toute législation civile, pénale, financière, économique, culturelle, politique ou militaire au respect des principes religieux définis par le clergé. Son article 12 définit l’Islam comme la religion d’Etat, en accordant en principe du moins, la liberté religieuse aux minorités.La révolution islamique a ainsi réinventé l’Islam politique en le traduisant en termes politiques, juridiques et constitutionnels.

Aujourd’hui le cadre institutionnel iranien est complexe et se veut le reflet de deux légitimités à la fois théocratique et démocratique. Une légitimité démocratique et politique, d’une part, issue du suffrage populaire (qu’il s’agisse du pouvoir législatif ou du pouvoir exécutif) et une légitimité religieuse, d’autre part, incarnée en priorité par le Guide de la Révolution (Chef de l’Etat) mais ausi par une série de structures islamiques d’encadrement institutionnel qui font la particularité du régime (comme le Conseil des Gardiens de la Constitution, le Conseil de discernement de l’intérêt supérieur du régime et l’Assemblée des experts). Enfin, le pouvoir judiciaire reste contrôlé par le Chef de l’Etat.

Si le système judiciaire jouit d’une forte indépendance de principe par rapport aux autres pouvoirs, dans les faits cependant, les différents tribunaux sont en grande majorité contrôlés par les religieux. Cette situation rend difficile la mise en oeuvre d’une politique pénale unifiée et, par là même, autorise une grande hétérogénéité dans les jurisprudences des divers tribunaux. Surtout, les juges constituent un moyen de pression important sur la presse et les députés réformateurs. Des journaux ont ainsi été interdits et les députés condamnés pour infraction à la Charia.

Les sources du droit iranien sont :

  • Le droit musulman notamment la Charia
  • La Constitution de 1979, amendée en 1989
  • Les lois votées par le Parlement et les codes :
    • Code civil 1928-1935 (modifié substantiellement en 1982)
    • Législation sur la protection familiale de 1967 modifiée en 1975 et abrogé en 1992
    • La loi instaurant les tribunaux civils spéciaux de 1979
    • La loi de 1992 modifiant les lois sur le divorce (Talagh), fortement inspiré du droit musulman
  • Sources informels (e.g., coutume, principes révolutionnaires, etc.).

 

Aller plus loin :

La condition des femmes iraniennes


© par Zia Oloumi, Docteur en droit

 

Pour comprendre la place des femmes en Iran, il est utile d’abord de se plonger dans les récits mythologiques perses. Les vestiges archéologiques prouvent que la civilisation en Iran date de 6000 ans avant J.-C. Mais la première mention précise d’une tribu iranienne, les Mèdes, se trouve dans des textes assyriens du IXe siècle avant J.-C. On trouve beacoup d’informations sur les Iraniens de l’Antiquité, leurs dieux et la création de leur univers dans les textes religieux des zoroastriens, qui comprennent l’Avesta et des sources ultérieures comme le Bundahishn et le Denkart.

Durant les millénaires de l’histoire de l’Iran, la place sociale de la femme iranienne a toujours été liée à la nature du régime qui gouvernait l’Iran. Ainsi la femme iranienne est passée d’une position de quasi-égalité avec l’homme à une position de totale soumission.

·         La période pré-islamique

·         La période post-islamique

·         Modernisation du pays et acquisition de droits politiques et civiles importants pour les femmes (1931-1979)

·         La période d’après la révolution islamique (à partir de 1979) : de la ségrégation à l’apparition d’une vraie identité féminine

La condition des femmes iraniennes dans culture iranienne clip_image001clip_image002 dans culture iranienne



La période pré-islamique

Beaucoup d’information sur les Iraniens antiques, les dieux des Aryens et la création de leur monde viennent des textes sacrés des zoroastriens, dont le prophète, Zoroastre (forme hellénisée du persan Zarathustra), a peut-être vécu en Chorasmie, une région de l’Asie centrale, ou même plus loin encore vers le nord-est. Le livre saint des zoroastriens l’Avesta, dans sa version originel, écrit en avestique, lanque d’Iran oriental, doit avoir été rédigé entre 1400 et 1200 avant J.-C. environ. Parmi les mythes évoqués dans l’Avesta, il y a des récits d’origine très ancienne, prézoroastrienne, appartenant probablement à l’ère païenne indo-iranienne. Ils racontent les exploits héroïques accomplis par les dieux, les rois et les guerriers contre des ennemis à la fois surnaturels et humains. Beaucoup de ces mythes sont repris dans le Shah-Nameh ou Livre des Rois, l’épopée versifiée que le poète Ferdowsi a achevée en 1010 après J.-C. C’est ainsi que des sources écrites, parallèlement à une puissante tradition orale, ont conservé vivants les mythes et récits de la Perse jusqu’à nos jours.

Au sein de l’Avesta, les dieux, héros et créatures fabuleuses apparaissent surtout dans les Yashts. Le Yasht V (Aban Yasht), est consacré à la déesse Ardvi Sura Anahita. Dans la mythologie iranienne, Anahita symbolise la prépondérance du rôle de la femme dans la société. Anahita était la déesse de toutes les eaux à la surface de la terre et la source de l’océan cosmique, de la pluie, de l’abondance, de la fertilité, des unions, de l’amour, de la maternité et de la victoire. Elle conduit un char que tirent quatre chevaux : vent, pluie, nuage et neige fondue. On voit en elle la source de vie, celle qui purifie la semance de tous les mâles et le ventre de toutes les femelles, qui assure la propreté du lait dans les seins de toutes les mères. En raison de son lien avec la vie, les guerriers la priaient dans les batailles, pour qu’elle leur accorde de survivre et de remporter la vistoire. Anahita est décrite sous les traits d’une jolie jeune fille au corps ferme, élancé et pur. Dans l’Avesta, Anahita est adorée à la fois par les héros et par leurs adversaires. Tous la prient et lui offrent des sacrifices. Le statut très élevé de cette déesse apparaît le plus clairement dans la lutte entre le Bien et le Mal et dans l’affrontement entre les rois d’Iran et ceux du Turya (Touran), pays situé au nord-est de l’Iran. C’est d’ailleurs du fait de ce statut très élevé de la déesse que les couronnements royaux avaient lieu au Temple d’Anahita.

Les religions révélées (Judaïsme, Christianisme, Islam), considèrent que l’homme et la femme furent créés séparément et que le pêché originiel a été commis par la femme. Contrairement à cette croyance, les mythes perses font naître les premiers homme (Mashya) et femme (Mashyane) mortels d’une rhubarbe qui aurait elle-même germé de la semence purifiée par le soleil de Gayomartan (Kiyumars dans le Shah-Nameh). Gayomartan vivait sur l’une des rives du fleuve qui coule vers l’est au sortir de la mer Vourukasha. Sur l’autre rive vivait le taureau primordial.

Les Iraniens de l’Antiquité croyaient que la première partie du monde à avoir été créée était le ciel. Ils le voyaient à l’origine comme une coquille vide, ronde, en cristal de roche, qui passait à la fois au-dessus et au-dessous de la terre. Puis fut créée l’eau, suivie par la terre. Ensuite vinrent les plantes et les animaux. Les êtres humains furent la sixième création et le feu probablement la septième et dernière. Le premier animal au monde fut dans cette mythologie, le « taureau primordial », de couleur blanche et aussi brillant que la lune. Suivant la tradition zoroastrienne, il fut tué par l’Esprit du Mal (Angra Mainya), et sa semence fut transportée jusqu’à la lune. Après avoir été profondément purifiée, elle donna naissance à de nombreuses espèces animales. Une partie de la semence, tombée sur le sol, germa aussi en plantes.

Selon les mythes perses, Gayomartan, qui vivait de l’autre rive du fleuve et qui était présenté comme le premier homme, fut aussi tué par l’Esprit du Mal, mais le soleil purifia sa semence et, qurante ans plus tard, une rhubarbe en germa. Elle se développa lentement en Mashaya et Mashayane, le premier homme et la première femme mortels. Pour les Aryens, l’homme et la femme furent donc créés non pas séparément mais en même temps. Enjôlés par l’Esprit du Mal, ils se tourneront vers lui, le prenant pour leur créateur, et cont ainsi commettre le premier péché. Le péché originel pour les Aryens n’est donc pas le fait seulement de la femme, mais il est commis à la fois par la femme et par l’homme. Au lieu de connaître la paix et l’harmonie, le monde s’emplira alors de corruption et de mal. C’est seulement cinquante ans plus tard qu’ils parviendront à avoir une descendance, des jumeaux, qu’ils mangeront. Ils resteront ensuite longtemps sans enfant. Enfin naquit une nouvelle paire de jumeaux, dont sont issus non seulement la race humaine en général, mais spécifiquement les peuples iraniens.

Des statues découvertes lors de fouilles archéologiques à Suse et sur d’autres cités mésopotamiennes ont révélé la morphologie de la femme iranienne en ce temps et renseignent sur sa vie. Sous la dynastie des Sassanides, la mère du Roi avait le plus haut rang féminin et suivaient après elle respectivement, la mère du prince héritier, les filles et les soeurs du Roi, bien que toutes avaient jouissance d’un certain pouvoir à la cour. D’autres pièces révèlent que les hommes comme les femmes avaient droit à un salaire. A cette époque, les femmes disposaient d’une indépendance économique. Certains métiers étaient autorisés aux deux sexes et d’autres étaient exclusivement réservés à l’un ou à l’autre. Les femmes de condition ordinaire avaient le droit de posséder des propriétés et de les vendre à leur guise. Comme les hommes, elles étaient tenues de payer des impôts.

De plus récentes découvertes archéologiques ont démontré l’existence de femmes dirigeantes d’entreprises. A cette même époque, les femmes avaient atteint des hauts rangs militaires dans les métiers d’armes.

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La période post-islamique

Cette période a connue un déclin général du rôle social de la femme iranienne. La plupart de leurs droits ont été abolis et elles furent écartées de toute participation dans les sphères politiques et civiles. Le port du voile comme seule tenue islamique autorisée devint obligatoire. La polygamie devint la règle et les lois familiales avantageaient désormais exclusivement les hommes.

Durant le XIXème siècle, quelques femmes ont cependant marqué l’histoire iranienne comme Fatémeh, née en 1814, qui devint une des figures du Mouvement Babi (Bahaïs) et fut la première femme à paraître non voilée en public. Le Mouvement Babi s’est engagé pour l’émancipation féminine et a continué à apporter son soutien aux ligues féministes iraniennes. Des activistes telles que Khorshid Khanoum et Roustameh voyageaient alors à travers le pays pour sensibiliser les foules au sujet de l’émancipation féminine. Les femmes de la cour royale de la dynastie des Qajars étaient nombreuses à soutenir l’audacieuse initiative de Fatémeh malgré le fait qu’elle était perçue comme radicale. Fatémeh a été pendue en 1852 pour avoir attenté à la vie du Roi Nasser-Eddin Shah.

Pendant la seconde moitié du XIXème siècle, la contestation gagne les plus hauts niveaux : Taj Saltaneh, la fille de ce même Roi, Nasser-Eddin Shah, a consacré une partie de ses mémoires autobiographiques à une longue description révélant les conditions déplorables de la femme iranienne. Elle y critique le port obligatoire du voile et souligne le fait que les femmes étaient tenues à l’écart de tout progrès et de la jouissance d’une quelconque forme de liberté en raison de cette tenue obligatoire et stricte.

Plus tard, lors de La Révolution Constitutionnaliste de 1906, les femmes se sont fait remarquer notamment dans la ville de Tabriz (dans l’Azarbaidjan iranien). On peut à ce titre citer l’épouse de Haydar Khan Tabrizi qui, armée d’un couteau, protégeait les orateurs constitutionnalistes. L’engagement actif des femmes soutenait l’approbation des revendications des constitutionnalistes. Elles ont adhéré à la coalition réunissant des groupes tels que les zoroastriens, les juifs, les bahaïs, les arméniens et les musulmans pour revendiquer des droits émancipateurs pour les femmes mais aussi pour faire aboutir l’adoption de la constitution. Mme Jahanguir de la famille d’un des martyrs de cette révolution constitutionnelle, a même été jusqu’à barrer la route à la voiture du Roi Mozaffar-Eddin shah pour le presser de ratifier cette Constitution. La Constitution aura finalement été ratifiée en 1906 mais le droit de la famille était maintenues sous l’autorité de la Charia.

Les femmes étaient encore écartées de la vie politique et l’émancipation semblait relever du conte de fées. En 1838, la première école pour filles avait été fondée par des missionnaires américaines en Azerbaïdjan et bientôt la tendance devait se répandre et gagner d’autres villes, notamment Téhéran, Hamedan et Rasht. En 1913, il y avait déjà trois écoles pour filles à Téhéran et une liste d’attente de 3000 places.

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Modernisation du pays et acquisition de droits politiques et civiles importants pour les femmes (1931-1979)

Le règne de la dynastie des Pahlavis a été une période de considérables améliorations de la condition féminine en Iran. En 1931, le parlement iranien, le Majlès, approuvera finalement le projet de loi qui devait accorder à la femme iranienne le droit de demander le divorce et devait élever l’âge légal du mariage pour les filles à 15 ans (au lieu de 13 ans). Sous l’impulsion de Reza Shah, des lois seront votées en 1934 afin d’imposer des réformes fondamentales pour améliorer la condition féminine, et en 1936, un même système d’éducation nationale et sans distinction entre les filles et les garçons verra enfin le jour. La même année, une loi abolira la contrainte du port du voile : la loi imposera l’interdiction pure et simple du port du voile pour les femmes (et pour les hommes de porter l’habit religieux).

Reza Shah en fera le fer de lance de sa politique d’encouragement du travail des femmes en dehors des travaux domestiques. Son fils, Mohammad-Reza Shah continua l’oeuvre de son père pour parachever l’émancipation féminine en Iran. Cependant les femmes n’eurent le droit d’éligibilité et de vote qu’en 1962 et c’est 5 ans plus tard, en 1967, que la « Loi de la Protection de la famille » sera approuvée par le parlement. Composée de 23 articles, cette loi limitait notamment le droit unilatéral des hommes au divorce et à la polygamie. Le divorce et la polygamie seront ainsi soumis à des contraintes significatives dans le but de décourager cette dernière pratique au point qu’elle était devenue obsolète et très rare. Ainsi, l’article 8 de la loi interdisait à l’homme de divorcer sans avoir obtenu du tribunal le certificat de non-réconciliation. Le tribunal était tenu de tenter par tous les moyens à sa disposition de réconcilier lecouple. L’âge légal du mariage a été fixé à 18 ans (il est passé de 13 à 15 ans dans un premier temps, puis à 18 ans en 1973) à l’instar de tous les pays modernes et industrialisés. Dans les années qui suivront, de nouvelles lois seront adoptées de manière à faciliter l’accès des femmes aux fonctions jusqu’alors réservées aux hommes, en particulier dans le domaine juridique. Calqué sur le modèle israélien, le service nationale sera rendu obligatoire pour les femmes célibataires et l’accès des femmes aux emplois dans les forces armées et dans la police sera facilité. Les appelées filles servaient dans le rang du « Sepah-e Danesh », autrement dit le Corps Educatif ou les « Gardiens du Savoir » (les appelées avaient alors le choix entre un service militaire classique ou l’engagement pour une durée similaire dans trois corps civiques différents au service des populations sur tout le territoire national). En servant au sein de tels structures (à savoir : d’éducation, de santé et de technologie), les appelées prenaient conscience de la réalité des besoins du pays. En outre, une période de leur jeunesse était ainsi dévolue à des actions citoyennes utiles à l’ensemble de la nation.

La femme iranienne avait acquis en quelques années des droits politiques et civils importants. De telle sorte qu’il y avait 22 femmes parmi les députés à l’assemblée nationale et 2 sénateurs. L’Iran a même connu avec Mme Farrokh-Rou Parsa sa première femme ministre. Dans les années 1970, elle fut ministre de l’éducation nationale. En 1979, la femme iranienne avait acquis une quasi-égalité en terme de statut social avec les hommes et bénéficiait des mêmes avantages éducatifs. Les femmes travaillaient dans de nombreux domaines professionnels. En 1978 déjà, 33% des étudiants étaient des femmes et le monde du travail en comptait 2 millions. L’OFI (Organisation des Femmes Iraniennes) fondée en 1967 par la princesse Ashraf Pahlavi réunissait divers organismes qui traitaient du confort familial, de la protection des enfants, de la formation professionnelle, du planning familial et du conseil juridique.

L’apport des savants iraniens au monde : Un peu d’histoire


© par Zia Oloumi

 

Pour comprendre l’apport des iraniens au monde et particulièrement leur contribution à l’essor de la civilisation arabo-musulmane, il faut bien sûr connaître l’histoire de ce pays. Il faut également comprendre pourquoi beaucoup de philosophes et de scientifiques iraniens ont été connus par leurs écrits en langue arabe.

Il faut savoir que sous la dynastie des Abassides (749-1258), c’est une culture arabo-persane née de la fusion entre la culture sassanide (âge d’or de l’empire Perse, 224-647) et la culture arabe qui se diffusera largement dans le monde islamique. Et c’est cette période qui va correspondre à l’âge d’or de la civilisation arabo-musulmane, à laquelle les peuples iraniens ont fortement contribuée.

Mais vant de développer, il nous faudra opérer une première distinction entre les Arabes, les musulmans et les populations qui parlent la langue arabe. Si les Arabes (à considérer que le mot ne se limite pas aux populations de la péninsule arabique mais à ceux qui parlent arabes) parlent la langue arabe, ils ne sont pas tous musulmans. Comme d’ailleurs, les musulmans ne sont pas tous des Arabes. De même, toute la population musulmane ne parle pas arabe (c’est le cas notamment des Indonésiens et des Iraniens, mais aussi des Pakistanais et des Afghans, entre autres).

Ceci étant précisé, il faut également se rappeler que pendant quelques siècles, la langue arabe était la langue véhiculaire au sein de l’empire arabo-musulman comme le latin l’était en son temps en Occident (et le grec auparavant). Ou comme l’anglais l’ai de nos jours.

Or, il faut garder présent à l’esprit que pour s’imposer, les armées Arabes avaient vaincu le vaste empire perse (cf. l’hitoire de l’Iran) malgré des résistances notables des pricipautés (notamment dans la région de Khorassan).

Dominé dans ce vaste empire, les iraniens qui très vite se sont convertis à l’Islam en abandonnant le mazdéisme, ont su malgré tout maintenir marquer leur particularité au sein du nouvel empire. Ils ont su ainsi garder vivant l’usage de leur langue et fonder une branche de l’Islam (le chiisme). C’est pourquoi, durant la période qui se situe entre l’invasion arabe (650) et l’arrivée des Mongols sur le plateau iranien (1219 ap. JC), une confusion a pu se développer entre l’apport des savants iraniens et des savants Arabes.

Mais, s’il est vrai que les oeuvres des savants iraniens ont pu arriver en Occident à travers l’Empire arabo-musulman et en langue arabe, ces savants doivent être considérés comme les génies iraniens et les portes-drapeaux iraniens d’une civilisation musulmane fortement imprégnée de la culture et du mode d’organisation des peuples iraniens. La langue arabe n’a donc servi que de véhicule à la diffusion des écrits des savants iraniens.

L’analyse historique est un élément important de la compréhension de l’apport des savants iraniens. L’histoire de l’Empire perse peut ainsi être distinguée selon deux périodes : avant et après la conquête de l’Islam. Si l’on peut affirmer que l’islamisation de l’Iran a réussi, on peut également affirmer sans se tromper que son arabisation opérée par la dynastie arabe des Omeyyades (642-748) a échoué. En effet, la domination arabe sur l’Iran n’a durée qu’un siècle (contre huit dans le péninsule ibérique) et parce que les peuples iraniens se sont révoltés contre l’occupant arabe, la dynastie des Omeyyades a pu être renversée au profit des Abbassides.

Khorassan (l’une des grandes provinces perses au Nord Ouest du pays et qui comportait en son temps le Tadjikistan, l’Afghanistan et le Turkménistan) était la dernière province à résister aux attaques des Califes musulmans. Elle jouera un rôle primordial dans la sauvegarde de la langue et des traditions persanes.

Rappelons-nous que durant le Moyen âge, connu comme l’âge d’or de la civilisation arabo-musulmane (641-1492), il est de coutume de distinguer deux grands ensembles civilisationnels en Europe et dans la région de la méditerranée et de l’ancienne Mésopothamie, morcelés par la géographie. Le premier est représenté par l’empire arabo-musulman avec ses deux pôles successifs de rayonnement, l’Orient arabe (Damas et Baghdad) puis l’Occident arabe (le Maghreb et l’Andalousie). Le second est représenté par l’empire romain d’Orient et l’Occident chrétien, opposés depuis le grand schisme d’Orient de 1054, à la suite du conflit entre le Pape Léon IX et le patriarche de constantinople Michel Cerulaire et des anathèmes qui furent prononcés.

Une telle distinction laisserait penser que les Iraniens n’avaient pas joué un rôle déterminent dans l’histoire de la civilisation. A y regarder de plus près, la réalité est tout autre. Au sein de l’empire arabo-musulman, le vaste plateau iranien était administré par des gouverneurs désignés par le calife qui siégeait à Bagdad. Or, dès le IXe siècle de l’ère chrétienne, des dynasties telles que les Tahérides, les Samanides et les Saffârides régnaient sur de grandes parties du plateau iranien. A cette même période, les plus importants centres islamiques se trouvaient dans la vaste province du Khorasan et ses nombreuses villes dont Nichapour, Merv, Herat, Boukhara et Samarkand.

Sous les Abassides, les Iraniens avaient réussi à dominer une grande partie de l’administration de l’Empire arabo-musulman, un empire vaste qui s’étendait de l’Espagne à l’Inde en passant par l’Aral et par les déserts d’Arabie. La domination proprement Arabe sur l’Iran n’a réalité durée qu’à peine un siècle (là où elle était de huit siècles en Espagne). Parce que l’Empire Perse préislamique était réputé pour son organisation administrative qu’Alexandre le Grand déjà devait même faire étudier, il paraissait évident que le savoir-faire des Iraniens allait être utilisé par les musulmans notamment pour gérer les nouvelles populations qu’ils venaient de conquérir. De ce fait, les Iraniens ont su occuper d’importants postes au sein de l’administration de l’empire arabo-musulman. Et comme la langue arabe était la langue de l’empire alors, les Iraniens se sont fondus (voire confondus) dans l’empire arabo-musulman, et ainsi leur science, leur médecine, leur littérature (Kelileh ô Demneh, par exemple).

Ce que beaucoup d’Iraniens eux-mêmes oublient (ou veulent peut être oublier ?!) c’est que la mère de l’un des Califes Arabes était une Iranienne. Il s’agit de Al Maamoun, fils de Haroun Al Rachid. Ce dernier a même décidé pendant son règne de transférer sa capitale des territoires arabes vers l’Iran (à Marv, plus exactement). C’est lui qui fondera d’ailleurs, à Bagdad, la « Maison du Savoir » ou en persan « Khaneyeh Farzanegui » ou encore en arabe « Beyt-ol Hakameh », sur le modèle de Gondishapour (ou Jondishapour) iranien (qui existait déjà sous les Sassanides ((224-647 ap. J.-C.). Gondishapour était un centre universitaire tournée vers l’étude de la philosophie et des sciences et une grande école de médecine, avec un enseignement clinique dispensé dans les hôpitaux de la ville. Dans sa version construite à Bagdad, cette institution devait rassembler d’éminents savants de tout l’Empire pour les faire travailler ensemble et pour faire traduire les textes grecs en arabe, notamment ceux d’Aristote. Bagdad, ville de la médecine et de la science, était alors en majorité composée de persans. C’est par ce puissant moteur que la nouvelle culture arabo-persane née de la fusion entre la culture sassanide (224-647) et la langue arabe se diffusa largement dans le monde islamique. Dans le domaine de la médecine par exemple, la science indo-iranienne préexistait celle du monde arabo-musulman. [voir par exemple : A. Hovélacque, »Les médecins et la médecine dans l’Avesta », Revue de linguistique comparée, n°10, 1877, pp. 127-47 ; voir aussi : De la Médecine Persane au cours des âges et en particulier l’ Hygiène dans la Perse Antique, par Assad Ghavami]

Il est vrai que ce faisant, les peuples iraniens ont toujours maintenu leur spécificité, notamment par la création d’une branche de l’Islam, le Chiisme. [voir sur le sujet les ouvrages de l’orientaliste Henry Corbin et particulièrement celui-ci : En Islam iranien : aspects spirituels et philosophiques, Gallimard, coll. Bibliothèque des idées, 4 Tomes.]

C’est à partir de là que très vite d’ailleurs, en Iran, les gouverneurs provinciaux ne tarderont pas à se déclarer indépendants et à fonder leurs propres dynasties. Lorsqu’en 819, les Samanides, première dynastie de souche iranienne après la conquête Arabe, commencèrent à reconquérir l’est de l’Iran (Khorassan, province de la Perse, Afghanistan, jusqu’en Inde) et ont fait de Samarkand, de Boukhara et de Harat leur capitales, le persan a repris un peu de vigueur. Les émirs samanides metteront à profit leur force économique et militaire pour faire de leur cour de Boukhara et de leurs capitales régionales (Samarkand, Balkh, Marv, Neichapour) des foyers de vie intellectuelle, rivaux de Bagdad. Outre la culture arabe classique, ils encourageront l’éclosion de la littérature en langue néo-persane et, bien que sunnites, accorderont leur protection à des penseurs dont les idées ne relevaient pas toujours de l’orthodoxie. Parmi les plus grands lettrés protégés par les Samanides on peut citer les poètes Roudaki et Daghighi, l’historien Bal’ami, les médecins philosophes Razi (Rhazès) et Avicenne. Il est pourtant de coutume pour une partie des historiens de les considérer, à tort, comme des savants Arabes.

En 945, la dynastie chiite iranienne des Bwayhides (ou Bouyides) s’emparera de Bagdad, mais elle sera renversée par des envahisseurs, des nomades turcs seldjoukides, sunnites, qui étaient déjà nombreux dans les armées du califat abbasside et qui prendront Bagdad en 1055. C’est durant cette période que Ferdowsi transcrira par écrit et en persan les histoires orales de la mythologie perse (dans « Le livre des Rois » ou Shahnameh). Son oeuvre est le symbole de la renaissance de la culture persane face à la domination arabe.

De par cette résistance culturelle à l’est de la Perse, les iraniens seront, dès 913, la nation qui brisera l’unité du monde musulman. En se posant comme une nation avec sa propre langue (face à l’arabe), et surtout en installant sa capitale à Shiraz, l’Iran marquera sa différence à l’égard des autres nations soumises de l’Empire arabo-musulman. La dynastie Turque des seldjoukides confirmera ce mouvement (en fédérant les populations de la mer d’Aral) et renforcera la particularité des peuples iraniens (notamment des Tadjiks).

Par ailleurs, il est utile de préciser que les penseurs, savants et artistes iraniens se sont abreuvés simultanément à deux sources. De sorte que deux mouvements parallèles ont influencé le paysage culturel de cette époque. Le premier courant s’identifiait à la culture arabo-islamique qui s’était surtout ancrée dans les importants foyers religieux, savants et philosophiques du nord-est d’où étaient issus de grands penseurs tels que Farabi, Razi et Ibn Sina (ou Avicenne). Le second courant prenait ses assises dans la culture persane, se distinguant, dans ces régions, par l’avènement du persan, né, dans le sillage de l’évolution du vieux persan et du parsi tardif. Les premiers poèmes persans et la composition du monument de la poésie épique persane, le Shahnameh (« Livre des Rois ») ont ponctué ce dernier courant. Mais la coexistence des deux courants, durant de longs siècles, au sein de la société iranienne a caractérisé la culture persane.

Voilà pourquoi, il est fallacieux, ou du moins inexacte voire réducteur, de parler de savants arabes pour qualifier l’apport des savants qui évoluaient pendant l’âge d’or de la civilisation arabo-musulmane. Ibn Khaldoun, historien et philosophe arabe de renom du XIVe siècle, pouvait lui-même écrire :

« C’est une grande vérité que la majorité des savants musulmans étaient, sauf quelques uns, tous des non arabes et pour la plupart des Iraniens. La quasi-majorité de ceux qui connaissaient les Hadith et qui les avaient préservés pour les musulmans étaient des Iraniens ». Il ajoutait plus loin : « Personne, à l’exception des Iraniens, ne s’est vouée à rédiger et à sauvegarder les sciences. Voilà pourquoi ils sont la manifestation par excellence de cette parole du Prophète qui avait déclaré : « Si la science est accrochée au cou du ciel, seul un peuple issu des persans aura l’honneur de l’avoir ».

L’éminent historien connaissait particulièrement l’histoire de la Perse pour ne pas négliger l’apport des savants iraniens au monde musulman et à la civilisation.

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Voici pour mémoire quelques personnalités iraniennes qui ont apporté à la science et à la médecine :

·         Abu Nasr Farabi (Al Farabi en arabe) (872-950) : Scientifique et philosophe iranien, ses parents étaient persans même s’il s’installe en territoire turcophone puis à Bagdad.

·         Abu Reyhan Biruni (ou Birooni) (973-1048) : (il est né à Kharazm, actuel Ouzbékistan et il est mort en Afghanistan), voir aussi ou encore. Versé dans les sciences mathématiques, astronomiques, physiques, naturelles, il se distingue également comme géographe, historien, chronologue, linguiste, observateur de moeurs et reçoit de son temps le surnom de « Maître ». Son oeuvre comprend 113 ouvrages mais beaucoup ont été perdus.

·         Ibn-e Sinaa (Avicenne ou Abou-Ali Sinaa) (980-1037) : médecin et philosophe iranien.

·         Omar Khayyaam (1048-1131), astronome et mathématicien (dont les travaux scientifiques ont été publiés, à Moscou, en 1961), considéré comme un esprit libre, sinon comme un libre-penseur.

·         Mohammad Ibn Zakariya Razi (1149-1209) : Médecin et scientifique iranien, né à Rey (Iran), voir aussi.

Voir aussi :

Parmi les penseurs et poètes iraniens :

·         Hakim Abol Qasem Ferdowsi Tousi (935-1020), qui a écrit Shah-nameh (L’Epopée des rois ou Livre des Rois).

·         Roudaki (mort en 940)

·         Avicenne (Abou-Ali Sinâ) (980-1037)

·         Omar Khayyaam (1048-1131), poète, astronome et mathématicien (dont les travaux scientifiques ont été publiés, à Moscou, en 1961), considéré comme un esprit libre, sinon comme un libre-penseur.

·         Attâr (« le droguiste ») (1140 à 1230 )

·         Jalâloddin Rumi, dit Molavi ou Molaanaa, (1207-1273)

·         Saadi (mort en 1292) – Saâdi , Mucharrif al-Dïn Sadi ou Saadi,Poète persan né à Chiraz entre 1184 et 1213 et mort entre 1290 et 1292. Sa vie est connue par les allusions que contient son oeuvre et aussi par diverses biographies qui ont longtemps accompagnées les légendes le concernant. Il aurait été le fils de Muslib al-Dïn ‘Adb-Allah, lieutenant du Fars Sa’d-ibn-Zengi, ce qui lui vaut le surnom de Sa’di ou «ami du Sa’d».
Après de nombreux voyages (Bagdad, La Mecque, Syrie…), il revint à Chiraz vers 1258 pour se fixer dans un petit ermitage à vingt minutes du centre-ville où il serait mort centenaire. Son oeuvre, écrite dans une langue pure et harmonieuse exprime avec beaucoup de souplesse les sentiments d’un homme qui a connu tous les plaisirs et tous les déboires.

·         Hafêz de Shiraz (mort en 1389)

Être persanophone aujourd’hui


Le Fârsi (persan), appartient à la famille des langues irano-aryennes (indo-européenne).

En Iran (Alphabétisation : 80% en 1996 (contre 59% en 1976), Afghanistan et Tadjikistan, une population totale de plus de 93 millions d’habitants dont 50 % a le persan comme langue maternelle pratique cette langue. Regain d’intéret pour cette langue au Caucase et en Asie Centrale, dans les Républiques récemment libérées de l’emprise soviétique.

Sous plusieurs formes, il est pratiqué depuis dix siècles sur une aire géographique étendue, comprenant principalement aujourd’hui les pays d’Iran, d’Afghanistan et de Tadjikistan ; c’est ainsi qu’il a été en contact avec toutes les grandes langues du Proche et du Moyen-Orient; en particulier, il a beaucoup échangé avec la langue arabe. Il a été aussi pendant plusieurs siècles la principale langue de culture de l’Inde du Nord, de l’Asie centrale et de l’Asie mineure. Il y a donc tout intérêt à coupler son étude avec celle d’une de ces langues voisines.

En revanche, conçu comme un apport scientifique et une ouverture culturelle sur une région stratégique du monde moderne, le cursus de Persan offre une qualification originale, d’autant plus qu’il doit être pensé pour une aire géo-culturelle qui dépasse l’Iran pour couvrir aussi le Kurdistan, l’Afghanistan, l’Asie centrale, et, au-delà, le monde turc, le monde arabe et le monde indien.

L’écriture :

Le persan s’écrit avec des caractères arabes bien que certaines lettres se prononcent de façon différente. Mais surtout, le persan a ajouté trois lettres faisant défaut à l’arabe : le « p », le « g » et la lettre « tch ».

Deux types principaux de calligraphies sont en usage : le nasr, droite, la plus courante et classique, celle qui est utilisée pour l’imprimerie et la dactylographie ; et le nastaliq, beaucoup plus élégante, ornementée, véritablement dessinée. C’est le nastaliq qui est la base de l’art de la calligraphie – dimension importante de l’art arabo-musulman.

La diaspora iranienne dans le monde : D’après « Persian Diaspora Census », 1996

Afrique du Nord et Egypte

20.000

Afrique du Sud

5.000

Allemagne

110.000

Amérique du Sud et Amérique centrale & Reste du monde

50.000

Autriche

60.000

Autriche

15.000

Belgique

6.000

Canada

75.000

CEI

50.000

Chine

10.000

Chypres

2.000

Danemark

10.000

Emirats Arabes Unis & Bahrein

560.000

Espagne & Portugal

15.000

Etats-Unis

1.560.000

Europe de l’Est

50.000

Finlande

2.000

Grande Bretagne

80.000

Grèce

20.000

Inde


60.000

Irak

250.000

Israël

50.000

Koweït

20.000

Liban

50.000

Norvège

6.000

Pakistan

40.000

Pays Bas

6.000

Philippines, Corée & Japon

50.000

Suède

15.000

Suisse

6.000

Syrie

50.000

Turquie

500.000

 

 

Total

3.665.000

« Diaspora iranienne en France : changement et continuité », Vida Nassehi-Behnam, Les Cahiers d’Etudes sur la Méditerranée Orientale et le Monde Turco-iranien, n° 30 Juin-Décembre 2000 sur Les diasporas, le monde turco-iranien et la Méditerranée orientale, pp. 135-149.

Cet article examine les spécificités de la diaspora iranienne en France et ses impacts sur le processus de l’adaptation et d’intégration des différentes catégories. On y discute notamment de l’évolution de l’institution familiale en exil : le changement de rôle, de statut et de relation entre les membres de la famille, l’apparition d’un fossé de génération qui est accentué par la différence culturelle et la défaillance des méthodes pédagogiques parentales. Il est question de l’émergence d’une nouvelle génération, poly-identitaire et transnationale, qui a créé des relations fondées plutôt sur des appartenances contemporaines qu’ancestrales.

Les éthnies en Iran :

1. Persans: 50% de la population.
2. Turcs Azeris: 20%
3. Kurdes: 8%
4. Divers: 22% dont Baloutches, Arabes, Turkmènes, Juifs et de petites ethnies chrétiennes, arménienne et assyro-chaldéenne.
5. Réfugiés: 2 millions(?) d’Afghans, souvent shi’ites et persanophones.

Répartition etnique de la population (estimation 1990 : total = 54.700.000)

Groupe iranien en millions
Persans 26
Kurdes 5,5
Guillanis 3
Mazandaranis 2
Bakhtiars 900.000
Lors 2,4
Baloutches 1,2
Total 49,1

Groupe Turc en millions
Azéris 9.500.000
Turkmènes 800.000
Total 10,3

Arabes : 1,2 (sur la frontière irakienne et aux bordures du Golfe Persique).

Répartition religieuse en Iran : Estimation 1990 :

Musulmans Chi’ites: près de 85%
Musulmans Sunnites 2% à 15% (majorité des Kurdes et des Baloutches et Turkmènes et villes du Golphe) (Source: Atlas des peuples d’Orient, p. 125).

Pourcentage des Chrétiens :

Le recensement de 1956 l’Iran comptait 18,9 millions d’habitants dont 115.000 chrétiens 65.000 juifs 16.000 zoroastriens

D’après les chiffres de l’Atlas de l’Iran, B. Hourcade, p. 34 et 76, voici la répartition des autres minorités religieuses en Iran.

Année

Millions d’hab.

Chrétiens

Juifs

Zoroastriens

 

1966

25.8

149.000

61.000

20.000

1976

33.7

169.000

62.000

21.000

1986

40.5

98.000

25.000

19.000

1996

60.1

78.000

12.000

30.000

LA CISINE IRANIENNE

    

Cuisine
La cuisine iranienne peut se révéler excellente et naturellement saine, avec de nombreux produits frais et une quantité réduite de viande rouge et de graisse. L’alimentation des Iraniens se compose essentiellement de riz, de pain, de légumes et fruits frais et de plantes aromatiques. La viande, généralement hachée ou coupée finement, permette relever les saveurs mais forme rarement l’ingrédient principal (sauf dans les kabâbs). On trouve fréquemment de l’agneau ou du mouton, ainsi que du veau et du bœuf de temps à autre, mais jamais du porc bien sûr. Le poulet est souvent servi rôti, en entier ou par moitié. Dans les régions rurales, on mange également de la viande de chèvre, de chameau et de buffle. Le poisson se fait rare partout, même parfois sur la côte persique ou caspienne. De nombreuses plantes aromatiques et épices, notamment le curcuma, le safran, la muscade et la cardamome, agrémentent la cuisine iranienne. On ajoute en outre fréquemment aux plats des noix et des fruits, frais ou secs, afin de créer ce mélange sucré-salé si typique.

Soupes
Vous pourrez parfois essayer une soupe ou un ragoût en plat principal. La sup, épaisse et nourrissante, se compose traditionnellement de lentilles et de tomates. Particulièrement populaire, l’âch comprend souvent du yoghourt et de l’orge. Essayez l’âch-e jo, une soupe a l’orge, ou l’âch-e anâr, une soupe à la grenade. Âbgucht ou dizi, sorte de soupe-ragoût couramment servie dans les maisons de thé et les cafés routiers sont excellents. Avec un morceau de pain sangak, il constitue un repas nourrissant à la portée de toutes les bourses.
 Riz
Le riz constitue souvent la base de la nourriture. Le riz des plaines pluvieuses de la province de Mâzandarân est considéré comme l’un des meilleurs au monde. Le chelo, riz à l’eau ou étuvé, compose l’essentiel des plats, tels que le chelo morgh (riz de poulet). Cuisiné avec d’autres ingrédients, noix et épices par exemple, il devient polo.
 Kabâbs
Le kabâb demeure le plat principal proposé dans tous les restaurants du pays. Le chelo kabâb classique désigne une fine tranche de viande, parfois hachée, servie avec du riz ou avec du pain et des tomates grillées. Le kabâb-e makhsus (kebab spécial) comprend une tranche de viande d’agneau plus épaisse et de meilleure qualité, tandis que le kabâb-e barg, plus fin, est de qualité variable. Le plus courant et le plus moins cher, le kabâb-e kubide (kebab moulu) se compose de viande hachée. Les kebabs, généralement parsemés de somâq (sumac), sont présentés avec de l’oignon cru, du beurre et du yoghourt à mélanger avec le riz. Les kebabs de poulet mariné, juje kabâb, se mangent de la même façon que les autres. Ils sont généralement plus chers et de qualité variable. Goûtez aussi  fille kabâb, composé de filets d’agneau, toujours délicieux. On fait griller les kebabs quelques minutes sur du charbon de bois ou un réchaud à gaz.

Khorechts
Le terme générique khorecht s’applique à tous les ragoûts de viande épais, avec légumes et noix, servis avec du riz. Le fesenjân, ragoût de viande cuit avec du jus de grenade et des noix représente l’un des plats les plus savoureux de la cuisine iranienne. Parmi les innombrables autres khorecht mentionnons le khorecht mâst (au yoghourt), le khorecht bâdemjân (à l’aubergine), le khorecht beh (aux coings) et le khorecht rivâs (à la rhubarbe), le qormeh-ye sabzi se compose d’agneau, d’épinards et de citrons séchés. Cette combinaison caractéristique de fruits et de viande qui donne aux plats une saveur aigre-douce est d’ailleurs à l’origine de quelques-unes des créations les plus intéressantes et les plus heureuses de la cuisine iranienne.
 

Dolmeh et kufteh  
Dolmeh, c’est-à-dire farcis, généralement avec du riz, de la viande et divers assaisonnements. Outre les dolmeh barg ( feuilles de vigne farcies), il existe des dolmeh bâdemjân (aubergines), des dolmeh sib (pommes) et des dolmeh beh (coings). Les kufteh sont des boulettes de viande.

 

 

Pains
Le pain, appelé généralement nun (nân) est un autre élément essentiel de la cuisine iranienne. D’énormes quantités en sont consommées chaque jour et vers midi il est fréquent de voir les hommes sortir des boulangeries les bras chargés de pains longs et plats. Il existe plusieurs variétés de pain de formes et de tailles diverses, dont le nân-e lavâch, souvent servi au petit-déjeuner et qui est très mince, le barbari, salé, croustillant et recouverts de fins croisillons, le sangak, un pain ovale plus épais avec son aspect particulier au lit de pierres sur lesquelles il cuit et le tâftun, un pain ovale de 1 cm d’épaisseur environ, à la surface striée.
 

Yoghourt
Le yoghourt, appelé mâst, semblable à un yaourt grec, est une constante de la cuisine iranienne. Servi parfois avec du pain lavâch, il peut être aussi mélangé à du riz, des cubes de concombres ou d’autres légumes, des herbes et des épices. La plupart des restaurants le présentent aussi en accompagnement des plats.

Noix et fruits
Consommés en grande quantité toute la journée, la plupart sont délicieux. Un grand nombre de fruits poussent sur place, cependant, les bananes qui viennent du sud de Balûchistân coûtent beaucoup plus cher que les poires et les pommes. Ne manquez pas de goûter aux grenades, aux pêches, aux melons d’eau et aux pamplemousses roses. Essayez aussi une figue-pêche, fruit hybride entre la pêche et la figue. Amandes, noisettes et pistaches sont tout aussi excellentes.
 

Crèmes glacées, gâteaux et bonbons
Les sites touristiques et les régions chaudes comptent souvent de populaires glaciers. Les pâtisseries et autres douceurs traditionnelles, dont les Iraniens sont extrêmement friands, sont parfumées à l’eau de rose, au safran, aux amandes ou au miel. Certaines villes sont réputées pour leurs douceurs ; ainsi Isfahân est connue pour son gaz, une sorte de nougat à l’eau de rose et aux pistaches, Qom pour son sohân, une galette de sucre et de safran et Yazd pour son pachmak, une sorte de barbe à papa très parfumée. Les glaces à l’eau de rose (bastani gol-e sorkh), au safran (bastani zafrâni) et pâludeh sont excellents et peuvent être dégustées dans les maisons de thé (tchâikhâneh).
 Boissons  

Thé
Le thé, tchây, servi noir et chaud dans un petit verre, constitue la boisson nationale. Le plateau de thé comporte toujours un bol de sucre en morceaux (ghand). La coutume veut qu’on trempe le morceau de sucre dans le thé, avant de le placer sur les dents de devant pour boire.

Café
Le qahveh iranien ressemble au café turc. Il est fort et servi avec une cuillère pour remuer le sucre. Le café soluble apparaît ici et là ; on le sert souvent avec du lait et on l’utilise aussi pour réaliser d’excellents milk-shakes.
 Autres boissons
Avec les repas, il est fréquent de boire de l’âbdugh, du yoghourt ou du petit-lait dilué avec de l’eau  et légèrement salé.  En été, essayez les boissons traditionnelles comme les afchoreh, les charbat et le sekandjabin qui sont très rafraîchissements par grosse chaleur. Les afchoreh sont des sirops de fruits ou de fleurs (fleurs d’oranger, roses, violettes, etc.) servis avec de la glace. Les charbat sont également des sirops mais où les jus des fruits et le sucre ont été cuits ensemble.

Le sekandjabin est une infusion de menthe, de vinaigre et de sucre servie très fraîche. Delster représente l’une des meilleures bières (mâ’-osh-sha’ir) iranienne et côtoie habituellement d’autres marques de bières sans alcool, telle que Oranjeboom et Bavaria.

Le vin des Perses


, par Michèle EPINETTE

Héritage de l’antiquité, le vin des Perses est un breuvage chargé de symboles. Dans la littérature classique, le folklore, les légendes, il occupe une place de choix. Cette constante glorification du vin n’apparaît toutefois pas comme une marque de dépravation, mais comme l’attitude d’un peuple dans son désir d’échapper, à certains moments, aux préoccupations matérielles de la vie d’ici bas. [*]

Les vertus du vin ne sont pas comparables à celles du Haoma, la boisson divine, ni à celles de l’élixir qui provoque l’extase [1], mais il est néanmoins, un feu liquide et une véritable eau de vie. Aussi, le vin est-il sans conteste, le jus du raisin procurant à l’homme une boisson nourrissante et réconfortante, mais également, la liqueur enivrante qui libère l’individu des forces obscures et le rapproche du divin.

Hérodote rapporte que les Perses avaient recours à l’ivresse pour prendre des décisions dans les affaires importantes ; les décisions prises étaient réexaminées le lendemain en toute lucidité ; s’ils les approuvaient encore, elles étaient alors adoptées, et, dans le cas contraire rejetées [2]. Quelque soit le crédit que l’on peut accorder à Hérodote dont les informations sont parfois contradictoires, nous savons que les Achéménides payaient leurs ouvriers en vin, en or et en farine de blé [3].

L’origine légendaire

Selon l’une des versions de la légende contenue au Rāhat oş-Şudūr  [] de Rāvandi, c’est une cigogne que le roi Key Qobād avait délivrée de l’attaque d’un serpent qui était venue déposer quelques graines de vigne devant le trône royal, en marque de reconnaissance. Toujours selon la légende, le roi avait consulté les médecins et savants pour identifier les graines, mais sans succès. Celles-ci avaient alors été semées et donnèrent naissance à un végétal d’un vert splendide qui se chargea de fruits. La crainte à consommer ces fruits inconnus, de même que le breuvage qui en est fait est telle que l’on désignera trois condamnés à mort pour cette expérience. La terrible peur qu’ils éprouvaient fait rapidement place à la gaieté, et on les voit bientôt danser et se dandiner en réclamant encore de ce qui est du vin. Ainsi, après une période d’essai, le vin fut adopté dans les assemblées et les réunions d’amis [4].

Le vin du Roi

Considéré comme la meilleure des boissons, le vin est à ce titre, destiné en premier lieu au roi. Un texte pehlevi célèbre relate l’entretien du roi Xosrow et de son page au sujet des choses qui rendent la vie agréable. S’agissant des vins, dans ce domaine encore, la connaissance du page est sans lacune. Il affirme, que d’une façon générale, tous les vins sont bons ; il en énumère quelques uns avant de porter sa préférence sur le vin assyrien [5]. Mais, c’est dans le banquet royal qu’apparaît le caractère sacré du vin. Les princes samanides qui se voulaient les héritiers des Sassanides ont su reconstituer à leurs cours de Samarkand et de Boukhara, les fastes des rois de Perse, notamment lors de la célébration des fêtes de Now-rūz et de Mehregān. Rūdaki nous en a laissé quelques témoignages marquants :

Il faut organiser une séance royale,
Avec profusion de roses, de jasmins, et des giroflées multicolores
Il faut l’opulence du paradis ; il faut disposer tout au mieux,
Les robes de brocart, les tapis de qualité,
Des fleurs au doux parfum et des sièges nombreux.
Il faut le luth de Jésus et des tapis à foison,
La lyre de Mazdak et la flûte de Cabok Jahān
 [6].

Le Šāh-nāmeh fourmille de scènes de banquets [7], à l’occasion des fêtes solennelles, des départs à la chasse et à la guerre. Mahmūd de Ghazna qui se voulait bon musulman célébrait les fêtes de l’Iran ancien par des séances de vin que les poètes de sa cour ont immortalisées. Le roi boit pour oublier les soucis de sa charge, et son entourage boit en formulant des souhaits à son intention ; car, ensemble, la gaieté et le vin sont les attributs du roi. Farroxi le rappelle :

Le roi demanda du vin dès l’aube,
Et son entourage s’en réjouit.
La gaieté et la joie se trouvent dans le vin,
Il a rendu justice à la joie et la gaieté.
Une beauté enjôleuse apporta une coupe,
Tel un cyprès gracieux elle se tenait debout,
Gaie, joyeuse et bien disposée.
Le roi prit la coupe et le tint dans sa main ;
La joie et le vin seyent au roi
 [8].

Cependant, le vin n’est que l’élément central du banquet. Il n’est pas de banquet sans une multitude d’échansons et de serviteurs, de musiciens et de poètes, et c’est l’organisation et la coordination de tous ces éléments qui assureront une parfaite réussite de la manifestation :

Il faut deux ou trois harpes installées dans un coin,
Il faut la chanson d’un simple ménestrel pour guider la fête,
A chaque tour de la coupe, tu dois t’égayer davantage
 [9].

La manière de boire des Perses

La conscience du pouvoir magique du vin apparaît très tôt, le danger qu’il présente également. Consommé modérément, il est remède universel, en trop grande quantité il devient un poison violent. Ces données sont développées dans les textes religieux pehlevis. Le Dēnkart indique que l’homme qui boit à l’excès mange également beaucoup, et que cela l’empêche de réciter les Gāthās [10]. Le Dādestān-i Dēnīk préconise de donner à boire à l’homme tant qu’il est évident que par cela, il devient meilleur en pensées, en paroles et en actions ; mais, quand il commence à devenir plus mauvais, c’est que la limite est outrepassée et qu’il est temps de réduire le nombre de coupes qu’il est en droit de boire, conformément à la religion et à la morale [11]. Le Mēnōg-i Xrad est plus explicite encore. Il distingue deux catégories d’hommes selon la manière dont ils réagissent sous l’effet du vin : l’homme de bon caractère qui est comparé à une coupe d’or ou d’argent, qui devient plus resplendissante à mesure qu’on la chauffe, et l’homme de mauvais caractère qui devient querelleur et perd le contrôle de lui-même. Le texte fournit également des considérations sur les vertus et les propriétés médicales du vin [12].

Pour illustrer l’usage modéré qu’il y a lieu de faire du vin, le Šāh-nāmeh offre plusieurs anecdotes édifiantes ; parmi elles, deux épisodes du règne du roi Bahrām Gūr. L’interdiction de vin faite par ce roi à la suite des excès commis par le buveur Kebrūī, dont les yeux furent arrachés par un corbeau durant son lourd sommeil d’ivresse et qui en mourut. La levée de cette interdiction par le même roi, à la suite des exploits du fils du cordonnier. Ce dernier, saisi d’impuissance au soir de ses noces, s’était vu administrer quelques coupes de vin par sa mère. Non seulement les effets du vin lui permirent d’accomplir son devoir, mais ils lui permirent également de maîtriser un des lions échappé de la ménagerie royale et de le ramener. C’est à la suite du récit de cet exploit, relaté par la mère du jeune homme au roi, que Bahrām Gūr autorisa à nouveau la consommation du vin [13].

Ce sont encore des conseils pour un usage modéré du vin qui sont prodigués par Qābūs à l’intention de son fils Gilānšāh [14]. Conscient de l’impact réduit des recommandations paternelles, en sage, Qābūs, plutôt que d’interdire le vin à son fils va le conseiller pour son usage, le mettant fortement en garde contre les excès.

Rāvandi a les mêmes préoccupations. Lorsqu’il entre au service du sultan Qiyāş-od Dīn, observant que ce prince se fera une obligation d’imiter les beaux traits de mœurs des sultans de l’‛Erāq et du Xorāsān, et qu’il ne pourra se dispenser des festins notamment ; il fera donc en sorte d’organiser le service du vin afin qu’il ne soit pas contraire à la loi divine, mais, en même temps, qu’il soit conforme à celui des puissants de ce monde [15]. L’on imagine les difficultés de la tâche de Rāvandi, car les banquets étaient nombreux à l’époque. Dans son long chapitre sur le vin, l’auteur du Rāhat-oş Şudūr ne manque pas de rappeler que divers traités de médecine ont énuméré les avantages et les inconvénients du vin.

Les consignes de modération, les interdictions de vin à la suite des abus commis sont nombreuses. L’histoire de l’Iran en fournit maints exemples. Parmi les plus souvent cités, il en est un, qui fut rendu célèbre par Hāfez. Par quelques vers le poète déplora l’interdiction de vin faite par Mubāriz-ud Dīn Mohammad b. Muzaffar, et la fermeture des tavernes :


Bien que le vin soit là pour te réjouir, et que le vent soit parfumé,
Ne bois pas de vin aux échos de la harpe, car le censeur veille ;
Cache la coupe dans la manche de ta tunique,
Car le sort, tout comme le goulot du flacon répand le sang ;
Lavez avec des larmes vos manteaux tachés de vin,
Car c’est l’heure de la piété et de l’abstinence.
 [16]

Quelque temps plus tard, Šah Šojā‛ arrive au pouvoir et donne des ordres pour la réouverture des tavernes. Hāfez marque l’événement et se réjouit :

A l’aube, l’oracle m’a donné la bonne nouvelle : C’est l’ère de Šah Šojā‛, bois du vin hardiment ! [17]

Le vin du poète panégyriste

C’est dans un répertoire conventionnel, riche en images et en métaphores que les poètes de cour ont chanté le vin. Soucieux de célébrer la puissance et la grandeur de leur mécène, ils n’ont négligé aucun artifice de style pour donner aux descriptions des banquets des formes exquises. Ils ont su mettre en valeur le rôle de l’échanson (ساقی), cette beauté parfaite, à la taille de cyprès, au visage de lune et aux lèvres de sucre qui est l’intermédiaire indispensable entre le vin et le buveur :

Au cours de ce banquet, une idole me donna du vin,
On dirait qu’elle veut me donner le soleil,
Bien sûr, avec un échanson beau comme une lune, il me faut le soleil.
 [18]

Ce bel échanson verse le vin du flacon (صراحی) à la coupe (جام) qui circule parmi les buveurs. D’or ou d’argent, de cristal parfois, laissant miroiter dans tous ses reflets le breuvage couleur de rose, la coupe est généralement de grande capacité.

Et, par le raffinement du panégyrique et l’élégance de l’éloge, le poète va susciter la générosité du prince. Rudaki nous en fournit encore un témoignage :

Et quand il prend à nouveau la coupe à la main,
Le nuage de printemps n’apporte pas autant de pluie ;
Le ciel printanier ne déverse que de l’eau sombre,
Lui donne la soie par ballots et l’or par sacs entiers.
Les cadeaux qu’il distribue à deux mains
Rendent banal le récit du déluge ;
C’est par sa générosité et sa prodigalité
Que les panégyriques ont pris de la valeur
Et que le silence est devenu bon marché.
Le poète arrive à lui pauvre et les mains vides,
Il s’en retourne avec quantité d’or et une charge.
 [19]

L’éloge du vin

Manūčehri est l’un des premiers à avoir glorifié le vin dans un poème indépendant et d’un modernisme surprenant :

O vin, que toute mon âme et tout mon corps te soient voués, car tu as arraché avec la racine la tristesse de mon cœur.
Tout m’est bon partout où tu es ; ma veille est douce avec toi comme l’est mon sommeil.
Avec toi sont l’intimité de mon cœur et les désirs de ma vie ; tout mon plaisir et ma vie sont avec toi.
Partout où sont tes allées et tes venues, mes allées et venues en tout temps y seront.
Là où sont les ivresses des temps passés, c’est là que sont les vestiges de mes séjours.
O vin ! Dieu t’a octroyé à moi, car c’est de toi que me vient le plaisir de mon âme et de mon corps.
Puisses-tu être dans mon tonneau ou dans ma coupe ; puisses-tu être dans ma main ou dans ma bouche.
Puissé-je, toute l’année, avoir ton doux bouquet dans mes repas
Puisse le teint de tes joues être sur ma chemise !
O mes nobles amis, lorsque je mourrai lavez mon corps du plus rouge vin.
Composez-en les aromates des pépins de raisin et faites mon suaire des feuilles de la vigne.
Creusez pour moi une tombe à l’ombre de la vigne, afin que la meilleure des places soit ma demeure.
 [20]

Plus tard, les poètes qui ne seront plus attachés au service d’un prince produiront une poésie épurée des formules obligées et stéréotypées du panégyrique. C’est le cas de Khayyām, qui chante le vin dans des quatrains indépendants. S’est-il inspiré de Manūčehri lorsqu’il déclare :


Une gorgée de vin vaut mieux que le royaume de Kāvūs,
Elle est préférable au trône de Qobād et à l’empire de Tūs.
 [21]

ou encore :

Prenez garde ! Nourrissez-moi avec la coupe de vin,
Et rendez pareil au rubis ce visage d’ambre ;
Lorsque je mourrai, lavez-moi avec du vin,
Et confectionnez mon cercueil avec du bois de vigne.
 [22]

Une véritable philosophie se dégage des robā‛is bachiques de Khayyām ; il nous invite à la jouissance de l’instant :

Prends garde ! Tu devras t’en aller séparé de ton âme,
Tu devras passer derrière le voile du mystère et du néant.
Bois du vin, car tu ne sais pas d’où tu viens,
Sois heureux car tu ne sais pas où tu iras.
 [23]

Il exprime d’une manière poignante l’amour de la vie et veut à tout prix se refuser à penser à la mort :

Cette caravane de la vie, elle passe étrangement vite ;
Saisis cet instant qui passe dans la joie.
O échanson, pourquoi te soucis-tu du lendemain des convives ?
Apporte la coupe car la nuit passe.
 [24]

Il nous rappelle d’une façon subtile les principes de l’islam selon lesquels l’homme vient de la terre et retournera à la terre. Aussi, la cruche de terre n’est-elle pas faite de particules de l’être humain ?

Hier soir, j’ai brisé contre la pierre, la cruche de terre ;
Je n’aurais pas commis cette incongruité, si je n’avais été ivre.
La cruche me disait, dans un langage venant du cœur :
Je fus comme toi, et tu seras comme moi.
 [25]

Et Khayyām est inimitable, lorsqu’il fait la louange du breuvage qui libère les humains du fardeau de l’existence :

De ce vin qui est la vie éternelle, bois !
C’est la source du plaisir et de la jeunesse, bois !
Il est brûlant comme le feu, mais envers la tristesse,
C’est un remède comme l’eau de vie, bois !
 [26]

Le vin des amoureux

La douceur des effets du vin stimule le désir amoureux. Aussi, le vin est la boisson des amoureux qui ne s’isolent jamais sans la fiole ou la coupe. Les poètes de la cour ghaznévide, tel Farroxi, en ont fourni quelques exemples :

Lorsque les amoureux et les jeunes ensemble,
Boiront au jardin à la vue d’amis ;
L’un assis sur le gazon, la coupe pleine de vin,
L’autre se reposant sous les fleurs, des fleurs Il ses côtés,
A l’ombre de la rose épanouie, le narcisse essaiera d’ouvrir ses deux yeux ivres de sommeil
 [27]

Dans le roman courtois, le vin est la boisson avec laquelle les amants célèbrent leur bonheur. Faxr-od Dīn Gorgāni peint Vīs et Rāmīn, tous deux, la coupe à la main. Vīs remplissant la coupe en l’honneur de Ramīn, puis les deux amants savourant leur intimité retrouvée :

Alors elle but la coupe pleine de vin,
Et Rāmīn couvrit cette coupe de baisers par cent fois.
A chaque fois qu’il buvait cette coupe, il goûtait le sucre des baisers.
Qu’il est bon de boire du vin dans l’intimité, et d’effleurer de sa lèvre les cheveux sentant bon le musc de sa bien aimée.
 [28]

De la même façon, Nezāmi nous présente souvent Xosrow et Šīrīn buvant du vin, et mêlant leur ivresse d’amour à celle du vin :

Joyeux, Xosrow et Šīrīn se promenaient nuit et jour en maints endroits luxuriants, tantôt buvant du vin dans une prairie, tantôt cueillant des fleurs sur une montagne, tels deux belles plantes marchant sur l’herbe ; la coupe à la main, ils arrivèrent ce jour là pleins d’allégresse à Šāhrūd. [29]

Le vin des amis et des chevaliers

Passer un moment agréable avec des amis, en partageant le vin, est une grande tradition en Perse. Manūčehri nous livre quelques scènes d’amis jouant au trie-trac, dégustant des sucreries ou de la viande rôtie pour accompagner leurs coupes de vin. Il nous montre encore, un groupe d’amis allant boire, à jeun, le vin du matin (صبوحی), dans les vigne :

Mes amis, c’est la saison du vin nouveau et du kebab ; le nuage a abattu la poussière sur les chemins.
Pour boire le breuvage du matin, il nous faut aller dans la vigne, nous rendre ivres morts.
 [30]

Le célèbre roman populaire Samak-e ‛Ayyār présente d’innombrables séances de vin entre les chevaliers (عیاران) qui consacrent leurs liens de fraternité (دوست گانی). Le roi boit aussi avec ses chevaliers, et le héros Samak peut consommer de grandes quantités de vin sans s’enivrer, car étant tombé dans un bassin de vin lorsqu’il était tout jeune, depuis lors, sa mère avait pris l’habitude de lui donner du vin à chaque fois qu’il était souffrant ; d’où sa parfaite tolérance au breuvage. Mais, pour les chevaliers, le vin a une valeur beaucoup plus importante, il est la boisson initiatique. En effet, le rituel d’affiliation du nouveau venu comporte, dans sa première phase, l’obligation de prononcer le nom du maître en maintenant la coupe au dessus de la tête, puis d’en boire le contenu. Par cet acte, le novice accède au rang d’initié et se trouve au même rang que ses compagnons, impliquant pour lui, obéissance et fidélité [31].

L’ivresse mystique [††]

A l’évidence, l’extase mystique est grandement comparable à l’ivresse du vin. Dans l’un et l’autre cas, l’homme passe par les mêmes phases pour atteindre un état second. Parmi les divers exercices pratiqués par les mystiques pour entrer en communion avec Dieu, l’on compte l’ivresse du vin. La cérémonie mystique reproduit dans son cérémonial, le banquet royal. Le rôle de l’échanson y est prédominant. ‘Erāqi, par la force de la tradition reprend les images associées au thème du vin :

Le premier vin qui fut versé dans la coupe
Fut emprunté aux yeux ivres de l’échanson

Les lèvres couleur de vin des amoureux étaient telle une coupe,
C’est ainsi qu’on l’appela le vin des amoureux.

Dans le monde, partout où il y avait des peines de cœur,
On les rassembla et on les nomma l’amour.
 [32]

Le message mystique de Mowlavi est plus manifeste encore :

O échanson, enivre le buveur avec le vin de Dieu,
Sers le vin de ce maître au cœur embrasé ;
Parle moins de pain dans l’assemblée de ceux qui sont ivres,
L’eau seule convient à ceux qui vivent dans l’eau

Quiconque boit à la même coupe que l’invité divin est un ange ;
Pour les hommes de bien c’est du ciel que descend le vin.
L’ami intime de Dieu boit du vin exquis dans ces coupes ;
C’est dans l’amphore de la dévotion que se puise le vin pur.
Comment l’homme lucide comprendrait-il l’inconscience de ceux qui sont ivres ?
 [33]

Sanā‛i, ‛Attār, Sa‛adi, pour ne citer que les plus grands, ont exprimé, chacun à leur manière, la pensée mystique. Mais, la perfection dans le genre ne sera atteinte qu’avec Hāfez. Certes, Hāfez a célébré le vin, l’amour, la beauté de la nature et les plaisirs du moment, toutefois, il est aussi, le poète de l’amour divin, des joies contemplatives et du renoncement. La beauté de Hāfez réside dans le texte même, où abondent les images et associations d’images qui viennent solliciter l’imagination du lecteur :

La nuit dernière, j’ai vu les anges qui frappaient à la porte de la taverne.
Ils pétrissaient l’argile d’Adam pour en façonner des coupes.
Ceux qui résident au sein des invisibles, des purs de l’univers angélique,
Ont partagé avec moi, le vagabond des rues, le vin de l’ivresse.
 [34]

Dans le choix du qazal, qu’il adapte aux besoins de son inspiration, et dans lequel chaque beyt exprime entièrement une idée :

Ce vêtement [35] que je possède, mieux vaut qu’il soit en gage contre du vin,
Ce cahier sans signification, mieux vaut qu’il soit baigné de vin pur.

Tant que les affaires du monde subiront des bouleversements,
Mieux vaut avoir en tête le désir de l’échanson, et à la main, la coupe de vin.
 [36]

La mère du vin et le sacrifice de l’enfant raisin

Dans un poème célèbre (مادر می), Rūdaki utilise une métaphore aux termes de laquelle le raisin est désigné comme l’enfant de la vigne, pour nous convier aux travaux des vendanges et à la confection du vin :
Il faut sacrifier la mère du vin, et jeter son enfant en prison ;
Cet enfant, tu ne peux le lui prendre,
Sans que sous tes coups, il ait d’abord rendu l’âme
. [37]

La description de la fermentation du jus de raisin et sa transformation en vin, fruit de la fertile imagination du poète alliée à son sens de l’observation n’a jamais été égalée :

Lorsque tu installes l’enfant dans sa prison,
Il reste hébété pendant sept jours et sept nuits,
Puis, reprenant ses esprits, il bouillonne
Et se met à gémir de chagrin.
Dans son chagrin, il se tourne et se retourne, bouillant de _ douleur
L’or que tu veux purifier, il bouillonne sur le feu,
Mais il ne bouillonne pas de chagrin comme cela.
Et voilà, que tel un chameau ivre, il écume de fureur, et devient méchant.
Le gardien lui ôte son écume, afin qu’il devienne pur et clair.
Enfin, il se calme et ne bouge plus.
Le gardien fermera alors sa prison solidement.
Il décantera et deviendra complètement pur,
Il prendra la couleur rouge du rubis et du corail ;
Tantôt rouge comme l’agate du Yémen,
Tantôt rouge comme les gemmes du Badaxšān.
 [38]

D’autres poètes utiliseront à leur tour la métaphore, pour décrire, la formation du raisin, sa maturation, les soins prodigués à la vigne par le vigneron, également les vendanges et la fabrication du vin. Manūčehri, notamment, développera ces thèmes dans de longs poèmes d’une forme assez libre, les mossammats ; l’arrangement des images et des métaphores y est tellement complexe que leur analyse requiert des études indépendantes.Quoi qu’il en soit, cet intérêt pour le vin, la glorification de la vigne et du breuvage, laissent apparaître la pérennité d’une donnée culturelle propre à l’Iran préislamique mais qui se conserve à travers l’islam, non sans réserve, de la part, à la fois du poète et de l’homme de la rue. Abū Nuwas, cet arabe iranien et musulman natif de Ahvāz n’a-t-il pas dit :

Norouz: nouvel an iranien

Norouz

Norouz (aussi transcrit Noe-Rooz, Newroz, Norooz, Noruz, Novruz, Noh Ruz, Nauroz, Nav-roze, Navroz, Náw-Rúz ou Novrouz et en persan نوروز) est la fête traditionnelle iranienne célébrant le nouvel an du calendrier iranien (premier jour du printemps). La fête est célébrée par certaines communautés le 21 mars, et par d’autres le jour de l’équinoxe vernal, qui a lieu le 20, 21 ou 22 mars.

Le mot vient de l’Avestique nava=nouveau + rəzaŋh=jour/lumière du jour signifiant « nouveau jour/lumière » et qui a toujours le même sens en Persan ((no=nouveau + rouz=jour signifiant « nouveau jour »)

 

Variations communément rencontrées

Norouz est célébré depuis au moins 3000 ans et est profondément enraciné parmi les rituels et les traditions du Zoroastrisme. Aujourd’hui, la fête de Norouz est célébrée dans de nombreux pays qui ont été des territoires ou qui ont été influencés par l’Empire Perse: en dehors de l’Iran, on peut citer l’Irak, l’Afghanistan, des parties du Moyen-Orient aussi bien que dans les ex-républiques soviétiques du Tadjikistan, de l’Ouzbékistan, de l’Azerbaïdjan, du Kazakhstan, et du Kyrgyzstan. La fête est aussi célébrée par les Parsis zoroastriens en Inde et en Turquie, où elle est appelée Nevruz en Turc et Newroz en Kurde.

Dans la plupart des pays, on accompagne la fête par un Norouz Mubarak (mubarak: félicitations). En Turquie, on dit Biramuz Mubarak (en Turc) ou Cejna we pîroz be(en Kurde).

 

Les suivants de la variante Fasli du calendrier Zoroastrien célèbrent aussi Norouz comme le premier jour de l’année nouvelle. D’autres variantes du calendrier Zoroastrien célèbrent deux fois Norouz, une fois en tant que Jamshedi Navroz le 21 mars en tant que début du printemps, et un second Norooz a lieu, en juillet/aout (voir Calendrier zoroastrien), en tant que veille de l’année nouvelle ou jour de l’an. Le fait que ce second Norouz soit célébré en tant que dernier jour de l’année (contrairement à ce qu’on pourrait penser d’un terme qui signifie « nouveau jour ») pourrait être dû au fait que dans la Perse antique le jour commençait au coucher du soleil, alors qu’ultérieurement, les Perses pensaient que le jour commençait au lever du soleil.

 

La foi bahá’íe, une religion qui trouve ses origines en Iran, célèbre aussi ce jour (son nom est alors « Naw Rúz ») en tant que fête religieuse marquant non seulement la nouvelle année selon le calendrier Bahá’í, mais aussi la fin de leur jeûne de 19 jours. Les Bahá’ís persans suivent toujours les coutumes iraniennes associées avec le Norouz, mais les Bahá’ís du monde entier fêtent ce jour, en suivant plus ou moins leurs coutumes locales. Alors que Naw Rúz, d’après leurs écritures, tombe le jour de l’équinoxe vernal, les Bahá’ís le célèbrent le 21 mars, sans se soucier du jour précis où tombe l’équinoxe vernal. Les Bahá’ís doivent ce jour là suspendre leur travail ainsi que tout travail scolaire.

 

Dans les républiques ex-soviétiques d’Asie centrale, Norouz, le 21 ou 22 mars, est communément considéré comme le « nouvel an des musulmans » (entendre des ethnies de religion musulmane) et donne lieu à des festivités tant religieuses que profanes.

Alors que le calendrier Persan est très précis concernant le moment astronomique auquel la nouvelle année commence, la période de 24 heures pendant laquelle l’année astronomique commence est considérée comme Norouz.

 

Histoire

Le terme Norouz est apparu pour la première fois dans les documents de l’Empire Perse au second siècle avant notre ère, mais il y a des raisons de croire que la célébration est beaucoup plus vieille et qu’elle était déjà probablement un jour important pendant la dynastie Achéménide (vers 648 av. J.-C. – 330 av. J.-C.). Il a été suggéré que dans le célèbre complexe palatial de Persépolis, ou qu’au moins le palais de l’Apadana et « Palais aux cent colonnes » avaient été construits afin d’être utilisés spécialement pendant les célébrations de Norouz. Cependant, aucune mention du terme Norouz n’existe dans les inscriptions Achéménides.

 

Les plus anciennes mentions de Norouz remontent à l’époque Parthe/Arsacide (247 av. J.-C. – 224 ap. J.-C.). Il y a des références spécifiques à la célébration de Norouz pendant le règne de Vologèse Ier (51 – 78 av. J.-C.), mais les détails ne sont pas cités.

Des détails substantiels sur la célébration de Norouz apparaissent après l’accession au trône d’Ardachîr Ier, fondateur de la dynastie Sassanide (224 – 650 de notre ère). Sous les rois Sassanides, Norouz était célébré comme le jour le plus important de l’année. La plupart des traditions royales de Norouz comme les audiences royales en public, les cadeaux et le pardon des prisonniers ont été établies pendant l’époque Sassanide et sont restées telles quelles jusqu’à l’époque moderne.

 

Norouz, de même que Sadeh (qui est célébré au milieu de l’hiver), a survécu dans la société après l’introduction de l’Islam en 650 apr. J-C. D’autres célébrations comme Gahanbar et Mehragan ont été mises de côté ou ont seulement continué à être suivies par les Zoroastriens, qui les ont emmenées jusqu’en Inde. Norouz, cependant, était une fête très célébrée, même par ceux qui ont adopté l’Islam très tôt. Il reste des indications que les quatre grands califes ont présidé aux célébrations de Norouz, et que le jour était férié pendant la période Abbasside.

Après la chute du califat et la ré-émergence de dynasties perses comme les Samanides et les Bouyides, Norouz a été élevé à un niveau encore plus important. Les Bouyides ont fait revivre les anciennes traditions de l’époque Sassanide et ont restauré d’autres célébrations de moindre importance qui avaient été éliminé par le Califat. Même les envahisseurs Ottomans et Mongols n’ont pas tenté d’abolir Norouz au profit d’une autre célébration. Norouz est donc resté la principale fête des persans à la fois au niveau officiel et populaire. La dernière illustration remarquable de la stabilité de cette fête (d’origine païenne toutefois) est à la suite de l’avènement de la République Islamique. Le nouveau régime d’obédience religieuse voyait d’un mauvaise œil une célébration si grandiose et si populaire pour une fête non religieuse. Aucun effort n’est fait pour célébrer officiellement ce jour et un parallèle systématique est fait avec les martyres de la révolution et de la guerre. Après deux décennies, la volonté populaire a donné raison à l’Histoire. Norouz est de nouveau célébré en Iran encore plus fastueusement que par le passé et de grands Haftsin ont fait leur apparition ces dernières années à l’initiative de la mairie de Téhéran dans les grandes places de la ville!

 

Norouz dans l’Iran moderne

En Iran, les préparations de Norouz commencent pendant Esfand, le dernier mois d’hiver dans le calendrier persan. Les Iraniens, les Afghans et d’autres groupes commencent à se préparer en faisant un grand « nettoyage de printemps » dans leurs maisons, s’achètent de nouveaux vêtements pour la nouvelle année et achètent des fleurs (la jacinthe véritable et la tulipe sont particulièrement populaires).

En association avec la renaissance de la nature, le nettoyage de printemps est la tradition nationale suivie par la plupart des ménages en Iran. Cela est aussi étendu aux effets personnels, et traditionnellement, tout le monde s’achète au moins une garde robe neuve. Le jour du nouvel an, les familles s’habillent avec leurs vêtements neufs et commencent alors les réjouissances de cette période, en allant rendre visite aux anciens , puis au reste de la famille et enfin aux amis. Le 13ème jour, les familles quittent leur maison et vont pique-niquer à l’extérieur.

 

Pendant les vacances de Norouz, on attend de tous qu’ils se rendent visite (principalement limitées à la famille, aux amis et aux voisins) sous forme de courtes visites à la maison, qui sont généralement suivie de réciprocité. Typiquement, le premier jour de l’année, les membres de la famille se retrouvent à table, sur laquelle sont posés les Haft Sîn (ou disposés à proximité) et attendent le moment exact de la nouvelle année. A ce moment là, des cadeaux sont échangés. Plus tard dans la journée, les jeunes rendent visite aux plus âgés. Les visites doivent être assez courtes pour permettre de voir tous les gens à qui l’on a prévu de rendre visite. Ces visites durent généralement une demi-heure, pendant laquelle on rencontre généralement de la famille et des amis qui sont eux aussi en train de faire la tournée de la famille. A cause de ces visites, il faut s’assurer d’avoir assez de pâtisseries, gâteaux, fruits frais et secs sous la main, puisque ces derniers sont généralement distribués aux visiteurs en même temps qu’un thé ou un sirop. Beaucoup d’iraniens organisent ce jour de grandes fêtes rassemblant tout le monde pour pouvoir réunir les convives qui viennent de loin.

Chāhār Shanbe Sûri

Le dernier mercredi de l’année est célébré par les iraniens sous le nom de Chāhār Shanbe Sûri, moment où tout le monde sort dans la rue, fait des feux et saute par dessus en criant Zardie man az tou Sorkhie tou az man (littéralement: Je te donne ma couleur jaune, tu me donnes ta couleur rouge -celle du feu-, mais figurativement: je te donne ma pâleur – ou ma maladie-, je prends ta force – ta santé-.

Offrir des pâtisseries connues sous le nom de Ajile Moshkel Gosha est la façon de remercier pour la santé et le bonheur de l’année passée, tout en échangeant toute pâleur et tout mal restant pour la chaleur et les vibrations du feu.

D’après la tradition, les esprits des ancêtres rendent visite aux vivants les derniers jours de l’année, et beaucoup d’enfants s’entourent de draps, rejouant ainsi symboliquement les visites des morts. Il court aussi dans les rues en tapant sur des boîtes et des casseroles et frappent aux portes pour jouer des tours au gens. Ce rituel est appelé qashogh-zany (battage de cuillers) et symbolise le fait de chasser le dernier mercredi de malchance de l’année.

Il y a plusieurs autres traditions cette nuit là, dont les rituels de Kûzeh Shekastan, pendant lequel on casse des jarres en terre qui contiennent symboliquement la mauvaise fortune de quelqu’un, Fal-Gûsh ou l’art de la divination en écoutant les conversations des passants et le rituel de Gereh-gosha-î, faire un nœud dans un mouchoir ou un tissu et demander au premier passant de le défaire afin d’éloigner la malchance de quelqu’un.

 

Les Haft Sîn

La tradition principale de Norouz est la mise en place des Haft Sîn (هفت سین) -les sept ‘S’, sept objets dont le nom commence par la lettre S ou « sîn » (س) de l’alphabet Persan, qui sont sept objets spécifiques disposés sur une table correspondant aux sept créations et aux sept immortels les protégeant. Aujourd’hui, ils ont été un peu modifiés mais le symbolisme demeure. Chaque famille essaie de garder leur table des Haft Sîn la plus jolie possible, puisque le sens spirituel est aussi important que la façon dont ils sont disposés puisque les visiteurs voient cette disposition comme une réflexion de leur goûts.

La liste suivante est un exemple des objets servant à faire les Haft Sîn, bien qu’il n’y ait pas de consensus permettant de dire lesquels sont les sept concernés:

 

sabzeh - germes de blé, orge ou lentille poussant dans un plat (symbolisant la renaissance)

samanu – un gâteau très sucré fait de germe de blé (symbolisant l’abondance)

senjed - le fruit séché du jujubier (symbolisant l’amour)

sîr – ail (médecine)

sîb – pommes (beauté et bonne santé)

somaq - baies de sumac (la couleur du lever du soleil et santé)

serkeh – vinaigre (l’âge et la patience)

sonbol – l’odorante fleur de jacinthe (l’arrivée du printemps)

sekkeh - pièces (prospérité et santé)

 

Les autres objets sur la table peuvent inclure les suivants:

 

pâtisseries

•bougies allumées (bonheur)

un miroir

des œufs peints, peut-être un pour chaque membre de la famille (fertilité)

un bol avec deux (ou plus) poissons rouges (vie)

un bol d’eau contenant une orange (la terre flottant dans l’espace)

•eau de rose pour ses pouvoir magiques nettoyants

•les couleurs nationales, pour la touche de patriotisme

•un livre sacré (par exemple, le Coran, Kitáb-i-Aqdas, la Bible, la Torah ou l’Avesta) ou encore un livre de poésie (presque toujours le Shâh Nâmâ ou le divan d’Hafez)

 

Haji Firûz

Le traditionnel porteur des couleurs de Norouz est un personnage appelé Haji Pirûz, ou Hadji Firuz. Il symbolise la renaissance du dieu du sacrifice sumérien, Domuzi (Dumuzi, qui a donné son nom au mois hébreu de Tammuz), qui était tué à la fin de chaque année et renaissait pour le début de l’année nouvelle. Portant du maquillage noir et un costume rouge, Haji Firûz chante et danse dans les rues avec tambourin et trompettes en distribuant ses bons vœux pour l’arrivée de la nouvelle année.

 

Repas traditionnel

 

•Sabzi Polo Mahi: Le repas traditionnel de la nouvelle année est appelé Sabzi Polo Mahi, qui est du riz cuit avec des fines herbes et servi avec du poisson. Les fines herbes traditionnelles sont le persil, la coriandre, de l’aneth, de la ciboulette et du fenugrec.

•Reshteh Polo: Du riz cuit avec des sortes de nouilles dont on dit qu’il aide symboliquement à réussir dans la vie.

 

Sizdah Bedar

Le treizième jour des fêtes du nouvel An est Sizdah Bedar (signifiant littéralement « treizième dehors »), qui est un jour festif célébré à l’air libre, souvent accompagné de musique et de danse. Cette journée est passée à pique-niquer en famille.

Les célébrations du treizième jour, Sîzdah Bedar, viennent de la croyance des anciens Perses que les 12 constellations du Zodiaque contrôlaient les mois de l’année, et que chacun régnait sur la terre pour un millier d’année. A la fin de ce cycle, le ciel et la terre sombraient dans le chaos. En conséquence, Norouz, dure 12 jours et le treizième représente le chaos, moment pendant lequel les familles mettent l’ordre de côté et évitent la malchance associée au nombre treize en allant dehors et en profitant d’un pique-nique et d’une fête.

A la fin des célébrations de cette journée, les sabzeh cultivées pour le Haft Sîn (qui a symboliquement recueilli toute la maladie et la malchance) est jetée dans de l’eau courante pour exorciser les démons (divs) de la maisonnée. Il est aussi de coutume pour les jeunes femmes célibataires d’attacher les tiges des sabzeh avant de les jeter, exprimant ainsi le souhait d’être mariées avant le Sîzdah Bedar de l’année suivante.

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